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Monographies



Chouette effraie





L'effraie des clochers (Tyto alba) est improprement appelée chouette effraie. Sa répartition est ubiquiste, elle habite tous les continents, sauf l'Antarctique et certaines îles. C'est l'espèce de strigiformes la plus répandue au monde. L'effraie des clochers est la seule espèce la famille des tytonidés, vivant en Europe, notamment en France.


Description de l’espèce

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Chouette effraie
La Chouette effraie ou Effraie des clochers (Tyto alba) appartient à la famille des Tytonidae. L’Effraie des clochers est une chouette de taille moyenne, au corps élancé, possédant une face pâle en forme de cœur. Elle possède de longues ailes dont le dessus est brun tacheté de noir et blanc, le dessous est blanc. Les pattes sont longues couvertes de plumes blanches et munies de doigts puissants aux serres bien développées.. La tête est grande, avec des disques faciaux formant un coeur blanc, bordé de brun clair. Les yeux sont noirs. Cette chouette a un vol similaire à celui di Hibou moyen duc, c'est-à-dire lent et souple.

Taille : 33-39 cm
Envergure : 80-95 cm
Poids : 315 g

Confusions possibles

La Chouette effraie peut difficilement être confondue avec une autre espèce.

Biologie

Ecologie


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Couple de chouettes effraies
dans leur cavité
La Chouette effraie niche dans le Paléarctique occidental aux latitudes chaudes et moyennes, où on retrouve un climat océanique ou continental avec des périodes enneigées inférieures à 40 jours par an. La Chouette effraie occupe les milieux ouverts et les milieux de bocage, où on retrouve notamment des haies des étangs, des fossés,… où les proies peuvent être facilement chassés à basse altitude. On la rencontre souvent à proximité des installations humaines : bâtiments, granges, greniers, clochers, moulins à vent, cheminées, entrepôts ... Ces installations lui offrent de l’ombre pour un site dortoir ainsi qu’un site de nidification à l’abri du dérangement, et où les entrées et sorties sont facilitées. On la retrouve plus rarement dans les forêts ou encore dans les milieux rupestres. Ainsi on retrouve également des nids dans les creux des arbres ou encore les cavités naturelles au sol ou dans les falaises.

Comportement

La population de l’ouest du Paléarctique est essentiellement sédentaire, bien que des jeunes oiseaux puissent présenter des comportements d’erratisme. Lors des mouvements d’erratisme, aucune tendance de directions globales n’a été constatée. Toutefois lorsque des longs trajets sont notés (supérieur à 300 km), ils se font selon un axe sud est – ouest. La nidification de l’espèce sur de nombreuses îles a montré que l’espèce pouvait franchir l’eau avec succès.

Reproduction

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Poussin de Chouette effraie
L’Effraie des clochers niche dans des trous dans un arbre ou un bâtiment, en falaise, dans les carrières, dans les affleurements rocheux. Elle peut réutiliser le même nid au cours des couvées successives. Aucune construction proprement dite n’est réalisée, excepté à de rares occasions ou une légère dépression est creusée.
La femelle dépose de 4 à 7 œufs blancs et elliptiques qu’elle va incuber seule durant 30 à 31 jours. Le nombre d’œufs peut varier suivant la quantité de nourriture, les extrêmes constatés étant de 2 à 14 œufs. L’envol des jeunes a lieu après 50 à 55 jours, ils seront indépendants 3 à 5 semaines plus tard. Les jeunes, nidicoles, sont nourris par les deux parents. Le succès de reproduction varie en fonction des ressources alimentaires, il est en moyenne de 65 % en France.

Régime alimentaire

La Chouette effraie se nourrit presque exclusivement de petits rongeurs (souris, campagnol musaraigne, rat), mais aussi de petits oiseaux et quelques grenouilles et crapauds. Sa période de chasse est essentiellement nocturne, mais elle peut commencer une à deux heures avant le coucher de soleil et finir après l’aube. Elle recherche principalement ses proies en vol à une hauteur comprise entre 1,5 et 4,5 m de haut.

Répartition géographique - Evolution et état des populations

L’Effraie des clochers est une espèce ubiquiste qu’on retrouve dans un e grande partie de l’Europe. Elle est toutefois plus abondante dans l’ouest de l’Europe qui abrite les plus fortes populations. L’espèce est commune dans toutes les régions de France à basse altitude, elle ne dépasse généralement pas 800 à 1000 m d’altitude.

La population européenne de l’espèce est estimée entre 110 000 et 220 000 couples. L’Espagne abrite la première population européenne avec environ 50 000 à 90 000 couples, la France abritant la deuxième avec 20 000 à 60 000 couples. D’autres pays abritent plusieurs milliers de couples comme la Belgique (1600 à 2600 couples), la Croatie (500 à 1000 couples), l’Allemagne (11 000 à 17 000 couples), la Grèce (3000 à 6000 couples), la Hongrie (1000 à 1500 couples), l’Italie (6000 à 12 000 couples), les Pays-Bas (1100 à 2000 couples), la Pologne (1000 à 2000 couples), le Portugal (2000 à 6000 couples), la Roumanie (800 à 1200 couples), la Serbie (3200 à 4400 couples), la Suisse (1000 à 1500 couples), la Turquie (800 à 1200 couples) et le Royaume Uni (3000 à 5000 couples).
Cette espèce est en régression dans la plupart des pays européens excepté en Allemagne où la population est stable. Le déclin de l’espèce peut être expliqué par plusieurs facteurs : la raréfaction des sites de nidification (clochers engrillagés, vieilles fermées réaménagées, greniers restaurés,…), la transformation des paysages agricoles et l’augmentation des trafics routiers. La transformation des paysages agricoles (monocultures, remembrements arrachages de haies, ..) modifie les territoires de chasse de la chouette en diminuant de manière conséquente la superficie exploitable. La principale cause de déclin semble être la mortalité due à la circulation automobile

Statut de l’espèce

Convention de Berne (Annexe 2)
Convention de Washington (Annexe 2)
Oiseau protégé (Article 5)
Règlement communautaire CITES (Annexe A)

Bibliographie

MULLARNEY K., SVENSSON L., ZETTERSTROM D. & GRANT P.J. (2004).- Le guide ornitho. Delachaux et Niestlé. 399 p.

SNOW D.W. & PERRINS C.M. (1998).- The birds of the Western Paleartic. Concise Edition. Oxford University Press. 1832 p.


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Auteur

GB

Ingénieur écologue
Directeur de la publication
Responsable et fondateur de Conservation-nature.fr

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