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Activités humaines



Collision des oiseaux contre les bâtiments





De nombreux cas de collision d’oiseaux avec les bâtiments anthropiques sont dénombrés. Il s’agit par exemple de collision d’oiseaux migrateurs, d’oiseaux se déplaçant la nuit mais des oiseaux locaux peuvent également percuter les bâtiments en pleine journée.


De nombreux cas de collision d’oiseaux avec les bâtiments anthropiques sont dénombrés. Il s’agit par exemple de collision d’oiseaux migrateurs, d’oiseaux se déplaçant la nuit mais des oiseaux locaux peuvent également percuter les bâtiments en pleine journée. Les bâtiments possédant de grandes surfaces vitrées sont particulièrement concernés, notamment si les fenêtres sont éclairées la nuit.

La lumière serait d’ailleurs le facteur responsable des collisions le plus important, notamment en ce qui concerne les oiseaux nocturnes. La combinaison des deux éléments que ce sont les fenêtres et la lumière apparait comme particulièrement dangereux pour l’avifaune qui est attirée par la source lumineuse et ne détecte pas la surface vitrée. Outre les collisions, les oiseaux peuvent être affectés entre voletant contre les vitres jusqu’à épuisement, jusqu’à tomber au sol où ils seront vulnérables soit à cause de la prédation soit à cause de la dépense énergétique considérable dépensée inutilement.

Une grande proportion des oiseaux rentrant en collision avec les bâtiments sont les passereaux migrants la nuit. Deux études appuient cette affirmation : l’une d’elle signale plus de 700 oiseaux migrateurs retrouvés morts sous l'Empire State Building à New York au cours de l’automne, et enfin une autre le cas de plus de 4700 oiseaux de 37 espèces différentes retrouvés morts sous des obstacles illuminés en Floride en seulement 3 jours. Dans les deux cas, la majorité des oiseaux affectés étaient des passereaux migrateurs.
Une étude réalisée à Toronto estime que 0,1% des migrants de passage en automne seraient tués par collision. Ces chiffres sont basés sur le nombre de cadavres retrouvés au pied des bâtiments comparés aux effectifs d’oiseaux migrateurs. Cette estimation semble toutefois plutôt sous estimer la mortalité dans la mesure où la totalité des oiseaux morts n’a certainement pas été retrouvée (cadavres déplacés par l’homme, cadavres enlevés par des charognards, cadavres non trouvés,....).

Les bâtiments urbains ne sont pas les seuls responsables de collision. Des éléments plus isolés, comme les phares, son également bien connus comme lieu de collision. C’est notamment le cas lorsque les conditions de visibilité sont mauvaises (pluie, brouillard…) et/ou lorsque les oiseaux sont attirés par la lumière du phare. L’impact peut être très important. Citons l’exemple du phare de Bardsey au large du Pays de Galles où 560 fauvettes sont mortes en une seule nuit après collision. D’autres études signalent des chiffres allant jusqu’à 2000 oiseaux morts en une seule nuit au Canada après collision avec un phare. Ces données témoignent de l’importance du phénomène et de l’impact que peuvent avoir ces bâtiments sur les populations d’oiseaux à long terme.

Cas des collisions contre les fenêtres


Comme indiqué précédemment, un grand nombre d’oiseaux est victime de collisions contre les fenêtres des bâtiments. On espèce que 6% des oiseaux d’oiseaux du monde sont victimes de collision. Le pourcentage monte jusqu’à 25% des espèces des Etats-Unis.

Les oiseaux sont vulnérables aux collisions avec tous les types de fenêtres, on ne constate pas de différence que les fenêtres aient de petits carreaux ou qu’elles recouvrent le bâtiment entier. De même, il n’y aurait pas de différence dans la probabilité de collision en fonction de l’âge, du sexe ou sur le fait que l’espèce soit locale ou non. Par contre, il semblerait que des facteurs comme l’éclairage, la présence de végétation à l’intérieur ou à l’extérieur (proche des fenêtres) et la proximité d’un « couloir » de passage des oiseaux (migration par exemple) augmentent le risque de collision.

Les collisions d’oiseaux contre les fenêtres sont également plus importantes l’hiver, notamment à proximité des résidences individuelles, lorsque les propriétaires mettent à disposition des oiseaux de la nourriture (mangeoires, graines,…). Une étude réalisée en Amérique du Nord, sur 5500 foyers nourrissant les oiseaux, a montré qu’en moyenne 0,85 oiseaux étaient tués par maison au cours de l’hiver et que 66 espèces étaient touchées (principalement des passereaux). Des facteurs aggravants propres aux maisons sont également à considérer, citons par exemple les maisons situées dans des zones rurales, adjacentes à des bois, ou proches de zones humides, mais aussi les maisons proches de jardins riches et variés. Concernant les bâtiments de manière générale, des taux de collision plus élevés sont constatés chez ceux dont le vitrage reflète une végétation dense. Cela est du à l’attirance des oiseaux pour la végétation et à la perception de la végétation réfléchie sur les fenêtres.

Comme la plupart des cas de collision d’oiseaux, il est très difficile d’estimer l’impact à long terme de ces collisions sur les populations d’oiseaux. Ceci notamment parce que la mortalité concerne à la fois les espèces encore abondantes, les espèces rares, menacées, en voie de disparition...


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Auteur

GB

Ingénieur écologue
Directeur de la publication
Responsable et fondateur de Conservation-nature.fr

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