Manger bio pour préserver sa santé

À leurs débuts, les produits bio ont essuyé quelques critiques, notamment sur le fait qu’ils étaient trop chers, et que leurs bienfaits n’étaient pas prouvés. Les mentalités évoluent cependant : en 2009, 90% des Français pensaient que les produits bio étaient plus naturels que les produits traditionnels, et 81% étaient convaincus de leurs bienfaits sur la santé. Au vu des ventes de produits bio qui ne cessent d’augmenter, on peut supposer que la bonne image de l’agriculture biologique a également progressé.

Les bienfaits des produits issus de l’agriculture biologique sur la santé humaine ont été corroborés par différents rapports. Des études rapportent une teneur en vitamine C et en vitamine E plus élevée dans les fruits, les légumes et leurs dérivés (type huile d’olive) issus de l’agriculture biologique. Les lipides provenant des animaux nourris de façon biologique comportent, eux, moins d’acides gras saturés. Pourtant, si les qualités nutritionnelles des aliments ne diffèrent pas drastiquement entre produits issus de l’agriculture biologique et produits plus traditionnels, il existe cependant certaines différences au niveau des analyses. La présence de pesticides et de résidus agrochimiques est beaucoup plus faible dans les produits bio que dans les produits classiques. On note également un niveau bien plus faible (jusqu’à moitié moins) de métaux lourds toxiques, comme le cadmium, le plomb et le mercure, ainsi que de nitrates et de nitrites. Sur des tests urinaires conduits sur des enfants nourris à l’alimentation biologique, on note aussi une concentration bien moindre de pesticides organophosphorés.

La majorité des produits bio vendus en France concernent les matières premières, c’est-à-dire les fruits et les légumes, qui sont perçus comme des aliments totalement naturels. Certains aliments sont abondamment traités aux pesticides dans l’agriculture traditionnelle, et il est alors judicieux de les choisir issus de la filière bio, pour éviter de consommer trop de résidus. C’est notamment le cas pour les tomates, les pommes, les raisins, mais aussi les poivrons, les pêches et les salades. L’huile d’olive est également plus sûre si elle est bio, car les olives sont pressées entières et gardent donc tous les résidus. Les produits laitiers bio, quant à eux, tirent leur épingle du jeu : lait, yaourts et œufs ont fait leur apparition sur les étals. Moins connues, les céréales complètes issues de l’agriculture biologique gagneraient pourtant à s’imposer : en effet, les pesticides se concentrent dans l’enveloppe des grains, et les céréales « traditionnelles » présentent une forte concentration de résidus.

Pourquoi choisir une alimentation bio ?

Au-delà des bénéfices pour la santé, choisir des produits bio (alimentaires comme non-alimentaires) permet d’avoir une consommation à impact positif, sur la nature comme sur la société. La conservation de la nature est l’un des principaux bénéfices : en effet, l’eau, les sols et l’air sont protégés. La non-utilisation de pesticides chimiques ralentit l’appauvrissement des sols, et permet même de les régénérer ; les cours d’eau ne sont plus touchés par les produits toxiques et ainsi, évitent leur propagation ; enfin, la biodiversité est préservée car l’agriculture bio privilégie les équilibres naturels. La protection de la biodiversité est l’un des critères principaux au futur développement harmonieux de la planète, notamment en protégeant des populations cruciales comme les abeilles. Choisir une alimentation bio, c’est aussi participer à la préservation de la santé des animaux : les exigences de bien-être animal sont inscrites dans les chartes bio, ce qui permet de s’assurer de leur bon traitement et de la qualité des produits utilisés pour les nourrir. Le choix d’une alimentation bio, dont les rendements sont forcément plus faibles, permet aussi de réduire le gaspillage alimentaire, aujourd’hui estimé à un tiers de toutes les récoltes. Produire moins mais mieux, c’est l’assurance de mieux utiliser les ressources disponibles.

La consommation d’énergie est aussi plus faible. L’alimentation bio, qui va souvent de pair avec une consommation locale et raisonnée, entraîne une baisse des consommations d’énergie et notamment de transports. D’autres bienfaits sont moins évidents, mais tout aussi positifs pour la société. La filière d’agriculture bio permet de soutenir l’emploi local, et de créer plus d’emplois que la filière d’agriculture conventionnelle. Cela permet une meilleure insertion professionnelle et peut aussi créer des vocations, car l’agriculture redevient un choix de carrière rémunérateur. Les produits bio vendus en circuit court, ou via des distributeurs de proximité ou des coopératives, permettent en effet une rémunération juste et équitable des producteurs, à l’inverse des grandes centrales d’achat traditionnelles qui tirent les prix vers le bas. Une agriculture bio et raisonnée (l’une n’allant pas sans l’autre) permet ainsi des rebonds positifs dans toute la société.