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Réchauffement climatique

Les pays développés délocalisent leurs émissions de dioxyde de carbone



Une nouvelle étude menée par des scientifiques du Carnegie Institution for Science constate que plus d’un tiers des émissions de dioxyde de carbone associée à la consommation de biens et de services des pays développées est émise en dehors de leurs frontières.


Une nouvelle étude menée par des scientifiques du Carnegie Institution for Science constate que plus d’un tiers des émissions de dioxyde de carbone associée à la consommation de biens et de services des pays développées est émise en dehors de leurs frontières. Ce pourcentage est toutefois variable, avec des pays comme la Suisse où plus de la moitié des émissions sont externalisées. La plupart des émissions des pays développées étant sous-traités à des pays en voie de développement, et principalement la Chine.

Le co-auteur de cette étude, Ken Caldeira, chercheur au Carnegie Institution's Department of Global Ecology suggère par conséquent « qu’au lieu de regarder seulement les émissions de dioxyde de carbone libérées au sein des frontières, il est nécessaire d’examiner également la quantité de dioxyde de carbone libéré pour la production de bien que nous consommons ».

Bilan par pays


Aux Etats-Unis, environ 2,5 tonnes par personnes de dioxyde de carbone seraient produites à l’étranger, le chiffre monterait à 4 tonnes par personnes en Europe. Et inversement, près du quart des émissions de CO2 rejetées en Chine seraient finalement exportées vers les pays développés comme les Etats-Unis, l’Europe occidentale ou le Japon. Dans les petits pays, comme la Suisse, les émissions de CO2 en sous-traitance ont dépassé la quantité de dioxyde de carbone émises au sein de la frontière nationale.
D’autres pays, comme les Etats-Unis, sont à la fois un important importateur et exportateur d’émissions de CO2 liés au commerce. Le résultat net fait que les Etats-Unis sous-traite environ 11% de la consommation totale de ses émissions pour les pays en voie de développement.

Prise en compte dans la politique mondiale


Les chercheurs suggèrent donc de prendre en compte ces éléments dans la politique de gestion des rejets de gaz à effet de serre via les quotas. Cela ne serait bien sur pas sans conséquence dans la mesure où pour beaucoup de produits nous (les pays développés) considérons qu’ils sont avec un faible bilan carbone alors que les émissions de dioxyde de carbone sont importantes, mais en dehors des frontières nationales.

Une prise en compte des émissions de dioxyde de carbone à l’échelle globale (et pas seulement sur les émissions produites au sein de nos frontières) est indispensable pour une meilleure lutte contre le réchauffement climatique. D’autant plus que les contraintes sur les pays en voie de développement sont un des principaux obstacles à une politique climatique internationale efficace. Une attribution des émissions aux consommateurs finaux pourraient ainsi être un bon compromis entre pays développés et pays en voie de développement.

Bibliographie

Carnegie Institution for Science (2010). Carbon Emissions ‘Outsourced’ to Developing Countries. http://www.ciw.edu/news/carbon_emissions_outsourced_developing_countries


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Auteur

GB

Ingénieur écologue
Directeur de la publication
Responsable et fondateur de Conservation-nature.fr

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