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Hotspot



Les bois de pins et de chênes de Madrean





Ce hotspot incluse les principales chaînes de montagne du Mexique et les montagnes du sud des Etats-Unis. La majorité du hotspot se trouve au Mexique. Il incluse une zone à relief montagneux et accidenté avec de profonds canyons. Le hotspot abrite un quart des espèces végétales du Mexique, dont une grande part est endémique du hotspot.


Ce hotspot incluse les principales chaînes de montagne du Mexique et les montagnes du sud des Etats-Unis. La majorité du hotspot, dont la superficie est de 461 265 km², se trouve au Mexique. Il incluse une zone à relief montagneux et accidenté avec de profonds canyons. Le hotspot abrite un quart des espèces végétales du Mexique, dont une grande part est endémique du hotspot. Les forêts de pins et de chênes sont la végétation caractéristique du hotspot, allant de peuplement monospécifique de pins ou de sapins à des peuplements purs de chênes. Ces forêts fournissent un site d’hivernage pour la migration annuelle de millions de papillons monarques. L’exploitation excessive des forêts est la principale cause de la perte d’habitat de la région. Le climat du hotspot est principalement tempéré avec des précipitations annuelles variant entre 500 et 2500 millimètres.

Une biodiversité unique et menacée



Flore

Le hotspot abrite environ 5300 espèces de plantes, soit un quart de la flore mexicaine. Bien qu’il soit difficile d’estimer le niveau d’endémisme étant donné que la flore mexicaine est peu connue, les estimations laissent penser que près des trois quarts des espèces seraient endémiques. La réalité pourrait être toutefois moins importante mais rester élevée.
Le Mexique est une zone importante pour la biodiversité des pins et des chênes, on retrouve ainsi 44 des 110 espèces de pins recensées et plus de 135 espèces de chênes (soit 30 % des espèces existantes). Parmi ces 135 espèces de chênes, 85 espèces sont endémiques du Mexique.

Vertébrés

Oiseaux

525 espèces d’oiseaux sont présentes dans le hotspot dont 20 sont endémiques du hotspot. La plupart de ces espèces sont présentes dans le centre du Sierra Madre Occidental, au sud du Sierra Madre Oriental et dans la région volcanique Trans-Mexicaine. 15 espèces endémiques sont menacées : Coquette du Guerrero (Lophornis brachylopha), Colibri d’Oaxaca (Eupherusa cyanophrys), Colibri de Guerrero (Eupherusa poliocerca), Geai à gorge blanche (Cyanolyca mirabilis), Colin barbu (Dendrotyx barbatus), Geai turquoise (Cyanolyca nana). Le Pic impérial (Campephilus imperialis) en danger critique d’extinction a certainement disparu, et le Quiscale de Mexico (Quiscalus palustris) a été conduit à l’extinction au début du siècle dernier.

Parmi les trois genres endémiques du hotspot deux ne comportent qu’une seule espèce : Euptilotis avec le Trogon oreillard (Euptilotis neoxenus) et Xenospiza avec le Bruant des sierras (Xenospiza baileyi). Le troisième genre endémique est Rhynchopsitta comportant deux espèces : le Conure à gros bec(Rhynchopsitta pachyrhncha) et le Conure à front brun (Rhynchopsitta terrisi).

Mammifères

Près de 330 mammifères sont présentes dans le hotspot dont seulement 6 sont endémiques. Il abrite ainsi peu d’espèces endémiques mais on retrouve néanmoins deux genres endémiques : Zygogeomys avec le Rat à poche mexicain (Zygogeomys trichopus) et Romerolagus avec le Lapin des volcans (Romerolagus diazi). Le Lapin des volcans est endémique de la région de Mexico, c’est un des lapins les plus petits du monde. Ce lapin est présent sur les pentes de différents volcans aux alentours de Mexico. La fréquence des incendies au niveau des habitats et l’empiètement de la ville de Mexico sur son habitat menacent la survie de cette espèce.

Reptiles

Plus de 380 espèces de reptiles sont présentes et 40 d’entre elles sont endémiques. Un genre de reptile est endémique : Rhadinophanes représenté par une seule espèce : le Serpent gracieux de montagne (Rhadinophanes monticola). Chez les lézards, on trouve 50 espèces du genre Sceloporus dont 6 sont endémiques, et 14 espèces du genre Anolis dont 2 sont endémiques. Chez les serpents, 150 espèces sont présentes dont 15 dont endémiques.

Amphibiens

Ce hotspot accueille une diversité d’amphibiens remarquable avec près de 200 espèces dont 50 sont endémiques. Chez les grenouilles, on trouve 38 espèces du genre Hyla dont 9 sont endémiques, et 34 espèces du genre Eleutherodactylus dont 7 sont endémiques. De plus, le hotspot accueille 63 salamandres de la famille des Plethodontidae dont 27 sont endémiques et 13 espèces de la famille des Ambystomatidae, avec cinq espèces endémiques.

Poissons d'eau douce

Curieusement étant donné la topographie du hotspot, on trouve 80 espèces de poissons endémiques dont 20 sont endémiques. Beaucoup de ces espèces appartiennent à la famille des Cyprinidae. Dans le centre du Mexique, la faune se compose essentiellement de poissons de lacs, adaptés aux lacs de haute altitude qui ont été créés par l’activité tectonique et le volcanisme. On retrouve notamment le genre de poisson endémique du Mexique : Chirostoma.

Invertébrés

Le groupe le plus connu dans le hotspot est celui des papillons avec 160 à 200 espèces de papillons dont environ 45 sont endémiques. La particularité de ce hotspot pour les invertébrés est l’hivernage de millions de papillons monarques dans les forêts de pins. Chaque automne, environ 100 à 150 millions de monarques migrent du sud vers l’est de l’Amérique du nord. Il existe seulement 30 sites d’hivernages occupant une surface de 10 à 25 hectares chacun.

Impact des activités humaines



La principale menace pour les forêts du hotspot est l’exploitation forestière. L’exploitation des pins et dans une moindre mesure du chêne pour le bois d’œuvre est en augmentation. En outre, de nombreux produits forestiers sont également utilisés de manière non durable. Par exemple, les Epiphytes vasculaires (Tillandsia usneoides) sont utilisés à des fins ornementales pour Noël et une grande variété de champignons des forêts de pins sont extraits à des fins alimentaires (champignons du genre Amanita, Leccinum, russula, et Boletus).

Le feu, bien qu’il soit en partie naturel, est aussi utilisé pour régénérer de la végétation récente pour le bétail ou pour défricher des terres à des fins agricoles (principe du brulis), modifiant les habitats de la région. Dans le sud de l’Arizona, 90 ans de suppression des incendies par le gouvernement et d’autres causes ont conduit les forêts de conifères de Pin ponderosa (Pinus ponderosa) sur les hauteurs à devenir des forêts denses de conifères mixtes.
Etant donné la fragmentation du hotspot, il est difficile d’estimer la surface de végétation d’origine encore intacte. Les forêts de chênes et de pins couvraient 21 % de la surface de Mexico alors qu’elles ne couvrent plus que 8 % aujourd’hui.

Protection des espaces



Environ 27 000 km² (soit 6% du hotspot) est soumis à une mesure de protection, mais il y a uniquement 8900 km² (soit 2%) qui est protégé par une mesure efficace. La plupart des espèces de vertébrés terrestres endémiques du Mexique et qui ne bénéficient pas encore de mesures de protection, sont situées sur le versant sud de la Sierra Madre et dans une moindre mesure sur les versants ouest de la Sierre Madre Occidental, ce qui fait de ces secteurs des zones à fort enjeu.

L’une des plus importantes zones protégées du hotspot a une surface de 563 km², il s’agit de la réserve de biosphère accueillant le papillon monarque. La plus grande zone protégée du hotspot a une surface de 1774 km², c’est aussi une des plus grandes du pays, il s’agit du Parc National des Cumbres de Monterrey. En Californie, 1124 km² la réserve de biosphère de la Sierra de la Laguna a été créée pour protéger la végétation de pins et de chênes.

Du côté Américain, le Parc National du Big Bend couvre 3245 km². La plupart des forêts de pins et de chênes sont protégés aux Etats-Unis même l’occupation de ces terres est différente.


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Auteur

GB

Ingénieur écologue
Directeur de la publication
Responsable et fondateur de Conservation-nature.fr

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