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Réchauffement climatique



Projections sur l’avenir et impacts prévus





Les émissions de gaz à effet de serre devraient encore progresser dans le futur malgré les politiques de développement durable mis en place dans certains pays. Les experts du GIEC estiment que la progression devrait être de l’ordre de 25 à 90 % entre 2000 et 2030.


Les émissions de gaz à effet de serre devraient encore progresser dans le futur malgré les politiques de développement durable mis en place dans certains pays. Les experts du GIEC estiment que la progression devrait être de l’ordre de 25 à 90 % entre 2000 et 2030, les combustibles fossiles gardant une place majeure dans nos sources d’énergies.
La poursuite des émissions de GES au rythme actuel ou à un rythme plus élevé devrait accentuer le réchauffement et modifier profondément le système climatique au XXIe siècle. Il est très probable que ces changements seront plus importants que ceux observés pendant le XXe siècle. Ainsi, les experts prévoient une augmentation de température de 0,1 à 0,2°C par décennie (alors qu’elle était de 0,7°C/siècle au siècle dernier).

La fixation du carbone anthropique émis depuis 1750 a abaissé le pH des océans de 0,1 unité en moyenne. La hausse de la concentration atmosphérique de CO2 a accentué encore l’acidité du milieu marin. Selon les projections fondées sur les scénarios SRES, le pH moyen des océans en surface devrait baisser de 0,14 à 0,35 unité au cours du XXIe siècle. Les effets sur la biosphère marine ne sont pas connus à ce jour, mais on pense que le phénomène aura une incidence néfaste sur les testacés et crustacés marins (les coraux, par exemple) et sur les espèces qui en sont tributaires.

Les projections font apparaître une diminution d’étendue de la couverture neigeuse, une augmentation d’épaisseur de la couche de dégel dans la plupart des régions à pergélisol ainsi qu’une diminution de l’étendue des glaces de mer dans l’Arctique et l’Antarctique, et cela pour tous les scénarios SRES. Selon certaines projections, les eaux de l’Arctique seraient pratiquement libres de glace à la fi n de l’été d’ici la seconde moitié du XXIe siècle. L’ablation d’une partie des nappes glaciaires qui recouvrent les zones polaires pourrait faire monter de plusieurs mètres le niveau de la mer, modifier profondément la topographie des côtes et provoquer l’inondation des basses terres. Les effets seraient particulièrement marqués dans les deltas et sur les îles de faible altitude. De tels bouleversements devraient s’échelonner sur plusieurs millénaires, mais on ne peut écarter la possibilité que le niveau de la mer s’élève plus rapidement que prévu en quelques siècles. Il est très probable que les épisodes de chaleur extrême, les vagues de chaleur et les épisodes de fortes précipitations deviendront plus fréquents. Sur la base de plusieurs modèles, il est probable que les cyclones tropicaux (typhons et ouragans) deviendront plus intenses, avec une accélération des vitesses de pointe des vents et un accroissement des précipitations du fait de l’augmentation de la température à la surface des mers tropicales.

Impacts des changements climatiques


Sur les écosystèmes

Il est probable que la résilience de nombreux écosystèmes sera annihilée durant ce siècle en raison d’une combinaison sans précédent de changements climatiques, de perturbations connexes (inondations, sécheresses, feux incontrôlés, insectes, acidification des océans, etc.) et d’autres facteurs de changement à l’échelle planétaire (changement d’affectation des terres, pollution, fragmentation des systèmes naturels, surexploitation des ressources, etc.). Il est probable que les changements climatiques auront un certain nombre d’incidences irréversibles. Si le réchauffement moyen de la planète excédait 1,5 à 2,5 °C par rapport à 1980-1999, le risque d’extinction de 20 à 30 % des espèces recensées à ce jour serait probablement accru (degré de confiance moyen). Si la température s’élevait de plus de 3,5 °C environ, les modèles prévoient que 40 à 70 % des espèces recensées pourraient disparaître de la surface du globe.

Sur l’alimentation

Selon les projections, en cas d’augmentation de la température moyenne au plan local de 1 à 3 °C au maximum selon la culture considérée, les rendements agricoles s’accroîtront légèrement aux moyennes et hautes latitudes, puis diminueront au-delà de ces valeurs dans certaines régions. Aux latitudes plus basses, en particulier dans les régions à saison sèche ou dans les régions tropicales, on anticipe que le rendement agricole diminuera même si la température locale n’augmente que faiblement (de 1 à 2 °C), entraînant ainsi un risque accru de famine. À l’échelle mondiale, on anticipe que le potentiel de production alimentaire augmentera tant que la hausse des températures moyennes locales sera de l’ordre de 1 à 3 °C, mais qu’il diminuera au-delà.

Sur les côtes

D’ici à 2080, on prévoit que plusieurs millions de personnes supplémentaires subiront chaque année les conséquences d’inondations dues à l’élévation du niveau de la mer. Les basses terres très peuplées des grands deltas d’Asie et d’Afrique seront les plus touchées, les petites îles étant particulièrement vulnérables.

Sur la santé

Selon les projections, les changements climatiques auront une incidence sur l’état sanitaire de millions de personnes, du fait notamment de l’intensification de la malnutrition, de l’augmentation du nombre des décès, des maladies et des accidents dus à des phénomènes météorologiques extrêmes, de l’aggravation des conséquences des maladies diarrhéiques, de la multiplication des affections cardiorespiratoires liées aux fortes concentrations d’ozone troposphérique dans les zones urbaines en raison du changement climatique et des modifications de la distribution géographique de certaines maladies infectieuses.
Selon les projections, les changements climatiques auront quelques incidences favorables dans les zones tempérées, notamment une diminution des décès liés à l’exposition au froid, ainsi que quelques effets mitigés, notamment une modification de la diffusion et du potentiel de transmission du paludisme en Afrique. Dans l’ensemble, on s’attend que ces effets sanitaires favorables du réchauffement soient contrebalancés par ses effets négatifs, en particulier dans les pays en développement.

Sur la disponibilité en eau

Le changement climatique devrait accentuer les facteurs actuels de stress hydrique tels que la croissance démographique, l’évolution économique et le changement d’affectation des terres (urbanisation comprise). À l’échelle régionale, la neige accumulée en montagne, les glaciers et les petites calottes glaciaires jouent un rôle crucial dans l’approvisionnement en eau douce. On anticipe que le vaste phénomène de perte de masse des glaciers et de réduction du manteau neigeux observé ces dernières décennies s’accélérera tout au long du XXIe siècle, ce qui réduira les disponibilités en eau et le potentiel hydroélectrique et modifiera les caractéristiques saisonnières de l’écoulement dans les régions approvisionnées en eau de fonte provenant des principaux massifs montagneux, où vit actuellement plus d’un sixième de la population mondiale.

Les variations des précipitations et de la température entraînent une modification du ruissellement et des disponibilités en eau. On anticipe avec un degré de confiance élevé que, d’ici au milieu du siècle, le ruissellement augmentera de 10 à 40 % aux latitudes élevées et dans certaines régions tropicales humides, y compris des zones peuplées de l’Asie de l’Est et du Sud-Est, et diminuera de 10 à 30 % dans certaines régions sèches des latitudes moyennes et des zones tropicales sèches, du fait de la diminution des précipitations et des taux accrus d’évapotranspiration. De nombreuses zones semi-arides (p. ex. le bassin méditerranéen, l’ouest des États-Unis, l’Afrique australe et le nord-est du Brésil) subiront les effets d’un appauvrissement de leurs ressources en eau du fait du changement climatique. Selon les projections, les zones touchées par la sécheresse vont s’étendre, ce qui devrait avoir une incidence négative sur de nombreux secteurs, comme l’agriculture, l’approvisionnement en eau, la production d’énergie et la santé. À l’échelle régionale, on anticipe une forte augmentation de la demande d’eau d’irrigation consécutive aux changements climatiques.

Les effets défavorables du changement climatique sur les systèmes d’approvisionnement en eau douce l’emportent sur les effets favorables. Les zones dans lesquelles on anticipe une diminution du ruissellement devront faire face à une réduction de la valeur des services fournis par les ressources en eau. Les incidences favorables de l’accroissement du ruissellement annuel dans certaines zones seront probablement contrebalancées par les incidences défavorables qu’auront la variabilité accrue des précipitations et les variations saisonnières du ruissellement sur l’approvisionnement en eau, la qualité de l’eau et les risques d’inondation.

Selon les études dont on dispose, les épisodes de fortes pluies devraient grandement augmenter dans de nombreuses régions, y compris celles dans lesquelles on anticipe une diminution de la moyenne des précipitations. Le risque accru d’inondation qui s’y associe ne sera pas sans conséquence pour la société, les infrastructures physiques et la qualité de l’eau. Il est probable que jusqu’à 20 % de la population mondiale vivra dans des zones où le risque de crue des cours d’eau pourrait augmenter d’ici aux années 2080. Selon les projections, la multiplication et l’aggravation des inondations et des sécheresses nuiront au développement durable. Le réchauffement modifiera encore les propriétés physiques, chimiques et biologiques des lacs et des cours d’eau, le plus souvent au détriment de nombreuses espèces d’eau douce, de la composition des communautés et de la qualité de l’eau. Dans les zones côtières, l’élévation du niveau de la mer favorisera les facteurs de stress hydrique du fait de la salinisation accrue des eaux souterraines


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Auteur

GB

Ingénieur écologue
Directeur de la publication
Responsable et fondateur de Conservation-nature.fr

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