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La Loutre d’Europe





La loutre d’Europe (Lutra lutra), de la famille des Mustelidés, peut être observée dans l'ensemble du réseau de voies d'eau naturelles et artificielles. C’est un mammifère aquatique, un des plus grands mustéliés d’Europe. Sa taille moyenne est d’environ 70 – 90 cm et son poids de 5 à 12 kg. Ses valeurs sont toutefois généralement plus importantes chez les loutres du marais poitevin. Il existe chez la loutre un dimorphisme sexuel bien marqué ; les mâles sont plus corpulents que les femelles et ont des caractères faciaux bien typés.


La loutre d’Europe (Lutra lutra), de la famille des Mustelidés, peut être observée dans l'ensemble du réseau de voies d'eau naturelles et artificielles. C’est un mammifère aquatique, un des plus grands mustéliés d’Europe. Sa taille moyenne est d’environ 70 – 90 cm et son poids de 5 à 12 kg. Ses valeurs sont toutefois généralement plus importantes chez les loutres du marais poitevin. Il existe chez la loutre un dimorphisme sexuel bien marqué ; les mâles sont plus corpulents que les femelles et ont des caractères faciaux bien typés. Le pelage de la Loutre est en général de couleur brunâtre à marron foncé, avec des zones grisâtres plus claires, sur la gorge, la poitrine et le ventre.

Les loutres sont en général solitaires, elles ne vivent en couples que pendant la période du rut. L’appariement peut durer quelques semaines.
Elles ne nourrissent essentiellement de poissons et petits amphibiens (grenouilles, crapauds). Au niveau du Marais poitevin, l’anguille (Anguilla anguilla) constitue plus de la moitié de son alimentation.

La Loutre est inféodée aux milieux aquatiques dulcicoles, saumâtres et marins. Elle se montre très ubiquiste dans le choix de ses habitats et de ses lieux d’alimentation. En revanche, les  milieux réservés aux gîtes diurnes sont choisis en fonction de critères de tranquillité et de couvert végétal.
On la retrouve en France dans 47 départements, et principalement dans 7 types d’habitats comme les marais.
La loutre est présente sur l'ensemble du réseau hydraulique du Marais Poitevin. Toutefois, certains marais desséchés et les polders de la baie d'Aiguillon semblent progressivement désertés par l'espèce. Ce déclin est dû à la disparition progressive du réseau hydraulique sur ces secteurs.

La loutre d'Europe est malheureusement une espèce très rare et très menacée, liée une fois de plus aux activités anthropiques. Les principales raisons du déclin sont la fragmentation des habitats aquatiques, la pollution et l’eutrophisation de l’eau (entraînant une raréfaction des peuplements piscicoles), les accidents (collisions routières, engins de pêches), les captures volontaires et le dérangement occasionné par les nombreux touristes via les promenades en barque par exemple. Dans le Marais Poitevin, les collisions routières sont la première cause de mortalité de la loutre.

Sa survie et son histoire sont liées à l'intervention humaine. Pour la protéger, il faut préserver son habitat, s'assurer qu'elle aura toujours accès à sa nourriture préférée et limiter au maximum les risques qu'elle encourt en vivant à proximité des routes ou dans des milieux pollués…
Différentes propositions de gestion ont été faites afin de permettre une stabilisation de la population et de favoriser son retour dans les zones qu’elle a quitté. Il s’agit principalement de protéger son habitat (empêcher la fragmentation, restaurer les zones humides,…) et d’agir directement à la protection de l’espèce (réalisation d’aménagements de génie écologique pour les infrastructures routières, règlementer la pèche, sensibiliser le public,…).
Depuis une dizaine d’années, elle recolonise progressivement quelques réseaux hydrographiques désertés depuis près d’un siècle, mais on constate toujours une régression en Poitou-Charentes.

Et pourtant, la loutre d'Europe est un peu l'emblème du Marais Poitevin même si on la trouve dans d'autres régions. Sa rareté, son mode de vie et son aisance dans l'eau en font un animal attachant. Paradoxalement, elle a longtemps été chassée pour sa fourrure dans le Marais. C'est seulement depuis le début des années 1970 qu'elle n'est plus traquée.


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Auteur

GB

Ingénieur écologue
Directeur de la publication
Responsable et fondateur de Conservation-nature.fr

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