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Pollution

Les pesticides sont l'obstacle le plus important pour le rétablissement de la biodiversité sur les terres agricoles



Une étude de neuf universités européennes a montré que l'utilisation des pesticides, en particulier d'insecticides et de fongicides, a eu les effets négatifs les plus constants sur la diversité des espèces de plantes, de carabidés et des oiseaux nichant sur les terres agricoles, ainsi que sur le potentiel de lutte biologique.


Les terres agricoles sont l'habitat extensif le plus vaste au sein de l'union européenne, abritant par exemple 50% des espèces d'oiseaux européens. Cependant l'intensification agricole a incontestablement contribué à l'appauvrissement de la biodiversité des terres agricoles européennes. cette intensification a lieu à diverses échelles spatiales, depuis l'application d'herbicides, d'insecticides, de fongicides et d'engrais chimiques sur les champs locaux, à la perte d'habitats naturels et semi-naturels, ainsi qu'à l'hétérogénéité des habitats.

Neuf universités européennes ont étudié les effets de l'intensification de l'agriculture sur la biodiversité à travers trois niveaux trophiques (flore, coléoptères, oiseaux) et le potentiel de lutte biologique dans huit pays européens. Sur les 13 composantes étudiées de l'intensification agricole, l'utilisation des pesticides, en particulier d'insecticides et de fongicides, a eu les effets négatifs les plus constants sur la diversité des espèces de plantes, de carabidés et des oiseaux nichant sur les terres agricoles, ainsi que sur le potentiel de lutte biologique.

Les chercheurs ont étudié les neuf zones réparties au sein de l'Europe de l'Ouest. 8 variables ont été définiers pour caractériser le paysage environnant et 13 variables pour mesurer l'intensité de l'utilisation des terres à l'échelle de la ferme et à l'échelle locale. Après analyse statistique des résultats, il s'avère que les insecticides et des fongicides sont les variables qui ont le plus d'effet négatif sur la faune et la flore, ainsi que sur le potentiel de lutte biologique. L'étude a montré qu'une augmentation de la production agricole a été associée à la perte de la moitié des espèces végétales, du tiers des espèces d'oiseaux nicheurs et du tiers des coléoptères.

Il est à noter que les fermes biologiques, qui n'utilisent peu ou pas de pesticides, ont eu des effets positifs sur la diversité végétale et de carabes, mais n'ont eu aucune effet sur la diversité des espèces d'oiseaux.

Malgré plusieurs décennies de mise en oeuvre d'une politique européenne destinée à réduire considérablement la quantité de produits chimiques épandus sur les terres arables, les pesticides ont toujours des conséquences désastreuses pour les plantes sauvages et les espèces animales sur les terres agricoles européennes. D'autant plus que cet impact se manifeste aussi en réduisant le potentiel de lutte biologique les organismes nuisibles aux cultures.

Bibliographie

Flavia Geigera, Jan Bengtssonb, Frank Berendsea, Corresponding Author Contact Information, E-mail The Corresponding Author, Wolfgang W. Weisserc, Mark Emmersond, e, Manuel B. Moralesf, Piotr Ceryngierg, Jaan Liirah, Teja Tscharntkei, Camilla Winqvistb, Sönke Eggersb, Riccardo Bommarcob, Tomas Pärtb, Vincent Bretagnollej, Manuel Plantegenestk, Lars W. Clementc, Christopher Dennisd, e, Catherine Palmerd, e, Juan J. Oñatef, Irene Guerrerof, Violetta Hawrog, Tsipe Aavikh, Carsten Thiesi, Andreas Flohrei, Sebastian Hänkei, Christina Fischeri, Paul W. Goedhartl and Pablo Inchaustij (2010). Persistent negative effects of pesticides on biodiversity and biological control potential on European farmland. Basic and Applied Ecology, doi:10.1016/j.baae.2009.12.001.


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Auteur

GB

Ingénieur écologue
Directeur de la publication
Responsable et fondateur de Conservation-nature.fr

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