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Monographies



Tourterelle des bois





La Tourterelle des bois est le columbidé le plus svelte et élancé d’Europe. Son manteau est uniforme comme chez la Tourterelle turque mais écaillé apparaissant tacheté de noir. Le cou est marqué de griffes noires, la poitrine est délicatement rosé. Terminée par une barre blanche, la queue noire et bien soulignée en vol par la blancheur des sous-caudales.


Description de l’espèce

La tourterelle des bois (Streptopelia turtur) appartient à la famille des colombidés qui regroupe les pigeons et tourterelles. Le plumage est quasiment identique chez le mâle et la femelle. Mince pigeon à longue queue au plumage délicatement coloré, la tourterelle des bois se distingue de son parent plus imposant, la tourterelle turque, par sa taille plus réduite et son aspect plus foncé. La tête et le cou sont gris, la gorge nuancée de rose (plus foncée chez le mâle), le dos brun-gris, le ventre et le dessous de la queue blanc. Le dessus des ailes est d’aspect écailleux, noir et marron, et le dessous gris-bleu. Un damier noir et blanc chez les adultes est dessiné de chaque côté du cou. Le bec est noir, les pattes rouges, l’iris orangé. Les jeunes se reconnaissent les premiers mois à l’absence du damier sur le cou, une couleur plus marron et des liserés clairs sur les ailes.
Les juvéniles sont plus ternes et bruns. Le gris de la tête et du cou, le violacé de la poitrine sont remplacés par du brun éteint.

Taille : 28 cm

Envergure : 47 - 53 cm

Poids : 150 g

Confusions possibles

Elle se différencie des autres colombidés, par sa plus petite taille, son vol plus rapide, le contraste entre le ventre blanc et le dessous des ailes gris en vol et son roucoulement typique doux et roulé répété de deux à six fois. Des confusions sont possibles avec la Tourterelle orientale (Streptopelia orientalis) et la Tourterelle maillée.

Biologie

Ecologie


© GB
Tourterelle des bois
La Tourterelle turque est présente dans les zones supérieures et inférieures des latitudes moyennes du Paléarctique occidental. Elle se reproduit dans les zones climatiques tempérées, méditerranéennes, steppiques et semi-désertiques. Elle évite ainsi les conditions humides, nuageuses, fraiches et avec du vent, pour préférer les endroits plutôt secs, ensoleillés, à proximité de l’eau et présentant une diversité d’habitats. Elle évite ainsi les zones de montagne, se reproduisant la plupart du temps au dessous de 350 m d’altitude (et que très rarement au dessus de 500 m).
L’espèce affectionne les paysages bocagers et ouverts, riches en bois, bosquets et buissons qui bordent des zones cultivées, propices à l’alimentation et à la nidification mais également la proximité de points d’eau car elle a besoin de boire quotidiennement. En général, elle nidifie en plaine et évite la montagne. Bien que présente sur l’ensemble du territoire, elle évite les centres urbains et les grands massifs forestiers. Contrairement au pigeon ramier, la tourterelle se rencontre rarement sur les bâtiments des villes. Elle préfère, suivant en cela son naturel plus réservé, rester à l'abri d'une végétation de taille moyenne.



Comportement

C'est une espèce farouche et difficile à voir, qui se cache dans les feuillages, mais on peut l'apercevoir au loin sur les fils téléphoniques et en train de se nourrir à terre.
Toutes les populations fréquentant l’Europe sont migratrices. En France, la tourterelle des bois quitte ses aires de reproduction de la mi-août à la mi-septembre pour aller rejoindre les zones d’hivernage d’Afrique tropicale (Sénégal, Gambie, Guinée Bissau, Mali) et revient en avril pour nidifier. Certains oiseaux nicheurs sub-sahariens font exception à la migration.

Reproduction

La Tourterelle des bois construit une plateforme fragiles de petites brindilles dans un arbre ou un fourré (Il est parfois tapissé de radicelles et de petites tiges, éventuellement de quelques poils.), avec une nette préférence pour les arbustes épineux (aubépines, ou prunelliers), ou bien envahis par des lianes, telles que ronces, clématite, chèvrefeuille (noisetiers, Cornouiller, Sureau….). Il est situé généralement à moins de 2,5 m du sol.
Fin avril, les mâles arrivés sur les places de nidification, font entendre leur roucoulement dès les premières heures du jour. De mai à juillet, deux à trois pontes de deux œufs (ovales) blancs sont déposées (La ponte peut commencer dès avril dans le nord de l’Afrique). L’incubation dure 14-15 jours (assurée par les deux parents) et les jeunes nourris au nid, sont capables de voler dès l’âge de deux semaines. La maturité sexuelle chez cette espèce a lieu à l’âge d’un an.
La survie juvénile avant l’envol est estimée à 50 % avec comme principale cause de mortalité la prédation et dans une moindre mesure des aléas climatiques.

Régime alimentaire

Son alimentation est constituée principalement de graines et de fruits qu’elle trouve sur le sol, mais elle peut être enrichie occasionnellement de mollusques et insectes. Au printemps, elle recherche tout particulièrement les graines d’adventices (mauvaises herbes) qui poussent dans les champs cultivés et les friches (Polygonaceae, Ranunculaceae, Fumariaceae, Resedaceae, Violaceae, Caryophyllaceae, Chenopodiaceae, Cruciferae, Leguminosae, Euphorbiaceae, Primulaceae, Scrophulariaceae, Rubiaceae, Compositae, Gramineae). L’été, ses préférences vont dans l’ordre chronologique aux graines de colza, de céréales et de tournesol. Enfin, elle peut également picorer les graines distribuées pour les volailles.

Répartition géographique - Evolution et état des populations

La tourterelle des bois est présente dans toute l'Europe, des Canaries jusqu' l'Oural. Elle est toutefois totalement absente en Scandinavie. On la trouve également dans l'Ouest de l'Afrique du Nord (Maroc, Algerie, Tunisie) et en Asie Mineure. En Asie, son aire se poursuit au delà de la Mer Caspienne en Iran, en Afghanistan et jusqu'en Mongolie. Les récentes baisses des effectifs dans l’ouest de l’Europe sont probablement dues aux sécheresses dans les quartiers d’hivernages, la chasse et la modification des pratiques agricoles. Toutefois une hausse des effectifs est constatée en Finlande, Estonie et Lettonie.
On la retrouve ainsi en Grande-Bretagne (125 000 couples), en France (200 000 – 450 000 couples), en Belgique (9000 – 12000 couples), aux Pays-Bas (25000 – 30000 couples), au Luxembourg (300 – 700 couples), en Allemagne (117 000 couples), au Danemark (50 couples), en Estonie (5000 – 10 000 couples), en Lettonie (3000 - 5000 couples), en Lituanie (en baisse), en Pologne (100 000 – 200 000 couples), en République tchèque (60 000 – 120 000 couples), en Slovaquie (15 000 – 30 000 couples), en Hongrie (100 000 – 200 00 couples), en Autriche (8000 – 10000 couples), en Suisse (1000 - 2500 couples), en Espagne (790 000 – 1 million de couples), au Portugal (10 000 – 100 000 couples), en Italie (50 000 – 100 000 couples), à Malte (en baisse), en Grèce (10 000 – 30 000 couples), en Albanie (1000 – 5000 couples), en Yougoslavie, en Croatie (50 000 – 100 000 couples), en Slovénie (2000 – 3000 couples), en Bulgarie (100 000 – 250 000 couples), en Roumanie (20 000 – 40 000 couples), en Russie (500 000 – 5 millions de couples), au Belarus (60 000 – 80 000 couples), en Ukraine (20 000 – 22 000 couples), en Moldavie (2500 – 4000 couples), en Azerbaïdjan (100 000 couples), en Turquie (500 000 – 5 millions de couples), à Chypre (10 000 – 20 000 couples), en Israël (plusieurs centaines de milliers de couples), en Egypte (10 000 – 100 000 couples), en Tunisie (commun) et au Maroc (abondant).

Statut de l’espèce

Convention de Berne (Annexe 3)
Directive Oiseaux (Annexe 2/2)
Oiseau protégé (Article 5)
Règlement communautaire CITES (Annexe A)

Bibliographie

SNOW D.W. & PERRINS C.M. (1998).- The birds of the Western Paleartic. Concise Edition. Oxford University Press. 1832 p.


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Auteur

GB

Ingénieur écologue
Directeur de la publication
Responsable et fondateur de Conservation-nature.fr

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