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Monographies



Cochevis huppé





Le cochevis huppé (Galerida cristata) est une grosse alouette, de silhouette ronde et trappue. Sa livrée aux teintes terreuses lui offre un bon mimétisme avec son milieu environnant. Le dessus de l'oiseau paraît uniformément gris brun, le dessous du corps est gris blanchâtre, partiellement strié. Une large huppe sur le crâne, tantôt dressée, tantôt rabattue, est caractéristique.


Description de l’espèce

Le Cochevis huppé (Galerida cristata) appartient à la famille des Alaudidés. Le plumage du Cochevis huppé est gris brunâtre. Le dessous et les parties inférieures sont chamois sableux avec de fortes marques au niveau de la poitrine. Il possède une huppe pointue sur le sommet du crane. Le bec est long et pointu, à dessous droit.

Taille : 37-41 cm
Envergure : 68-80 cm
Poids : 280-360 g

Confusions possibles

Le Cochevis huppé peut être confondu avec l’Alouette des champs (Alauda arvensis). Toutefois il en diffère par son corps plus trapu, une queue plus courte, des ailes plus larges, un bec plus long er arqué et par la huppe qui disparait une fois abaissée chez l’Alouette des champs. Les motifs du plumage rappellent également l’alouette mais ils diffèrent nettement par les marques au visage, la moustache épaisse, les côtes de la poitrine plus pâle.
En Afrique du Nord et en France, le Cochevis huppé peut être confondu avec le Cochevis de Thékla (Galerida theklae). Ce dernier est légèrement plus petit que le huppé, avec un bec plus court. Le plumage du Thékla est généralement plus foncé et ses rayures pectorales sont d’ordinaires plus distinctes et un peu plus fines, sur un fond plus pale. Le plumage du Thékla est plus gris, avec le dos plus nettement rayé de sombre.

Biologie

Ecologie


© GB
Cochevis huppé
Le Cochevis huppé est largement répandu dans l’ouest du paléarctique, des zones boréales aux zones tempérées, dans les steppes, les milieux méditerranéens, les semi-déserts arides, les zones désertiques, y compris les oasis. Il préfère les plaines et les faibles altitudes, bien qu’on le retrouve aussi dans les montagnes de l'Atlas au nord-ouest de l'Afrique à 1260 m.
Son habitat typique est un milieu ouvert, sec, souvent chaud et poussiéreux, à plat ou en pente douce, avec de très faible densité de végétation ne couvrant pas plus de 50% du territoire, avec des arbres ou arbustes largement espacés. Il peut également être attiré par les paysages modifiés par l’homme comme les gares de triage, les terrains d'aviation, les alentours des port, les gravières, les décharges ou encore les zones urbaines et industrielles en friche.

Comportement

Le Cochevis huppé est en grande partie migrateur dans le nord de l'ex-Union soviétique, et majoritairement résident ailleurs. Il est apparemment sédentaire en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, où les oiseaux appartiennent beaucoup à des sous-espèces qui adaptent la couleur du plumage à celle de sols locaux.

Reproduction

Le Cochevis huppé niche au sol dans un milieu ouvert, dans un abri dans de petits arbustes ou sur un petit talus. Le nid est une dépression avec une accumulation d’herbes ou d’autres types de végétation. Un nouveau nid est construit à chaque ponte, y compris en cas de ponte de remplacement.
La saison de reproduction s’étale de mars à juillet en France, les cochevis pouvant effectuer deux à trois couvées durant cette période.
La femelle dépose de 3 à 5 œufs, pouvant aller jusqu’à 7 œufs, de couleur blanc cassé ou gris blanc tachetés et finement mouchetés de chamois-brun et de gris. L’incubation assurée uniquement par la femelle, dure de 11 à 13 jours. Les jeunes quittent généralement le nid à 9 jours, mais ils peuvent encore y retourner durant 3 jours. Ils sont nourris par les deux parents.

Régime alimentaire

Il s’alimente de substances végétales (graines feuilles) et d’invertébrés (en particulier les coléoptères). Les invertébrés sont moins consommés durant la période hivernale. La plupart des proies sont prélevées à la surface ou la surface du sol. Ils fouillent au sol en creusant des petits trous de 2 cm de diamètre et 2 cm de profondeur à la recherche de graines et de pousses dans le sol. Sur des plantes de petites tailles (jusqu'à 10-12 cm de haut), il peut prendre directement les graines dessus, ainsi que de jeunes pousses et des invertébrés. La plupart des graines et des fruits sont avalés entiers, mais certaines graisses de céréales et de poacées peuvent être cognées au sol auparavant. La plupart des insectes sont capturés en l’air.

Répartition géographique - Evolution et état des populations

Le Cochevis huppé occupe le Paléarctique au sud des zones boréales ainsi que les régions afro tropicales les zones côtières de la péninsule arabique. Il est largement répandu en Europe et principalement en Espagne, Bulgarie, Italie et Roumanie. En France, cette espèce est présente sur la grande majorité du territoire, mais on la retrouve principalement dans les vallées alluvionnaires et les plaines continentales. Elle est principalement absente dans l’est de la France et en Corse.

La population européenne de l’espèce est estimée entre 3,6 et 7,7 millions de couples. Cet écart témoigne d’un manque de connaissances précises des effectifs de l’espèce dans certains pays de son aire de répartition. Les principaux pays abritant l’espèce sont la Turquie (2 à 4 millions de couples), l’Espagne (400 000 à 1 million de couples), l’Italie (200 000 à 400 000 couples), la Russie (70 000 à 300 000 couples), la Roumanie (220 000 à 310 000 couples), la Hongrie (190 000 à 340 000 couples) et l’Azerbaïdjan (100 000 à 300 000 couples). La France abrite quant à elle entre 10 000 et 40 000 couples.
L’espèce a subi un déclin modéré sur son aire de répartition entre les années 1970 et 1990. Actuellement les effectifs sont en régression dans un grand nombre de pays d’Europe : France, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Danemark, Pologne, Autriche, Serbie, Slovaquie, Suède, Lettonie, Lituanie,… Ils connaissant toutefois des croissances assez importantes en Roumanie et Hongrie
Cette espèce est menacée par la disparition des méthodes traditionnelles de culture et l’utilisation intensive des traitements chimiques dans de nombreuses régions françaises. En région méditerranéenne, il faut ajouter à cela l’arrachage des vignes et le reboisement (naturel ou anthropique) qui ont du contribué à cette régression.

Statut de l’espèce

Convention de Berne (Annexe 3)
Oiseau protégé (Article 1)
Oiseau protégé (Article 5)

Bibliographie

MULLARNEY K., SVENSSON L., ZETTERSTROM D. & GRANT P.J. (2004).- Le guide ornitho. Delachaux et Niestlé. 399 p.

SNOW D.W. & PERRINS C.M. (1998).- The birds of the Western Paleartic. Concise Edition. Oxford University Press. 1832 p.


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Auteur

GB

Ingénieur écologue
Directeur de la publication
Responsable et fondateur de Conservation-nature.fr

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