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Lignes directrices de l'IUCN contre les invasions biologiques





Cette crise est essentiellement due aux activités humaines, et notamment à l’importation d’espèces exotiques. Les invasions biologiques sont ainsi considérées comme la deuxième cause d’extinction des espèces (la première étant la fragmentation des habitats).


La biodiversité est confrontée à de nombreuses menaces sur l’ensemble de la planète, incitant les spécialistes à parler de sixième crise d’extinction. Cette crise est essentiellement due aux activités humaines, et notamment à l’importation d’espèces exotiques. Les invasions biologiques sont ainsi considérées comme la deuxième cause d’extinction des espèces (la première étant la fragmentation des habitats).

Auparavant chaque espèce vivante était cloisonnée au sein de son aire de répartition grâce à des barrières naturelles comme les océans, les montagnes ou les fleuves. Mais suite au développement des transports et des échanges internationaux (tourisme, commerce), l’homme a permis à des espèces de franchir ces frontières naturelles et ainsi de se répandre sur la planète.
Ainsi des espèces exotiques pouvaient désormais être embarquées volontairement ou non au sein des moyens de transports, et venir contaminer l’ensemble des destinations. La levée des procédures de quarantaine ainsi que les accords de libre échange n’ont fait qu’aggraver ce phénomène.

Les invasions biologiques concernent tous les groupes taxonomiques : des virus, des champignons, des algues, des mousses, des fougères, des plantes supérieures, des invertébrés, des poissons, des amphibiens, des reptiles, des oiseaux et des mammifères introduits. Ces derniers ont envahi et modifié presque tous les types d'écosystèmes de la terre. Des centaines d'extinctions sont le résultat de l'introduction d'espèces exotiques envahissantes. L’impact le plus marqué des invasions biologiques est présent sur les îles et particulièrement les petites îles, où les espèces n’étaient jusqu’à présent confronté à aucune compétition interspécifique. Par conséquent, elles n’avaient développé aucune stratégie de compétition pour lutter contre ce type de problèmes. Elles sont par conséquent les premières affectées par l’invasion des espèces exotiques qui sont, elles, ultra-compétitrices. Or on trouvait dans les îles, mais aussi les autres espaces qui étaient protégées jusqu’à présent (pôles, montagnes), des espèces endémiques adaptées à des conditions de milieu particulières. Ces espèces sont donc très fragiles, et rapidement menées jusqu’à l’extinction.

La perte de la biodiversité n’est malheureusement pas une préoccupation généralisée et la disparition des espèces laisse parfois indifférent sur le plan écologique et éthique. Il est donc important de mentionner en supplément que les invasions biologiques sont responsables d’important coût économique s’élevant à plusieurs milliards de dollars par an. Nous pourrons ainsi citer l’exemple des plantes exotiques qui font des ravages au sein des cultures, et provoquent par conséquent une baisse du rendement et une augmentation des coûts pour les éradiquer. Ou encore celui des plantes adventices qui dégradent les bassins versants et les écosystèmes d’eau douce, qu’il faudra restaurer par la suite.
Le déversement des eaux de ballast et des salissures des coques des navires est responsable d'introductions involontaires et délétères d'organismes aquatiques, y compris de maladies, de bactéries et de virus, dans les systèmes marins et d'eau douce. On considère aujourd'hui que les eaux de ballast sont le premier vecteur de mouvements transocéaniques et interocéaniques d'organismes des hauts-fonds côtiers. Ainsi des bactéries et virus affectant une partie du globe, pourront rapidement à cause des échanges internationaux sévir sur l’ensemble de la planète rapidement, et ainsi provoquer des dommages importants.

La dégradation des habitats naturels (érosion, pollution) est également responsable d’une perte de la biodiversité. Outre l’effet direct de perte de la biodiversité, elle facilite également l’installation d’espèces exogènes augmentant ainsi l’impact sur la biodiversité. A ceci il faut ajouter également les effets du réchauffement climatique qui va favoriser l’expansion d’espèces dans de nouvelles zones où elles trouvent des conditions de milieu favorables suite aux modifications climatiques.

Objectifs des lignes directrices de l’IUCN

Pour faire face à ce problème d’invasions biologiques, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN, IUCN en anglais) a élaboré plusieurs lignes directrices afin de prévenir la perte de la biodiversité.

Ces lignes directrices abordent quatre domaines qui touchent à l'essence du problème de l'invasion biologique d'espèces exotiques et que l'on peut dégager de ce contexte :

- l'amélioration de la compréhension et de la sensibilisation; - le renforcement les mesures de gestion; - la mise en place de mécanismes juridiques et institutionnels pertinents; - le renforcement des efforts d'acquisition des connaissances et de la recherche.

Les présentes lignes directrices ont les sept objectifs suivants:


1. Améliorer la sensibilisation aux espèces exotiques envahissantes qui constituent la principale menace pour la diversité biologique indigène dans les pays industrialisés et en développement, dans le monde entier.



La lutte contre les espèces exotiques nécessite une participation de chacun afin qu’elle soit une réussite. Il ne serait pas judicieux de lutter contre des espèces envahissantes d’un côté, si l’Homme n’avait pas conscience du problème et en importait constamment de nouvelles de l’autre côté. Par conséquent, il est important d’effectuer des mesures de sensibilisation et de communication auprès du public, afin de lui expliquer cette problématique et les enjeux de la lutte. Bien souvent, le public sous estime l’importance des invasions biologiques sur la perte de la biodiversité et n’a pas conscience des moyens pour lutter contre ce phénomène. Or la lutte contre les espèces envahissantes a plus de chances de fonctionner si il y a une bonne compréhension du phénomène, et par conséquent une bonne coopération en aval pour lutter contre ces espèces exotiques.

L’ensemble des acteurs doit être informé et sensibilisé sur cette thématique en recevant une information personnalisée et adaptée. Par exemple, les transporteurs internationaux doivent recevoir une information personnalisée sur les invasions biologiques liées à leurs secteurs et les moyens de lutter contre ce phénomène. Une stratégie de communication globale ne sera pas utile. Un groupe cible important est par exemple les importateurs et exportateurs d’organismes vivants. Il est important de mieux les sensibiliser, de mieux leur faire comprendre les problèmes et ainsi qu’ils jouent un rôle dans la prévention et les solutions éventuelles.

Le secteur du tourisme et des voyages doit également faire l’objet d’une sensibilisation afin de lutter contre les espèces introduites volontairement mais aussi involontairement. IL est nécessaire de collaborer pour empêcher l’introduction accidentelle ou volontaire de plantes et d’animaux exotiques. Les voyagistes pourront ainsi sensibiliser leurs clients aux problèmes causés par les espèces exotiques envahissantes.

Le personnel chargé d’appliquer les mesures de quarantaine et de contrôle des frontières doit lui aussi être formé afin d’identifier les espèces envahissantes mais aussi d’être conscient du contexte et des menaces qui pèsent sur la biodiversité en cas d’importation.

Enfin, pour préparer l’avenir, il est important de sensibiliser et de faire comprendre le phénomène dès le plus jeune âge. Par conséquent, l’information devrait être dispensée au sein du cursus scolaire afin que les générations futures soient conscientes du problème, et ne fassent pas les mêmes erreurs que les générations passées.


2. Encourager la prévention des introductions d'espèces exotiques envahissantes comme mesure prioritaire appelant une action aux niveaux national et international.



La prévention de l’introduction d’espèces exotique envahissantes est importante, il est en effet préférable d’éviter l’introduction d’espèce plutôt que de chercher une méthode de lutte !
Les écosystèmes vulnérables doivent bénéficier de mesures prioritaires de prévention, notamment lorsqu’ils abritent une biodiversité remarquable qui pourrait être mise en péril par l’introduction d’espèces.

Les espèces exotiques envahissantes agissent comme des agents de «pollution biologique» qui peuvent avoir des effets défavorables sur le développement et la qualité de la vie. Les mesures réglementaires prises pour lutter contre l'introduction d'espèces envahissantes devraient donc faire appel, en partie, au principe du «pollueur-payeur» où la «pollution» représente le dommage causé à la diversité biologique indigène.

L'introduction intentionnelle d'une espèce exotique ne devrait être autorisée que si les effets bénéfiques sur l'environnement supplantent les effets défavorables, réels et potentiels. Ce principe est particulièrement important dans le cas d'habitats et d'écosystèmes isolés tels que des îles, des écosystèmes d'eau douce, ou des centres d'endémisme. L'introduction intentionnelle d'une espèce exotique ne doit pas être autorisée si l'expérience, ailleurs, a prouvé que le résultat probable serait l'extinction ou un appauvrissement grave de la diversité biologique. L'introduction intentionnelle d'une espèce exotique ne devrait être envisagée que lorsqu'il est établi qu'aucune espèce indigène ne peut remplir le rôle que l'on veut confier à l'espèce exotique.


3. Réduire le plus possible le nombre d'introductions accidentelles et empêcher les introductions non autorisées d'espèces exotiques envahissantes.



Il est malheureusement difficile de contrôler les introductions accidentelles qui empruntent toutes sortes de moyens de dispersions. Par conséquent, le meilleur moyen de lutter contre ces espèces est de contrôler, règlementer et surveiller les principales voies de propagations connues. Celles-ci varient suivantes les états, mais de manière générales les plus connues sont les routes commerciales et touristiques internationales (tourisme, transport maritime et fluvial, pêche, agriculture, transports terrestres et aériens, foresterie, horticulture, commerce des animaux de compagnie…).

Par conséquent, il est important d’associer les acteurs du commerce et des transports internationaux afin qu’ils prennent des mesures pour limiter au maximum les introductions accidentelles. Ceci passe avant tout par l’information (information sur les espèces exotiques envahissantes qui pourraient être transportées et comment l’éviter), mais aussi par des sanctions légales à moins qu’aucune faute du transporteur ne puisse être prouvée.

Comme indiqué ci-dessus, les eaux de ballast sont une source important d’introduction d’espèces exotiques. Il est donc important de prendre des mesures pour réduire les problèmes d'espèces exotiques envahissantes dus au déversement des eaux de ballast et des salissures de la coque des navires. Il est donc nécessaire de mettre en place une meilleure gestion des eaux de ballast, d’améliorer la conception des navires et d’effectuer un meilleure suivi et une meilleure information sur ce problème.

Pour limiter les importations, il serait nécessaire de mettre en place des installations de quarantaine et de contrôle des frontières ainsi que de former le personnel de manière à ce qu’ils puissent intercepter les espèces exotiques introduites accidentellement.

Si les acteurs ne souhaitent pas prendre des mesures pour limiter les risques d’importations, alors il faut prévoir l'application d'amendes, de pénalités et d'autres sanctions aux responsables d'introductions accidentelles par négligence et mauvaise manipulation.

Enfin lors de la construction de grands projets d’infrastructures, comme ce fut le cas du canal de Suez (responsable de la remontée des espèces dans la méditerranée), il est nécessaire d’évaluer ces projets sur le plan écologique. En effet, ils pourraient mettre en contact des flores et des faunes jusque-là séparées et perturber la diversité biologique locale.


4. Faire en sorte que les introductions intentionnelles, y compris aux fins de la lutte biologique, soient dûment évaluées à l'avance et tiennent pleinement compte des répercussions éventuelles sur la diversité biologique.



Il serait nécessaire de créer un organisme institutionnel chargé de traiter de la question des espèces envahissantes, et notamment des introductions intentionnelles (espèces concernées, effets sur l’environnement et les milieux dans lesquels ils sont introduits et capacité de réagir à une situation d’urgence). Cet organisme devrait pouvoir décider de l’autorisation ou non de l’introduction d’une espèce, et des conditions de celles-ci (libération dans la nature ou pas,…).
Lors de l’évaluation d’une espèce, une consultation des ONG et des pays environnants devraient être réalisées afin de partager les expériences et les connaissances de chacun dans le domaine.

Avant d’introduire une espèce - dont on ne connait pas les effets - dans la nature, il est nécessaire de réaliser une étude d’impact sur l’environnement et d’étudier les risques invasifs de l’espèce. L’importateur pourrait également être sollicité afin qu’il prouve que l’espèce qu’il souhaite importer n’aura aucun impact sur le milieu naturel. De plus, en cas de validation de l’importation, les importateurs et exportateurs devront veiller à atténuer le plus possible tout risque d’invasion.

En cas de besoin, des essais expérimentaux pourraient être réalisés suivant un protocole établi et suivi, afin de tester par exemple le pouvoir infectieux des espèces exotiques ou encore les préférences alimentaires et écologiques de l’espèce.

En cas d’importation illégale, des peines criminelles et de responsabilité civile devraient être mise en place pour les frais d’éradication ou de lutte.


5. Encourager l'élaboration et la mise en œuvre de campagnes et de programmes d'éradication et de lutte contre les espèces exotiques envahissantes et améliorer l'efficacité de ces campagnes et programmes.



Lorsqu’une espèce exotique a été détectée comme envahissante ou susceptible de le devenir, alors il est nécessaire de prendre des mesures d’éradications, de confinement ou de lutte. Le but de l'éradication, c'est d'éliminer totalement l'espèce exotique envahissante; celui de la lutte, c'est de réduire à long terme le nombre ou la densité de l'espèce exotique envahissante. Le confinement est un cas de lutte particulier dont le but est de limiter la propagation de l'espèce exotique envahissante et de confiner sa présence dans des limites géographiques précises.

La détection rapide d'espèces exotiques nouvellement introduites, notoirement ou potentiellement envahissantes, associée à la capacité d'agir rapidement est souvent la clé d'une éradication réussie. En effet c’est au début de l’invasion, lorsque les populations sont petites et localisées, que l’on a les meilleures chances de pouvoir éradiquer une espèce exotique envahissante. L'absence de certitude scientifique ou économique quant aux conséquences d'une éventuelle invasion biologique par une espèce exotique ne doit pas servir de prétexte pour retarder la prise de mesures d'éradication, de confinement ou de lutte. En effet dans ces cas la, il est nécessaire d’appliquer le principe de précaution pour éviter qu’une prise de décision trop longue soit responsable de dégâts écologiques irréversibles.

Éradication - Actions recommandées

Dans la mesure du possible, l’éradication des espèces envahissantes doit être privilégiée sur la lutte permanente. En effet, cette première est bien plus efficace, a un impact sur l’environnement moindre et son coût financier est moins important. Les progrès technologiques sont en train d'augmenter le nombre de situations dans lesquelles l'éradication est possible, en particulier sur les îles. L'éradication est sans doute plus difficile à réaliser dans le milieu marin.

La priorité d’action doit être donnée dans le cas d’établissement d’une nouvelle espèce exotique envahissante, plutôt qu’une colonisation plus ancienne. En effet, comme indiqué plus haut, la rapidité d’action après installation est primordiale et facilite l’éradication de l’espèce. De plus, la priorité doit être donnée à l'éradication d'espèces envahissantes dans les îles et autres régions isolées qui présentent une biodiversité très particulière ou possèdent des espèces endémiques menacées.

Lors d’une éradication, il est nécessaire de veiller à ce qu’elle ci soit aussi spécifique que possible et n’aient pas d’effets sur les espèces indigènes non ciblées. En effet des pertes collatérales sur des espèces indigènes menacées et/ou fragilisées pourraient amener à une extinction définitive. De même, en cas d’utilisation de substances toxiques pour procéder à l’éradication, il est indispensable de veiller à ce que ces substances ne persistent pas dans l’environnement après éradication. L’emploi d’une substance toxique doit être fait uniquement pour une opération d’éradication brève et intensive, et non dans le cas d’une lutte à long terme contre une espèce envahissante.

L'éradication pose des problèmes souvent complexes, en particulier lorsque l'on a affaire à plusieurs espèces et qu'il faut, par exemple, déterminer dans quel ordre les éradiquer. Il peut être préférable, comme recommandé dans les Lignes directrices de l'UICN relatives aux réintroductions, d'adopter une démarche pluridisciplinaire.

Evaluation du succès d’éradication

Pour savoir dans quelle mesure la lutte aura abouti aux résultats escomptés, il faut examiner la réaction des espèces, des habitats, des écosystèmes ou du paysage que l'on a cherché à favoriser. Il importe d'axer les efforts sur la quantification et la réduction des dommages causés par les espèces envahissantes et pas seulement sur la réduction du nombre d' «envahisseurs». La relation entre la densité d'envahisseurs et leur impact est rarement simple, de sorte qu'une réduction de la densité n'est pas nécessairement synonyme d'amélioration pour les espèces indigènes, les habitats ou l'écosystème menacés.

Choisir les méthodes de lutte

Les méthodes de lutte devraient être acceptables d'un point de vue social, culturel et éthique, efficaces, non polluantes et ne devraient pas avoir d'effets nocifs sur la flore et la faune indigènes, la santé et le bien-être de l'homme, les animaux domestiques ou les cultures. Satisfaire à tous ces critères n'est pas toujours facile. Ce qui compte, c'est de les considérer comme des objectifs pertinents dans le contexte de l'équilibre recherché entre les coûts et avantages de la lutte, d'une part et les résultats escomptés, d'autre part. Stratégies de lutte - Actions recommandées

À la différence de l'éradication, la lutte contre les espèces envahissantes est une activité permanente dont les buts et objectifs sont différents. Il existe certes plusieurs démarches stratégiques possibles mais toutes devraient avoir deux facteurs en commun : la validité scientifique des résultats visés et l’appui politique et administratif de la démarche.

Avant toute chose, il convient d’établir un ordre de priorité dans les problèmes causés par les espèces exotiques envahissantes, en fonction de la valeur pour la diversité biologique indigène et des espèces menacées par les espèces exotiques envahissantes.

Lorsque l'éradication n'est pas réalisable, limiter la dissémination est une stratégie pertinente, mais seulement lorsque l'aire de répartition de l'espèce exotique envahissante est restreinte et qu'il est possible de contenir cette espèce dans un périmètre précis. Une surveillance régulière, en dehors des limites de confinement, est essentielle et toute nouvelle infestation de l'espèce doit être rapidement supprimée.


6. Encourager la recherche ainsi que la mise au point et le partage d'une base cognitive adéquate pour traiter le problème des espèces exotiques envahissantes dans le monde entier.



Dans toute campagne contre les espèces exotiques envahissantes à tous les niveaux (mondial, national, local), un élément essentiel est la collecte efficace et opportune et le partage des informations et expériences qui permettent de faire progresser la recherche et de mieux gérer les espèces exotiques envahissantes.

La priorité doit être donnée à la constitution d'une base de connaissances adéquate permettant de traiter les problèmes des espèces exotiques envahissantes à l'échelle mondiale. Même si l'on sait beaucoup de choses sur un grand nombre de ces espèces et les moyens de lutte, les connaissances restent incomplètes et de nombreux pays et organismes de gestion y ont difficilement accès.

Il est nécessaire également de contribuer à l'élaboration d'une base de données mondiale (ou de plusieurs bases de données reliées entre elles), facilement accessible, sur toutes les espèces exotiques envahissantes connues et contenant, notamment, des informations sur leur statut, leur distribution, leur biologie, les caractéristiques qui en font des espèces envahissantes, leurs effets et les options de lutte. Il importe que les gouvernements, les organismes de gestion et autres acteurs y participent.

Établir des «listes noires» d'espèces exotiques envahissantes aux niveaux national, régional et mondial auxquelles toutes les parties intéressées puissent accéder facilement. Les «listes noires» permettent d'attirer utilement l'attention sur les espèces exotiques envahissantes connues, mais il ne faudrait pas en conclure que les espèces exotiques non inscrites sont inoffensives.

Dans le contexte de travaux de recherche, au niveau national et international, améliorer les connaissances sur: l'écologie des processus d'invasion, y compris les effets-retard; les relations écologiques entre espèces envahissantes; la capacité de prévoir quelles espèces et groupes d'espèces pourraient devenir envahissants et dans quelles circonstances; les caractéristiques des espèces exotiques envahissantes; les effets des changements climatiques mondiaux sur les espèces exotiques envahissantes; les vecteurs existants et les vecteurs possibles; les pertes et coûts écologiques et économiques associés à l'introduction d'espèces exotiques envahissantes; les sources et les voies d'introduction créées par les activités humaines.

Élaborer et diffuser de meilleures méthodes d'exclusion ou d'élimination des espèces exotiques dans les biens commercialisés, les matériaux d'emballage, les eaux de ballast, les bagages personnels, les avions et les navires.

Encourager et soutenir de nouveaux travaux de recherche en gestion concernant: des méthodes d'éradication ou de lutte contre les espèces exotiques envahissantes qui soient efficaces, ciblées, non cruelles et socialement acceptables; des systèmes de détection et de réaction rapide; l'élaboration de techniques de surveillance; le rassemblement et la diffusion efficaces de l'information destinée à des publics spécifiques.

Encourager le suivi, l'enregistrement et l'établissement de rapports de manière que les enseignements acquis de l'expérience en gestion des espèces exotiques envahissantes puissent contribuer à la base de connaissances.


7. Encourager l'élaboration d'un cadre complet pour la législation nationale et la coopération internationale en vue de réglementer l'introduction d'espèces exotiques et encourager l'éradication des espèces exotiques envahissantes et la lutte contre ces espèces.



• L'adoption, par chaque pays, d'une ligne de conduite politique, juridique et institutionnelle globale vis-à-vis de la menace que constituent les espèces exotiques envahissantes est une condition préalable à la conservation de la diversité biologique aux niveaux national, régional et mondial.

La prise de mesures efficaces dépend de l'existence d'une législation nationale prévoyant des actions préventives et correctives. Cette législation devrait aussi énoncer clairement les responsabilités institutionnelles, des mandats opérationnels complets et l'intégration réelle des responsabilités relatives aux problèmes actuels et potentiels posés par les espèces exotiques envahissantes.


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Auteur

GB

Ingénieur écologue
Directeur de la publication
Responsable et fondateur de Conservation-nature.fr

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