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Habitats



Le Pinail





La Réserve Naturelle du Pinail est un milieu naturel unique situé dans le département de la Vienne, en lisière de la forêt de Moulière. Elle est caractérisée par une richesse floristique et faunistique importante. La réserve comporte plusieurs milliers de mares, résultat de l’exploitation ancienne des pierres meulières. Toutes les mares communiquent entre elles, les liaisons étant creusées par l’homme afin de faciliter l’écoulement de l’eau d’une mare à l’autre.


L’Office Nationale des Forêts a entrepris dans les années 1970 une vaste campagne de reboisement (450 hectares) de Pins maritimes (Pinus pinaster), susceptible d’être l’essence la plus adaptée pour pousser sur les sols pauvres. Cette politique a heureusement changé, sur avis de l’université de Poitiers et de naturalistes. Les campagnes de reboisements massifs ne sont pas bénéfiques pour le milieu naturel, bien au contraire.

Flore


D’un point de vue floristique, l’intérêt du Pinail se matérialise par la présence de 450 espèces de plantes à fleurs dont certaines sont rares et protégées. Huit espèces protégées sont retrouvées sur le Pinail : la Drosera, une plante carnivore de la famille des Droseraceae ; la Pilulaire (Pilularia sp.), petite fougère aux feuilles linéaires, c’est une espèce pionnière qui prolifère suite à un incendie pour laisser ensuite la place aux plantes vivaces ; la Gratiole (Gratiola officinalis), plante vivace vivant dans les zones humides et marécageuses ; le Rhynchospore (Rhynchospora sp.), une cypéracée qui partage les tourbières avec les Droseras ; et la Spiranthe d’été (Spiranthes aestivalis), une orchidée dont le Pinail abrite une des trois stations dans la région.

On retrouve également d’autres espèces intéressantes avec notamment 4 espèces de plantes carnivores : la Drosera mentionnée ci-dessus, la Grassette du Portugal (Pinguicula lusitanica) et deux espèces d’Utriculaires : l’Utriculaire australe (ou négligée, Utricularia australis) qui est flottante et l’Utriculaire mineure (Utricularia minor), plus rare.
On peut également observer une espèce de gentiane de landes, la Gentiane pneumonanthe (Gentiana pneumonanthe), possédant une corolle bleue. Citons également le Saule rampant (Salix repens), arbre sans tronc, dont on retrouve quelques spécimens dans la réserve.
Enfin, on retrouve bien évidemment diverses espèces de bruyères : la bruyère à balais (Erica scoparia), la bruyère cendrée (Erica cinerea), la bruyère à callune (Calluna vulgaris) et la bruyère tétragone (Erica tetralix). Ces dernières constituent l’habitat terrestre le plus représenté sur le Pinail.

Faune


La richesse de la réserve du Pinail est également faunistique avec la présence notamment de 33 espèces de papillons de jours, 180 espèces d’araignées, 48 espèces de libellules…
Parmi les espèces de libellules, on retrouve des espèces patrimoniales comme la Leucorrhine à large queue (Leucorrhinia caudalis) colonisant les milieux ouverts et la Leucorrhine à gros thorax (Leucorrhinia pectoralis) qui préfère les milieux fermés.
D’autres espèces intéressantes peuplent le Pinail : le Criquet migrateur (Locusta migratoria gallica) qui est capable de mimétisme ou encore une espèce de cigale (Cicada montana) qui construit des tourelles d’émergence (de 7 à 10 cm de haut).
Le pinail abrite également l’écrivisse à patte blanche (Austropotamobius pallipes), c’est d’ailleurs le seul endroit connu en Europe où elle est présente.

Deux espèces de busards sont présentes : le Busard cendré (Circus pygargus) présent toute l’année et le Busard St-Martin (Circus cyaneus) qui est migrateur et revient chaque printemps d’Afrique pour nicher. On peut les différencier grâce à la présence de barres alaires noires chez le busard cendré.
La présence des busards nécessite une densité et une hauteur (de 80 à 120 cm) de brandes précises, des mesures de gestion de celles-ci sont donc réalisées pour maintenir sur le Pinail les conditions nécessaires à la nidification.
Trois autres espèces d’oiseaux sont présentes : la Fauvette pitchou (Sylvia undata), une espèce méditerranéenne, présente toute l’année ; le Pipit farlouse (Anthus pratensis), une espèce très rare vivant près des zones humides, marécageuses et de marais ; et l’Engoulevent d'Europe (Caprimulgus europaeus) (aussi appelé oiseau mobylette ou tête chèvre), une espèce nocturne qui possède un bec de taille très importante.

Gestion de la réserve


La gestion d’un milieu naturel tel que la Réserve Naturelle du Pinail nécessite différentes mesures. Un suivi écologique des espèces est réalisé chaque année par l’intermédiaire d’inventaire afin de recenser les espèces présentes et d’estimer leur quantité. Les gestionnaires recensent par exemple les exuvies de Leucorrhines chaque année pour estimer l’évolution de la population.
La gestion nécessite également la réalisation de cartographies que ce soit des habitats écologiques ou de la répartition d’une espèce au niveau de la réserve.

Le paysage actuel étant le résultat de l’activité humaine passée (pierres meulières, coupe des brandes, pâturage,…), son maintien nécessite la poursuite de certaines activités de manière contrôlée : le pâturage par des chèvres a donc été rétabli dans une parcelle, les brandes sont régulièrement coupés à l’aide de divers procédés et le brûlis dirigé permettant un renouvellement du milieu. Dans ce dernier cas, on constate qu’une végétation constituée de bruyère et d’ajonc repousse rapidement et également que les mares, symboles du Pinail, ne sont pas affectés par ces brûlis.

La Ligue Protectrice des Oiseaux effectue également un suivi des jeunes busards, de l’œuf à l’envol, en effectuant notamment un baguage.


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Auteur

GB

Ingénieur écologue
Directeur de la publication
Responsable et fondateur de Conservation-nature.fr

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