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Ecologie



Les stratégies adaptatives des animaux





Tout être vivant est caractérisé par ses capacités d’adaptation qui assurent sa survie, sa pérennité et sa reproduction. Cette adaptation de l’organisme aux conditions du milieu se fait grâce à trois modes : l’éthologie, la physiologie et la morphologie. L’adaptation physiologique correspond à la régulation interne répondant essentiellement aux variations climatiques. L’adaptation morphologique est la plus visible, elle modifie l’ensemble de l’organisme.


Tout être vivant est caractérisé par ses capacités d’adaptation qui assurent sa survie, sa pérennité et sa reproduction. Cette adaptation de l’organisme aux conditions du milieu se fait grâce à trois modes : l’éthologie, la physiologie et la morphologie. L’adaptation physiologique correspond à la régulation interne répondant essentiellement aux variations climatiques. L’adaptation morphologique est la plus visible, elle modifie l’ensemble de l’organisme.

Chaque organisme possède des capacités différentes à s’adapter à un ou plusieurs milieux. On parle de valence écologique. Une espèce qui supporte de faible variation de milieux est une espèce sténoèce alors qu’une espèce qui peut supporter de fortes variations est dite euryèce. La sensibilité des espèces à un facteur (température,…) dépend non seulement du lieu d’origine de l’espèce mais aussi du stade de développement (les jeunes étant généralement plus sensibles que les adultes).

Adaptation aux milieux marins

Espèces vivant sur substrats durs

Ces milieux sont généralement contraignants car les organismes sont confrontés à la fois à la sécheresse en période d’exondation et au choc des vagues et des courants. Les écarts thermiques peuvent également être importants entre les phases exondées (chauffé au soleil) et inondées (température de l’eau plus faible).

Evitement (fuite) : Cette adaptation n’est bien sur possible que pour les être vivants mobiles qui vont pouvoir se déplacer pour rechercher un abri conservant un degré hygrométrique élevé et une température fraiche.

Protection par une enveloppe calcaire épaisse : Les organismes vont se renfermer sur eux-mêmes en conservant entre eux et le substrat un micro milieu aquatique. La présence d’une enveloppe calcaire va leur permettre de limiter la perte hydrique.

Creusement du substrat

Fixation du substrat en grands nombres : Les organismes vont se regrouper les uns contre les autres en très grande quantité (ex des moules où on peut observer jusqu’à 30 000 individus au m²), ce qui permettra de protéger les individus au centre.

Espèces vivant sur substrats meubles

Enfouissement : La principale adaptation des animaux pour fuir des mauvaises conditions est de s’enfouir dans le sable ou la vase.

Milieux agressifs ou contraignants

Détoxification : Certains organismes peuvent mettre en œuvre des synthèses protéiques et enzymatiques considérées comme des mécanismes protecteurs permettant la détoxification de l’organisme mais dans certaines limites.

Elimination du sel : Lorsqu’un animal vit dans un milieu où la salinité est très élevée, divers mécanismes régulateurs vont permettre de compenser l’agression de cette hypersalinité. 1/ L’animal peut maintenir son milieu en hypo-osmose en absorbant de grandes quantités d’eau. 2/ Il est possible également d’excréter une partie du sel ingéré par les branchies. 3/ Certains organismes comme les oiseaux peuvent excréter du sel par les narines, d’autres possèdent des glandes à sel.

Diapause / Quiescence / Léthargie : Certains animaux vont diminuer leur activité pour entrer en quiescence ou en léthargie durant la phase critique afin de maintenir un mode de fonctionnement ralenti de l’organisme.

Adaptation aux milieux dulçaquicoles

Eaux lotiques

Forme du corps : Le corps a généralement une forme plus aplatie.

Respiration : La respiration des organismes est généralement branchiale ce qui permet aux organismes d’éviter de remonter à la surface.

Appendices : Les pattes sont souvent munies de divers appendices qui leurs permettent de se fixer au substrat. Ces appendices peuvent être des ventouses, des crochets, des glandes sériagènes…

Eaux lénitiques

Fuite : Si le milieu s’assèche, les organismes peuvent fuir le milieu et rejoindre d’autres milieux encore en eaux.

Enfouissement : Si la mobilité des animaux est faible, ils peuvent s’enfouir dans le sol si le lit du ruisseau se compose de sédiments à granulométrie grossière à travers desquels ils peuvent se glisser.

Quiescence : Les animaux qui ne peuvent ni s’enfouir ni fuir peuvent rentrer en quiescence. C’est un état de vie ralentie déclenché directement et immédiatement par des conditions de milieux défavorables. Cet état est interrompu quand les conditions ambiantes redeviennent défavorables.

Diapause : C’est un état de vie ralentie sans relation évidente avec les facteurs du milieu. Une fois déclenché, cet état se poursuit même si momentanément les conditions de vie sont favorables. Il correspond à un arrêt prolongé du développement mais cet arrêt est situé à un stade précis.

Eaux temporaires

Larves : Les larves se réunissent à chaque assèchement dans les interstices. Les fines particules sédimentaires en séchant cimentent les graviers et les débris, isolant ainsi les larves dans les microcavités. Au début de leur assèchement, les larves conservent pendant quelques mois leur aspect normal puis elles présentent des signes de déshydratation.

Adultes : Les espèces s’adaptent en accélérant leur cycle de vie. Les différentes étapes se déroulent plus rapidement. Quand la mare commence à s’assécher, les adultes s’entèrent dans la vase et s’entourent de mucus. Ils vont entrer en état de vie ralentie.

Adaptation aux milieux terrestres

Adaptation éthologique

Fuite : Grâce à leur mobilité, les animaux terrestres peuvent rechercher ou éviter la chaleur dispersée par le rayonnement solaire.

Période d’activité : Certains animaux vont tout simplement modifier leur période d’activité en fonction de la température, du biotope et de la lumière. C’est une adaptation phénologique. Ainsi les espèces peuvent déplacer leur activité à une autre période de la journée. Par exemple, l’été, ils vont être extrêmement actifs avant 10 heures du matin et après le coucher de soleil.

Adaptation morphologique

Espèces cavernicoles : Ces espèces sont complètement dépigmentées. Puisqu’ils n’ont pas à se protéger des variations de température, ils ne possèdent pas de phanères (poils, écailles,…). De même, ils ne possèdent pas d’yeux (donc aucun sens de la vision). Par contre, les organes du toucher et de l’olfaction sont très développés. Ils possèdent des soies sensorielles et ont des extrémités très allongées, ce qui augmente le nombre de cellules sensorielles. Leur cycle biologique est indépendant de la photopériode.

Protections contre la prédation : les dessins et les couleurs des animaux qui vivent dans des milieux éclairés varient énormément, alors que les animaux vivants dans des milieux sombres sont soit ternes, soit décolorés.

On distingue trois types d’adaptation :
- Les couleurs cryptiques qui permettent à l’animal de se dissimuler
   o L’homophanie : l’animal placé dans un milieu clair va éclaircir ses couleurs et vice versa.
   o L’homochromie : l’animal a la couleur du milieu dans lequel il se trouve
   o L’homotypie : l’animal copie le milieu dans lequel il vit dans sa forme et dans sa couleur. De plus, il a un comportement particulier.
- Les couleurs vexilliaires : c'est-à-dire que l’animal possède des couleurs très visibles qui avertissent le prédateur que l’animal possède des moyens de défense (glandes répugnatoires, venins…).
- Les couleurs mimétiques : l’animal imite un animal dangereux, souvent d’un groupe très éloigné. Cette adaptation n’est efficace que pour les prédateurs qui chassent à vue.

Adaptation physiologique

Limiter les pertes en eau : Les individus limitent la respiration, l’excrétion et la transpiration. La transpiration est limitée grâce aux téguments. Les animaux sont dépourvus de glandes sudoripares. Cela peut se faire aussi par l’imperméabilisation des téguments, par exemple par l’excrétion permanente de mucus. La respiration peut être limitée par la présence d’un exosquelette qui est imperméable à l’entrée de l’eau comme à l’entrée d’oxygène. Chaque stigmate des insectes est fermé par un clapet ou une valve articulée sur l’exosquelette grâce à un muscle qui le maintient fermé aussi longtemps que possible. Ce muscle ne va se relâcher que pour les besoins minimaux d’oxygène et pour l’évacuation du gaz carbonique.
L’excrétion joue aussi un rôle dans la régulation des pertes hydriques en limitant la production d’urine, et en réabsorbant au maximum l’eau.

Augmentation des gains en eau : Certaines espèces ont développé des adaptations pour assimiler une plus grande quantité d’eau, comme la capacité d’absorber la vapeur d’eau à partir des voies anales, la présence d’organes spécialisés dans la réabsorption de l’eau, la réabsorption des fecès afin de récupérer l’eau qui se serait glissée dedans, ou enfin certains insectes lèchent les grains de sable.


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Auteur

GB

Ingénieur écologue
Directeur de la publication
Responsable et fondateur de Conservation-nature.fr

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