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Hotspot



Le Japon





Les îles constituant l'archipel du Japon s'étendent des subtropiques humides au sud à la zone boréale dans le nord. Environ 25% des espèces de vertébrés présent dans ce hotspot sont endémiques, dont notamment le Pic d'Okinawa en danger critique d'extinction et le Macaque japonais, le fameux "serpent des neiges" qui est le primate non humain vivant le plus au nord.


Ce hotspot occupe plus de 3000 îles de l’archipel japonais, soit 370 000 km². En sus des quatre principales îles (Hokkaido, Honshu, Shikojuj et Kyushu), ce hotspot comprendes îles comme Ogasawara-shoto, Daito-shoto, Nansei-shoto et Izu-shoto. Le Japon est situé à l’intersection de trois plaques tectoniques, qui a généré la présence de nombreux volcans, sources chaudes, montagnes et tremblements de terre. Ce hotspot va d’une zone humide au sud à une zone tempérée au nord. La présence de nombreuses montagnes dans le pays (73 % du Japon est montagneux, le point culminant est à 3776 m). contribue à la variabilité climatique du pays.

La végétation du Japon varie de la forêt boréale mixte de sapin, épicéa et de pin sur Hokkado (et à des altitudes élevées sur Honshu et Shikoku) à la forêt subtropicale de feuillus et aux forêts de mangroves dans le sud. Les hautes altitudes sur Honshu et Shikoku favorisent la présence d’une végétation alpine, alors qu’une végétation subalpine et des forêts de hêtres sont présentes dans toute la région. La chaîne d’îles subtropicales dans le sud du Japon abrite une faune et une flore différente de celles des îles principales, ainsi que de nombreuses espèces endémiques.

Une biodiversité unique et menacée


Flore

Le Japon abrite environ 5600 espèces de plantes vasculaires, dont 1950 espèces endémiques. Sur Ogasawara-Shoto, il existe environ 500 espèces de plantes dont 43 % sont endémiques. Le Japon abrite en outre trois familles de plantes endémiques (Sciadopityaceae, Glaucidiaceae, et Pteridophyllaceae), et environ 20 genres endémiques dont 7 sont représentés par une seule espèce. Environ 90 genres de plantes présentes au Japon représentent des lignées anciennes qui ont été distribuées dans le monde au cours de l’ère tertiaire. Les forêts qui sont l’habitat de ces plantes sont aujourd’hui victime de la fragmentation.

La flore du Japon provient essentiellement de l’est et du centre de la Chine, de la Corée et du nord du continent. Ceci s’explique par le fait que le Japon faisait parti il y a 15 millions d’années avant l’ouverture de la mer du Japon de l’Asie continentale.

Parmi les plantes remarquables du Japon, on retrouve un certain nombre d’espèces rares et/ou endémiques. Il s’agit notamment d’espèces comme Glaucidium palmatum qui possèdent de grandes fleurs bleu-violet parfois blanches, Ranzania japonica qu’on trouve seulement sur les hautes montagnes du centre de Honshu et l’Herbe du Japon (Hakonechloa macra) qui pousse dans l’herbe humides des falaises rocheuses de la région du Tokai au Japon.

Vertébrés

Oiseaux

Près de 370 espèces d’oiseaux sont présents au Japon, mais on trouve seulement que 13 espèces endémiques. Le Pic d’Okinawa (Sapheopipo noguchii) est le seul représentant d’un genre endémique comme le Zostérops des Bonin (Apalopteron familiare). Le Pic d’Okinawa est présent dans la forêt du Yanbaru dans le nord de l’île Okinawa. Il était proche de l’extinction dans les années 1930 mais a aujourd’hui retrouvé une population stable de 146 à 584 oiseaux.
Une autre espèce bien connue du hotspot est le Râle d’Okinawa (Gallirallus okinawae) qui est aussi confinée sur l’île d’Okinawa sur la forêt de Yanbaru. On estime qu’il ne reste plus que 900 couples de cette espèce dans la nature, menacés par l’exploitation forestière et les espèces exotiques envahissantes.

Le Japon abrite une importante population d’oiseaux d’eau, notamment une population de Grue du Japon (Grus japonensis) présente sur Hokkaido. On retrouve également 85% des populations mondiales de Grue moine (Grus monacha) et 40% des populations de Grue à cou blanc (Grus vipio) en hiver sur l’île Kyushu.

Le Japon a subi au cours des derniers siècles une crise d’extinction d’oiseaux avec notamment un certain nombre d’espèces des îles du sud qui se sont éteintes au cours des deux derniers siècles. C’est le cas notamment d’espèces comme le Pigeon à col d’argent (Columba jouyi), le Pigeon de Kittlitz (Columba jouyi), la Grive des Bonin (Zoothera terrestris) et le Roselin des Bonin (Chaunoproctus ferreorostris). Ces quatre extinctions sont principalement dues à l’introduction d’espèces exotiques, notamment du chat et du rat.

Mammifères

Le Japon abrite seulement 90 espèces de mammifères mais la moitié d’entre elles sont endémiques de la zone. Par exemple, l’île Sado dont la superficie n’excède pas 1000 km² située au large de Honshu, a deux espèces d’endémiques : la Musaraigne de Sado (Sorex sadonis) en danger critique d’extinction et la Taupe de Sado (Mogera tokudae) en danger d’extinction.
Parmi les autres espèces endémiques, on retrouve six genres endémiques de mammifères dont deux qui sont monotypiques : le Lapin des îles Amami (Pentalagus furnessi), le Muscardin du Japon (Glirulus japonicus) présent sur Honshu, Shikoku et Ryukyu, et le Rat à queue géante (Kiplothrix Legatus) présent sur les îles Ryukyu et la forêt de Yanbaru sur Okinawa.
Le Lapin des îles Amami a subi une baisse spectaculaire de ses effectifs au début du 20ème siècle à la suite desquels il a été déclaré comme symbole national avec une protection juridique renforcée. Toutefois cette protection ne s’étend pas à celle de son habitat. La fragmentation de l’habitat et l’introduction de mangoustes menacent ainsi la survie de ce lapin, dont les effectifs sont de seulement 2500 individus.

L’un des mammifères les plus connus au Japon est certainement le Macaque japonais (Macaca fuscata), le singe présent le plus au nord de la planète, présent sur Honshu, Shikoku, Kyushu et quelques autres petites îles. Ce sont les fameux « singes de neige », qui peuvent être vus entrain de jouer dans la neige et de se réchauffer dans les sources volcaniques. Une autre espèce endémique de macaque est le Macaque de Yakushima (Macaca yakui) qui se trouve uniquement sur l’île de Yakushima. Le Chat iriomote (Prionailurus iriomotensis) est limité à Iriomote.

Reptiles

Le Japon a plus de 65 espèces de reptiles, donc près de 30 espèces sont endémiques. La faune reptilienne comprend un nombre important d’espèces menacées : la Géomyde du Japon (Geoemyda japonica), le Serpent du ruisseau Kikuzato (Opisthotropis kikuzatoi), le Serpent Amami takachiho (Achalinus werneri), et le Gecko de Tokashiki (Goniurosaurus kuroiwae).

Amphibiens

L’endémisme est particulièrement élevé chez les amphibiens avec 44 des 50 espèces du Japon qui sont endémiques. Les amphibiens du genre Hynobius sont très bien représentés avec environ 15 des 25 espèces connues dans le monde qui sont endémiques du hotspot. Une de ces espèces, la Salamandre Oki (Hynobius okiensis) se limite exclusivement à Dogo.
La Salamandre japonaise géante (Andrias japonicas) qui se trouve à l’ouest de Honshu, Shikoku et Kyushu, peut mesurer p^lus d’un mètre de longueur, c’est un des plus grands amphibiens. Cette dernière fut menacée par la consommation humaine, mais est considéré maintenant comme symbole national et protégée par la loi.

Poissons d'eau douce

Le hotspot abrite 215 espèces de poisons d’eau douce dont 50 sont endémiques. Alors que la plupart des eaux intérieures abritent des poissons provenant de la mer, on retrouve aussi des groupes strictement d’eau douce comme les fretins (Cyprinidae) et les loches (Cobitidae et Balitoridae) qui se sont diversifiées dans le hotspot et comptent pour près de la moitié des espèces endémiques présentes avec 3 des 4 genres endémiques. La présence de cinq lamproies et quatre esturgeons d’anciennes lignées signifient que le Japon a aussi une improportionnellement grande quantité de l'histoire évolutive de poissons sur son territoire.

Invertébrés

Certains groupes d’invertébrés sont bien connus au Japon avec par exemple près de 240 espèces de papillons.

Impacts des activités humaines


La plus grande partie de la population japonaise (127 millions d’habitants) vit dans un faible pourcentage du pays : 70 % des habitants sur seulement 3% des terres. Les autres régions du pays sont par conséquent peu développées, avec néanmoins que 20% de la végétation originelle du pays qui est restée intacte.
Après la seconde guerre mondiale, l’agence forestière du Japon a encouragé les coupes claires dans les forêts de conifères de hautes altitudes et les a remplacé par des espèces japonaises comme le Cèdre du Japon (Cryptomeria japonica) et le Mélèze du Japon (Larix leptolepis). Aujourd’hui, ces plantations sont très répandues au Japon. Toutefois, contrairement à de nombreux hotspots, les forêts japonaises ne sont pas menacées par l’exploitation forestière à cause du coût élevé du bois japonais comparé à l’importation bon marché du bois provenant d’autres pays.

D’autre part, la richesse du Japon a conduit à une augmentation des loisirs et donc un autre type de contrainte sur le milieu naturel. Les forêts ont été défrichées pour créer des stations de ski et des golfs, et les routes ont été agrandies pour tenir compte de l’augmentation de la circulation routière et le désir croissant de l’utilisation de véhicule privée au détriment des transports publics. De plus, l’amélioration des transports publics comme le train rend les déplacements dans les zones isolées et peu développées plus aisées. Les régions côtières et les zones humides sont également entrain de disparaitre, principalement à cause du développement de l’agriculture, la construction de canaux et de routes. Par exemple, près d’un tiers des 300 km² de marais à Kushiro ont été converti en espace agricole, en zone industrielle ou résidentielle depuis les années 1970. Comme les îles principales, les plus petites îles de Ryuku et Ogasawara ont souffert d’une perte d’habitat à cause des plantations et du développement urbain. Presque toutes les forêts subtropicales d’Ogasawara ont été coupées, et seulement une petite surface reste intacte sur Amami et Okinawa, principalement dans des zones protégées.

Les espèces exotiques envahissantes de plantes et d’animaux constituent une menace pour la faune et la flore du Japon. Certains de ces espèces comme les mangoustes grises indiennes (Herpestes edwardsi), la Mangouste de Java (Herpestes javanicus) et la Belette de Sibérie (Mustela sibirica) ont été introduites pour contrôler les serpents, mais ont plutôt conduit à la baisse des effectifs d’oiseaux et de petits mammifères.
Les chèvres introduites sont un problème sur plusieurs îles, et le Black-bass à grande bouche (Micropterus salmoides) représente une grave menace pour les poissons dans l’ensemble du hotspot.

Mesures de conservation et zones protégées


Le Japon possède 28 parcs nationaux, de nombreux parcs “quasi-nationaux”’, des parcs naturels préfectoraux et des aires de protection de la faune sauvages préfectorales. Environ 6% du hotspot (21 918 km²) font donc parti des aires protégées classées dans les catégories de l’IUCN. Si on considère les zones protégées non reconnues par l’IUCN, environ 17% de la surface du hotspot est protégée. Le Japon possède également deux sites naturels du patrimoine mondial : Shirakami-Sanchi dans le nord de Honshu et Yaku-shima dans le Satsunan-shoto.
La principale lacune dabs le système de zones priotégées est sur Ryukyus où la plupart des zones boisées ne sont pas correctement protégées. Par exemple, Yanbaru abrite d’importantes populations de six des 32 espèces en danger critique d’extinction et en danger d’extinction, et incluse la totalité des effectifs du Pic d’Okinawa, mais n’est pas protégé.


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Auteur

GB

Ingénieur écologue
Directeur de la publication
Responsable et fondateur de Conservation-nature.fr

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