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Monographies



Petit-duc scops



Ce petit hibou est reconnaissable à son chant flûté " tiou ", dont le motif est répété toutes les 2 ou 3 secondes. On l’observe difficilement, le Petit-Duc (Otus scops) étant strictement nocturne et son plumage mimétique le rendant difficilement détectable dans les branches des arbres. On peut cependant l’apercevoir dans les villages à la lueur des réverbères.


Description de l’espèce

Le Petit-duc scops (Otus scops) est un oiseau de la famille des Strigidae. Le petit-duc est un des plus petits rapaces nocturnes. C’est un petit hibou aux aigrettes peu visibles, de couleur brun assez uniforme avec des bandes scapulaires blanc grisâtre clair. La face et le dessous sont un peu plus clair. Il est orné de fin motif de stries et de barres noires. Le bec est noir bleuté, et les pattes sont brun-gris.

Taille : 19-20 cm
Envergure : 53-63 cm
Poids : 75-95 g

Biologie

Ecologie


© Gérald Berger
Petit-duc scops juvénile
Le Petit-duc apprécie les espaces semi-ouverts, comme le bocage et les vergers. On le retrouve également dans les bosquets, les parcs ou les allés de vieux arbres. Il est retrouvé jusqu’à une altitude de 1400-1500 m dans ma région alpine et jusqu’à 2000 m en Russie. Il recherche pour ses zones d’alimentation des terrains offrant suffisamment d’arbres calmes et ombragés pour se percher attenant à un grand terrain riche en insectes. Il évite ainsi les forêts denses ou les vastes étendues ouvertes.

Comportement

Le Petit-duc est un oiseau solitaire et territorial durant la période de reproduction, même si on constate parfois des concentrations locales dans certaines zones. Bien qu’il n’y ait aucune preuve jusque la, on pense que les oiseaux sont fidèles d’une année sur l’autre. Lorsqu’un oiseau est dérangé dans la journée, sa première réaction est d’adopter une attitude de camouflage, facilitée par son plumage qui peut être confondu avec le milieu environnant.
Les populations du nord sont migratrices, alors que les populations du sud sont résidentes ou partiellement migratrices. Sur les 6 sous-espèces de l’Ouest du Paléarctique, une seule est résidente, et deux autres sont partiellement résidentes. Les oiseaux vont migrer sur un large front traversant la Méditerranée et le Sahara.

Reproduction

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© Gérald Berger
Petit-duc scops juvénile
Le début de la saison de reproduction varie en fonction de la distribution de l’espèce. Ainsi la ponte a lieu dès la mi-avril jusque début juillet dans le sud de l’Europe et entre mai et début juin en Afrique du Nord.
Le nid est situé dans un trou d’un arbre, d’un bâtiment ou dans un mur. Parfois ils peuvent nicher dans de vieux nids d’autres oiseaux comme les corneilles. Aucun apport de matériaux n’est réalisé. La cavité mesure généralement 8 cm de diamètre et un peu moins de 40 cm de profondeur. La femelle pond 4 à 5 œufs (Voire de 3 à 7), qu’elle peut remplacer en cas de perte des œufs. L’incubation dure 24 à 25 jours et est assurée uniquement par la femelle. Les jeunes sont nidifuges et sont nourris par les deux parents. L’envol a lieu vers l’âge de 3 à 4 semaines, et ils sont indépendants dès l’âge de 30 à 40 jours.

Régime alimentaire

Le régime alimentaire du Petit-duc scops est basé principalement d’insectes et autres invertébrés, et de quelques petits oiseaux, reptiles, amphibiens et mammifères. Il chasse principalement de nuit, mais peut aussi chasser de jour essentiellement pour nourrir les jeunes. Il peut chasser en vol mais aussi à terre pour capturer par exemple des vers de terre. Les petits insectes sont avalés entier, les plus grands et les vertébrés sont eux déchirés. Les jeunes sont essentiellement nourris à partir d’insectes.

Répartition géographique - Evolution et état des populations

Il se reproduit dans une vaste zone allant du nord ouest de l'Afrique jusqu'à l'Asie, en passant par l'Europe méridionale où on le trouve en France, Espagne, Italie, Suisse, Tchécoslovaquie, Yougoslavie et les Balkans, en plus de toutes les îles méditerranéennes où il semble être associé aux oliveraies.
La population européenne de l’espèce est comprise entre 200 000 et 440 000 couples. Les plus gros effectifs sont retrouvés en Russie avec une population de 80 000 à 200 000 couples. D’autres pays hébergent des effectifs importants comme Chypre (10 000 à 20 000 couples), la Grèce (5000 à 20 000 couples), la Roumanie (25 000 à 40 000 couples), la Serbie (10 000 à 14 000 couples), l’Espagne (30 000 à 35 000 couples) et la Turquie (20 000 à 40 000 couples). La France abrite entre 3000 et 12 000 couples.
L’espèce connait un déclin dans certain pays comme en Suisse, en Italie ou en Turquie. La principale cause de son déclin est la raréfaction de ses proies suite à l’utilisation massive de pesticides dans ses zones de reproduction mais aussi d’hivernage. La destruction de son habitat est également une des causes de sa disparition suite aux mises en culture, au remembrement, à l’abattage de vieux arbres ou encore à la destruction du bocage.
La conservation de l’espèce passe par l’arrêt de la destruction de ses zones de nidification et d’alimentation, et le contrôle (voire l’arrêt) de l’utilisation des pesticides.

Statut de l’espèce

Convention de Berne (Annexe 2)
Convention de Washington (Annexe 2)
Oiseau protégé (Article 1)
Oiseau protégé (Article 5)
Règlement communautaire CITES (Annexe A)

Bibliographie

MULLARNEY K., SVENSSON L., ZETTERSTROM D. & GRANT P.J. (2004).- Le guide ornitho. Delachaux et Niestlé. 399 p.

SNOW D.W. & PERRINS C.M. (1998).- The birds of the Western Paleartic. Concise Edition. Oxford University Press. 1832 p.


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Auteur

Gérald Berger

Ingénieur écologue
Directeur de la publication
Responsable et fondateur de Conservation-nature.fr

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