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Pollution



Les pollutions organiques





Les pollutions organiques se caractérisent par un appauvrissement marqué du milieu récepteur en oxygène, une augmentation de la turbidité, la présence fréquente de composés ammoniacaux ou phénoliques toxiques, de gaz carbonique, issus de la fermentation anaérobie.


Rejet des eaux usées


On appelle « eau usée » toute eau ayant servie à un usage quelconque. Elle peut provenir autant des égouts domestiques que des procédés industriels. Les eaux usées collectées par une municipalité dans son réseau d’égouts peuvent provenir de trois sources : les résidences (eaux usées en provenance des résidences, soit des toilettes (eau noire), soit des éviers, bains ou électroménagers (eau grise)), les industries et la pluie.

Les eaux usées que nous rejetons ne sont pas épurées en totalité, et transportent ainsi des germes pathogènes comme les coliformes, les streptocoques, les staphylocoques, les salmonelles et les virus, mais aussi du sable, des hydrocarbures, des produits chimiques et des métaux lourds.

Cette charge polluante peut détériorer considérablement l’état des cours d’eau récepteurs. Les apports d’azote et de phosphore, contribuent à l’eutrophisation des cours d’eau soit leur enrichissement et leur vieillissement prématuré. Les polluants chimiques tels que les hydrocarbures, les pesticides, les produits pharmaceutiques, les produits nettoyants domestiques ou les résidus domestiques dangereux peuvent affecter la faune et la flore aquatiques qui y sont exposées. Parmi ces produits, plusieurs peuvent être accumulés par les organismes (bioaccumulation) et le long de la chaîne alimentaire (bioamplification).
Par ailleurs, la pollution bactériologique (tels les coliformes fécaux), détériore la qualité de l’eau des rives. Elle limite les usages, notamment la baignade et diverses activités aquatiques.

Hydrocarbures


Les hydrocarbures sont des composés organiques constitués de carbone et d’hydrogène. On distingue ainsi les hydrocarbures saturés dont la chaîne carbonée est constituée uniquement de liaisons simples, et les hydrocarbures insaturés dont la chaîne carbonée présente au moins une liaison double ou triple. Ils sont biodégradables mais celle ci peut être longue surtout quand il s'agit de pétrole brut lourd. Ainsi en mer, des bactéries marines peuvent dégrader progressivement les hydrocarbures transformés en goudron.
Ces hydrocarbures sont utilisés comme carburants, comme combustibles, comme huiles lubrifiantes et comme produits de base en synthèse pétrochimique.

Impacts

Dans le cadre de pollution due à des déversements importants à cause des activités anthropiques, la quantité est telle que cela entraîne de graves conséquences environnementales sur les écosystèmes. Tous les groupes taxonomiques sont susceptibles d'être affectés (algues, bactéries, invertébrés, poissons, oiseaux, mammifères).
Bien que les effets directs des hydrocarbures varient d’une espèce à l’autre à l’intérieur d’un même groupe taxonomique, certains groupes sont globalement plus sensibles que d’autres.

Lors d’une pollution aux hydrocarbures, telle qu’une marée noire, un des impacts les plus visibles est celui de l’engluement de la macrofaune (oiseaux, mammifères marins). Mais outre cet impact purement physique, le contact des animaux avec les hydrocarbures peut entrainer des effets toxicologiques.
Cette toxicité peut être aiguë, entraînant la mort rapide de l’organisme exposé par contact ou ingestion, ou en causant une perturbation grave des fonctions de base. La toxicité différée intervient lorsque la capacité de survie de l’organisme est diminuée. C’est-à-dire lorsqu’il y a une réduction de sa résistance au stress ou à une agression biologique (maladies, parasites, prédateurs).

Un animal peut être amené à ingérer dans son organisme un polluant, présent dans le milieu de vie. Les polluants (comme les hydrocarbures) peuvent ainsi être stockés dans les tissus d'un organisme si ils ne sont pas dégradés. Le polluant peut ainsi se concentrer par le biais de la chaine alimentaire et de la prédation de proie contaminée. Ce phénomène de bioaccumulation conduit à retrouver des concentrations de polluants plus importante chez des espèces prédatrices que les concentrations initialement présentes dans le milieu. Ainsi la concentration est susceptible de décupler à chaque passage à un maillon supérieur de la chaine alimentaire. Cette forte concentration de toxique dans les tissus peut conduire à des effets délétères importants sur les espèces au sommet de la chaîne alimentaire, alors qu'elles ne vivaient pas dans le milieu contaminé.

Outre les impacts directs sur une espèce, la pollution peut occasionner divers impacts indirects sur toute une communauté ou un écosystème :

Un affaiblissement des organismes consommant des espèces polluées.

La perturbation de certaines interactions entre espèces, à la suite de l’élimination ou de l’affaiblissement d’espèces. Un milieu naturel est composé d’une multitude d’espèces vivant en interactions, soit par des relations de type prédateurs – proies (les plus courantes), soit par des relations comme le parasitisme, la symbiose ou d’organismes hôtes. La disparition ou l’affaiblissement d’une espèce est susceptible d’affecter indirectement de nombreuses autres espèces en cascade.

La prolifération massive d'organismes favorisés par la pollution et qui s’emparent de la nourriture habituellement consommée par les espèces présentes dans le milieu

La modification de l’habitat à la suite des opérations de nettoyage, comme l’altération ou la disparition du substrat.


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Auteur

GB

Ingénieur écologue
Directeur de la publication
Responsable et fondateur de Conservation-nature.fr

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