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Mesures pour les professionels



Les passages à faune





Les voies de communication sont responsables d'un effet de barrière, de collisions et provoquent une interruption des corridors écologiques. Les passages à faune sont ainsi mis en place pour atténuer ces effets et permettre à la faune de franchir plus aisément l'obstacle.


Les routes représentent une menace conséquente pour de nombreuses espèces animales. Bien qu’on considère souvent en priorité les effets d’une route via les collisions animaux – véhicules, les routes peuvent également avoir un impact en agissant comme une barrière totale ou partielle pour certaines espèces ou encore en coupant les corridors écologiques.

Des solutions ont été mises en place comme les passages à faune. Ces passages ont pour objectif de rétablir les connectivités écologiques. Ceci permet notamment le maintien des processus écologiques et du fonctionnement en métapopulation, le rétablissement des accès aux ressources, le rétablissement de la dispersion et de la migration et enfin la réduction des collisions.

Les différents types de passages à faune


Les passages simples consistent principalement en des buses ou dalots permettant le passage de petite et moyenne faune (Hérisson, Lapin, Renard,…).

Les passages spécialisés, à amphibiens notamment, sont de deux types. Le système de caniveaux : il oblige les espèces à emprunter les passages, mais n’est pas accessibles à toutes les espèces et est unidirectionnel. Le système de conduits associés à une canalisation : il est utilisable facilement par toute la petite faune dans les deux sens mais ne guide pas les espèces.

Les passages mixtes combinent à la fois un écoulement fluvial et une zone de passage pour la faune terrestre. La encore, trois types existent. En cas de petits écoulements (permanents ou non), un passage submersible est construit à côté pour le passage de la faune. En cas d’écoulements permanents, un passage est également construit à côté en prenant toutefois en compte un débit décennal pour la construction ou en construisant un passage séparé pour l’écoulement fluvial et le passage à faune.

Les passages agricoles ou forestiers sont de largeurs va riables en fonction de la faune concernée (petite ou grande faune). Ils sont constitués d’un chemin non revêtu et de bandes végétalisées.

Les passages inférieurs ou supérieurs à grande faune sont réalisés pour le passage des ongulés sauvages ou lorsqu’une route représente un effet de barrière pour un important corridor écologique. Les passages sont soit mis en place en dessous de la voie de communication (passage creusé ou lorsque la voie de communication passe sur un pont) soit au dessus de la route via un pont végétalisé.

Les viaducs ou les faux tunnels sont des ouvrages de grandes dimensions qui ne sont généralement pas faites uniquement pour la faune. Ils permettent de provoquer une dégradation moins importante du milieu naturel mais ont un coût nettement plus élevé.

Recommandations


Il est important de prendre en compte la distribution des habitats et des espèces lors de la mise en place des passages à faune. Cet élément permettra de déterminer à quel intervalle les passages devront être construits. Cet élément est d’autant plus important lorsque la construction d’une route concerne une espèce protégée ou se situe dans une zone d’intérêt écologique (Natura 2000…).

Le passage à faune doit tenir compte du milieu naturel environnant. Ainsi, un passage végétalisé réalisé sur un pont ne doit être réalisé que si la zone environnante est végétalisé. Si elle est au contraire de type agricole, un passage de type agricole / forestier doit être mis en place.

La largeur du passage à faune doit être adaptée en fonction de la faune présente dans la zone impactée. De plus, on remarque généralement que plus la largeur du passage est importante, plus la fréquence de passage des animaux est élevée. Il est donc important de ne pas construire des ouvrages trop petits qui ne seront que peu utilisés.

Les passages sous terrains de type buses doivent être construits de manière à éviter toute inondation du passage en cas de fortes pluies ou montées des eaux, afin que ce dernier soit utilisable par tout type de conditions météorologiques. Au minimum, une légère pente doit être mise en place à l’entrée du passage afin de favoriser l’écoulement des eaux.

Egalement concernant les passages de type buses, il est nécessaire de porter une attention particulière au revêtement choisi, ainsi qu’aux entrées du tunnel qui doivent permettre un accès aisé pour la faune (pas de marche, pas de fossé à sauter…).


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Auteur

GB

Ingénieur écologue
Directeur de la publication
Responsable et fondateur de Conservation-nature.fr

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