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Monographies



Tortue verte





La tortue verte (Chelonia mydas) est une tortue marine présente dans les eaux tropicales de tous les océans, mais plus ou moins rare selon les régions. La carapace mesure en moyenne 110 cm et l'animal pèse entre 80 et 130 kg. Certains spécimens peuvent atteindre un poids de 300 kg pour une longueur de carapace de 1,5 m.


Description de l’espèce


© Gérald Berger
Femelle de Tortue verte
La Tortue verte (Chelonia mydas) est une tortue marine de la famille des Chelonidae. C’est la plus grande tortue de cette famille avec une carapace mesurant en moyenne 1,1 m et pouvant atteindre 1,3 m. Cette tortue pèse en moyenne 80 à 130 kg, mais des individus de 230 kg ont déjà été retrouvés. La carapace, ovale et aplatie, est de couleur brunâtre, grisâtre ou verdâtre, plus ou moins foncée, ornée de taches ou stries irrégulières. La dossière est cordiforme et de couleur brun olive. Elle dispose de quatre plaques latérales, la paire antérieure est non contiguë à la plaque précentrale. Sa tête est petite et représente environ 20% de la longueur de la carapace. Elle ne dispose que d'une seule paire d’écaille préfrontale. Le bord de sa mâchoire inférieure est grossièrement dentelé tandis que la supérieure est munie de fortes crêtes sur la face interne.

Biologie

Ecologie

La Tortue verte préfère les eaux peu profondes et riches en zostères sans pour autant s'en circonscrire. Les adultes parcourent de très longues distances entre les herbiers et la zone de nidification. Les tortues reviennent toujours près de la plage sur laquelle elles sont nées, les mâles s'y reproduisent et les femelles y pondent aussi leurs oeufs plusieurs fois par an.
La tortue verte est capable de rester en apnée pendant 3 heures et descend parfois jusqu'à plus de 50 m pour se nourrir.

Reproduction


© Gérald Berger
Femelle de Tortue verte entrain
de pondre
Lorsqu’une femelle atteint sa maturité sexuelle, elle retourne pondre plusieurs fois par an sur la plage où elle est née. Les mâles quant à eux s’accouplent à proximité des plages où ils sont nés. Les femelles peuvent pondre jusqu’à six fois, généralement à quinze jours d’intervalles. Les pontes ont lieu principalement la nuit, à marée haute.

L'accouplement se produit en mer peu de temps après leur arrivée, les femelles entreprennent ensuite le processus de ponte: une dizaine de fois par intervalle de 10 à 17 jours. Elles sont obligées de pondre leurs oeufs sur terre, l'embryon à l'intérieur ne pourrait jamais survivre dans l’eau car il respire à travers des pores dans la coquille. Il s'agit d'un processus laborieux, la femelle doit traîner ses 250kg sur la plage par la seule puissance de ses nageoires.

La femelle creuse généralement sa cavité en haut d’une plage, à la lisière de la végétation. La cavité corporelle mesure généralement une fois à une fois et demi son épaisseur, elle est creusée par un balayage du sable avec ses autres pattes. Puis elle creuse un puit de ponte, avec les pattes arrières, d’environ 70 cm de profondeur.


© Gérald Berger
Jeune Tortue verte rejoignant
la mer
Une fois la cavité creusée, la femelle pond environ 120 œufs (pouvant aller d’une cinquantaine à plus de 200 œufs) blancs et ronds de la taille d’une balle de golf. La coquille des œufs est souple. Les œufs sont pondus par paquets de deux à quatre. La période d’incubation des œufs dure 48 à 72 jours. Au-dessus de 27°C, les œufs donneront une majorité de femelles. En dessous de cette température, ce seront majoritairement des mâles. Le climat, et donc la température du sol, influence notablement le développement de la couvée. L’incubation est donc très variable en fonction de la température. Les juvéniles nouvellement éclos resteront enterrés quelque temps, afin de sortir tous ensemble à la tombée de la nuit, ce qui diminuera le danger venant des prédateurs.

Régime alimentaire

Au premier stade de sa vie (juvénile), la Tortue verte est carnivore pour s’assurer une croissance la plus rapide possible. Elle consomme des petits invertébrés et des œufs de poissons.
Puis à l’âge adulte, elle se nourrit presque exclusivement d'algues des herbiers marins. Mais elle peut consommer également des méduses, crustacés, mollusques et autres animaux pris dans les herbes aquatiques.

Répartition géographique - Evolution et état des populations


© Gérald Berger
Femelle de Tortue verte
La Tortue verte est largement répandue dans les mers et les océans dont les eaux ne dépassent pas 20°C. On peut la rencontrer jusqu'à Terre-Neuve, au nord de l'Irlande, au sud du Japon et en Argentine, en Afrique du Sud, au nord de la Nouvelle-Zélande, et elle est présente dans l'océan Atlantique, l'océan Indien, l'océan Pacifique, ainsi que dans la mer du Japon, la mer de Chine et en Méditerranée. En revanche elle est absente d'une partie du Pacifique, le long des côtes ouest du continent américain.

Les effectifs de Tortue verte sont en déclin à l’échelle mondiale, elle est classée comme en danger par l’IUCN.
Comme toutes les autres espèces de tortues marines, la Tortue verte est particulièrement sensible aux divers impacts anthropiques qui affectent toutes les étapes de sa vie : de l’œuf à l’âge adulte.
Une des menaces les plus préjudiciables à l’espèce, est la récolte des œufs et des adultes sur les plages de nidification pour l’alimentation humaine. Malheureusement, cette dernière reste légale dans plusieurs pays malgré une baisse des effectifs.
Une autre menace affectant l’espèce est la capture accidentelle des tortues (jeunes ou adultes) dans les filets de pèche dérivant (pèche à la crevette par exemple). L’espèce est également menacée par la dégradation de ses habitats de nidification (plages) et d’alimentation. Cette dégradation fait suite à la construction de bâtiments sur les plages, ou encore à l’extraction de sable. Ces derniers peuvent soit occasionner une perte directe de tortues (destruction de nids), mais favorise également l’érosion des plages, et réduisent la quantité et la qualité de sites de nidification pour l’espèce. La dégradation des habitats marins résultent de l’augmentation des effluents et de la contamination des mers par le développement côtier, la construction de marins, l’augmentation du trafic maritime ou encore la récolte des algues marines.
Enfin, on a déjà constaté que la présence de lumière sur ou à côté des plages pouvait modifier le comportement de nidification des adultes, mais aussi des juvéniles qui sont attirés vers les sources de lumières (et sont donc éloignés de l’eau).

Statut de l’espèce

Convention de Barcelone (Annexe 2)
Convention de Berne (Annexe 2)
Convention de Bonn (Annexe 1)
Convention de Bonn (Annexe 2)
Convention de Washington (Annexe 1)
Directive Habitats-Faune-Flore (Annexe 2)
Directive Habitats-Faune-Flore (Annexe 4)
Règlement communautaire CITES (Annexe A)
Tortue marine protégée (Article 2)
Tortue marine protégée (Article 4)


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Auteur

GB

Ingénieur écologue
Directeur de la publication
Responsable et fondateur de Conservation-nature.fr

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