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Pollution



Présentation





Les pollutions physiques et chimiques sont la quatrième cause d’extinction des espèces. La dégradation des habitats occasionnée par la pollution constitue également un phénomène important d’érosion de la biodiversité, il se manifeste par la pollution des eaux, des sols et de l’atmosphère, qui vont modifier le fonctionnement des écosystèmes et par conséquent entraîner le déclin de la faune et de la flore présente.


Ce déclin résulte de plusieurs mécanismes : mort par intoxication, modification du fonctionnement des chaînes alimentaires, altération  de la reproduction...

Les principaux phénomènes affectant la biodiversité sont :

La pollution par les pesticides


Ce type de pollution représente un sérieux problème, puisque selon l’Institut Français de l’Environnement les trois quarts des eaux de surface et l’ensemble du littoral français sont contaminés par les produits phytosanitaires, principalement des herbicides d’origine agricole.

L’impact des pesticides sur la biodiversité va dépendre de plusieurs facteurs qui peuvent en accroître les effets :

- La dispersion du produit (plus elle sera étendue, plus les effets seront important)
- La non sélectivité du produit (si le produit est non sélectif, c'est-à-dire que son action n’est pas ciblé sur une espèce ou un groupe d’espèces, l’impact sera important sur le milieu)
- La toxicité de la molécule active (elle va varier selon les espèces cibles, et pourra être encore plus toxique une fois dégradée)
- La rémanence de la molécule et sa capacité d’accumulation (certaines molécules ne sont pas dégradés et vont s’accumuler dans le sol puis dans toute la chaîne alimentaire, c’est le processus de bio-accumulation : accumulation par certains organes de substances chimiques qui nuisent au bon fonctionnement physiologique, voire qui causent la mort par empoisonnement)
- La forme du produit (une dispersion sous forme liquide peut favoriser la pollution des nappes phréatiques)

Il va également se manifester de plusieurs façons : soit il engendrera une mort à court ou moyen terme des espèces contaminées, soit il va affecter les fonctions physiologiques des organismes ou enfin il pourra se manifester par une contamination de l’ensemble des maillons de la chaîne alimentaire. Ce dernier phénomène est susceptible d’entraîner la contamination d’espèces qui n’auraient pas été affectées de manière directe par le produit, ne fréquentant pas l’habitat pollué.

L’acidification des sols


Elle est dû principalement aux retombées de la pollution atmosphérique, et notamment du dioxyde de souffre. Les dommages sont principalement causés aux sols (lessivage des minéraux), à la végétation (perte de feuilles ou d'aiguilles, décoloration du feuillage, déficiences prononcées, mortalité) et aux eaux.

L’acidification réduit considérablement la fertilité des sols, essentiellement en affectant leur biologie, en décomposant les matières organiques et en provoquant la perte de substances nutritives. L’utilisation accrue d’engrais ces dernières décennies a entraîné une aggravation de l’acidification, en raison notamment de l’application directe d’ammoniaque liquide. Enfin, l’acidification des sols est étroitement liée à l’acidification de l’eau, qui peut affecter la vie aquatique, les eaux souterraines et l’approvisionnement en eau potable qui y est lié.

Les dépôts d’azote


Les dépôts d'azote sur la végétation proviennent de la pollution routière ou industrielle via l’oxyde d’azote et de l’agriculture via l’ammoniac. Ils modifient le fonctionnement des écosystèmes en perturbant le cycle des nutriments. Les dépôts de l’azote ammoniacal vont accroître la productivité des milieux naturels dans certaines conditions, ce qui peut entraîner un déséquilibre nutritionnel lorsque la demande pour les autres nutriments est insuffisamment pourvue. Dans ces conditions, les arbres vont devenir plus sensibles aux facteurs de stress comme le gel, la sécheresse, l'ozone, les insectes ravageurs et les champignons pathogènes. Mais au-delà des effets nutritionnels et de leurs conséquences, c'est un ensemble de modifications plus ou moins profondes, mais le plus souvent insidieuses, qui affecte les écosystèmes sensibles. Parmi les effets les mieux établis dans le contexte français, on peut citer la carence magnésienne, qui sévit plus largement, dans de nombreuses régions européennes à roche-mère acide et entraîne dans les cas aigus une perturbation sérieuse de la santé des arbres.

L’eutrophisation des milieux aquatiques


Elle est la conséquence du phénomène précédent, puisqu’elle résulte de l’apport excessif de nutriments (azote et phosphore) provenant surtout des fertilisants agricoles et des eaux usées domestiques. Elle conduit à la prolifération des algues, puis à un appauvrissement en oxygène qui entraîne la mort d’une partie des espèces présentes.

A toutes ces pollutions, il faut ajouter l’impact fort des décharges et détritus rejetés à terre ou en mer qui provoquent une perturbation du fonctionnement des écosystèmes (avec des espèces spécialistes qui en tirent parti au détriment d’autres espèces) mais aussi un impact direct comme l’ingestion de déchets par les mammifères marins qui provoquent la mort de nombre d’entre eux.
Enfin, il faut également ajouter à cette longue liste l’impact des métaux lourds (plomb, cadmium, mercure) sur la faune. Son effet augmentera d’autant plus avec le phénomène de bio-accumulation tout au long de la chaîne alimentaire.


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Auteur

GB

Ingénieur écologue
Directeur de la publication
Responsable et fondateur de Conservation-nature.fr

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