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Quelle différence de biodiversité entre forêts naturelles et forêts gérées ?





Une étude a mis en évidence que la biodiversité serait significativement plus importante dans les forêts naturelles que les forêts gérées mais cette différence serait faible (un peu moins de 7%). Il y aurait toutefois une différence en fonction des groupes taxonomiques.


La très grande majeure partie des forêts actuellement présentes sur la planète ont fait l’objet d’une modification plus ou moins importante par l’homme. Les forêts naturelles représentent actuellement moins de 1% des forêts européennes alors qu’elles représentent encore près de la moitié des forêts du Canada.

Alors qu’on s’intéresse de plus en plus à la biodiversité et à sa conservation, il est indispensable de s’intéresser à l’impact de la gestion de nos forêts sur la biodiversité. Les forêts naturelles sont considérées comme la référence à atteindre pour les forêts gérées. Les forêts naturelles présentant des éléments favorables à la biodiversité comme de grandes quantités de bois morts, des arbres en décomposition, des vieux et grands arbres… La gestion des forêts occasionnent des troubles aux milieux naturels, parfois pendant plusieurs siècles.

Impact de la gestion


Une étude a mis en évidence que la biodiversité serait significativement plus importante dans les forêts naturelles que les forêts gérées mais cette différence serait faible (un peu moins de 7%). Il y aurait toutefois une différence en fonction des groupes taxonomiques. Plusieurs mécanismes de la gestion des forêts peuvent impacter la biodiversité comme les changements effectués dans la structure des arbres, la stratification verticale et la composition en espèces d’arbres, qui vont à leur tour affecter la lumière, l’humidité, la litière, la présence de micro-habitats (par exemple les bois morts, les cavités,…). La différence de biodiversité entre les deux types de forêts peut donc dépendre en partie des mécanismes précédents.

Par exemple, les coléoptères saproxyliques, les bryophytes, les lichens ou encore les champignons ont montré une richesse significativement plus importante dans les forêts aménagées que dans les forêts naturelles. Ces taxons souffrent dans les forêts gérés de la réduction des micro-habitats disponibles, de la faible quantité de bois mort et de l’absence de différent stade de décomposition du sol.

Concernant les plantes vasculaires, contrairement aux tacons précédents, la diversité serait plus importante dans les forêts gérées par l’homme que dans les forêts non gérées. Les perturbations dans les forêts gérées, comme l’ouverture du milieu naturel, l’extraction de litière, la perturbation du sol,… qui peuvent favoriser certaines espèces vasculaires comme les espèces peu tolérantes à l’ombre, les espèces rudérales et les espèces compétitrices. Il en résulte par conséquent de manière générale une augmentation de la richesse spécifique.

Impact de l’abandon de la gestion


Dans l’optique d’un changement du mode de gestion, c'est-à-dire un arrêt de la gestion pour un retour vers une évolution naturelle, il peut être utile de se demander après combien de temps on retrouvera une richesse naturelle. Au cours des vingt premières années, la richesse spécifique était plus importante dans les forêts aménagées que dans les forêts naturelles. Ce n’est qu’après 20 ans que l’abandon de la gestion a entraîné une augmentation de la richesse spécifique. Ces variations pourraient être dues à des changements les conditions et la structure des forêts. La reprise progressive de la biodiversité dépend notamment du pool régional d’espèces présentes et de la capacité de dispersion de ces espèces, ce qui nécessité une continue spatiale et temporelle des forêts.

Bibliographie


Paillet, Y, Bergès, I, Hjältén, J, Odor, P, Avon, C, Bernhardt-römermann, M, Bijlsma, R-J, De bruyn, L, Fuhr, M, Grandin, M, Kanka, R, Lundin, I, Luque, S, Magura, T, Matesanz, S, Mészáros, I, Sebastià, M-T, Schmidt, W, Standovár, T, Tóthmérész, B, Uotila, A, Valladares, F, Vellak, K & Virtanen, R (2010). Biodiversity Differences between Managed and Unmanaged Forests: Meta-Analysis of Species Richness in Europe. Conservation Biology, 24 : 101 – 112.


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Auteur

GB

Ingénieur écologue
Directeur de la publication
Responsable et fondateur de Conservation-nature.fr

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