Tadorne de Belon (Tadorna tadorna)




Description de l’espèce


© Gérald Berger
Couple de Tadorne de Belon
avec poussins
La Tadorne de Belon 5Tadorna tadorna) est un oiseau de la famille des Anatidés. C’est le plus grand canard de surface présent en France. La tête et le cou sont vert foncé, la poitrine blanche puis coupée transversalement par un épais bandeau caramel. Le reste du plumage et composé de noir et de blanc en majorité. Les ailes sont longues, pointues et étroites. La queue blanche est maculée de noir à son extrémité. Les pattes sont roses et palmées. Le bec rouge vif comporte un renflement très important à la base chez le mâle. Le plumage de la femelle est plus terne, sa taille plus modeste et absence de caroncule sur le bec. En vol, tous les individus paraissent noirs et blancs. Les jeunes sont plus ternes.

Taille : 59-73 cm
Envergure : 107-115 cm
Poids : 1100-1400 g

Biologie

Ecologie

L’espèce montre une préférence pour les habitats tels que les estuaires, les vasières, les lacs saumâtres et salés. On le rencontre également au niveau des plages de sable et des dunes. Lors de la période de reproduction, il retourne légèrement à l’intérieur des terres vers les marais salants ou doux avec une végétation importante.

Comportement

La particularité de cette espèce, c'est qu'au cours du mois de juillet elle effectue une migration de mue qui regroupe des adultes nicheurs et des non-reproducteurs. La plupart des populations de Tadorne de Belon sont migratrices, bien que les populations européennes soient en grande partie sédentaires. L’espèce hiverne au sud de l'Europe, en Asie mineure ainsi qu'en Afrique du nord. Les populations asiatiques hivernent à proximité de leur site de nidification. Les individus non reproducteurs et migrateurs se rassemblent dans de grands groupes d’individus pouvant être composés de plus de 100 000 oiseaux.

Reproduction

La saison de reproduction commence en hiver avec l’appariement des couples sur les lieux d’hivernage, elle se poursuit ensuite au printemps lors de la ponte des œufs.
La femelle construit un nid rudimentaire très souvent dans une cavité tels que terriers de lapin ou ragondin, dans des anfractuosités au niveau des falaises, des enrochements de bord de côte, dans un arbre creux, sous les buissons…

La femelle pond de 8 à 15 œufs de couleur crème, qu’elle va incuber seule pendant 28 à 30 jours. Le mâle monte la garde.

Les jeunes, nidifuges, suivent leurs parents quelques heures après la naissance. Ils sont élevés par les deux parents. Plusieurs couvées peuvent se rassembler et former des nurseries. Les jeunes prennent leur envol au bout de 60 jours environ.

Régime alimentaire

Le régime alimentaire du Tadorne de Belon est composé essentiellement de mollusques d’eau salée ainsi que d’autres invertébrés aquatiques, de petits poissons et de matériaux aquatiques (algues, graines de céréales).
Le Tadorne de Belon se nourrit en surface en marchant dans la vase et balançant son bec latéralement. Il s'alimente également sur l'eau en utilisant différentes techniques : sur pied dans les flaques et en eau peu profonde, à la nage ou en basculant la queue en l'air en eau profonde. Les poussins peuvent également s'alimenter en plongée, comportement trop coûteux en énergie pour les adultes.

Répartition géographique - Evolution et état des populations

Le Tadorne de Belon est présent de la Scandinavie et des îles Britanniques jusqu'à la Tunisie à l'ouest et de la Roumanie jusqu'à la Chine à l'est. En France, on le rencontre en Picardie, en Normandie, en Bretagne mais aussi en Aquitaine et en Camargue.

La population mondiale de l’espèce est estimée entre 580 000 et 710 000 individus dont 42 000 à 65 000 couples en Europe. Les principales populations européennes sont retrouvées en Belgique (2100 à 2800 couples), au Danemark (2000 à 3000 couples), France (2500 à 3500 couples), Allemagne (5400 à 6300 couples), Pays Bas (5000 à 8000 couples), Norvège (2500 à 5000 couples), Russie (7500 à 11 000 couples), Suède (6000 à 8000 couples) et Royaume-Uni (5 800 à 10 800 couples).

L'espèce est menacée par la perte des habitats et par la prédation par le Vison d’Amérique (Neovison vison) sur les îles. Il est également sensible à la grippe aviaire. Le tadorne de Belon était un oiseau assez rare dans les années 60. Depuis les années 80, sa population est en augmentation du fait des multiples aménagements mis en place pour la préservation des milieux et du changement de son statut d’espèce chassable à espèce protégée.

Statut de l’espèce

Convention de Berne (Annexe 2)
Convention de Bonn (Annexe 2)
Oiseau protégé (Article 1)

Bibliographie

MULLARNEY K., SVENSSON L., ZETTERSTROM D. & GRANT P.J. (2004).-Le guide ornitho. Delachaux et Niestlé. 399 p.

SNOW D.W. & PERRINS C.M. (1998).- The birds of the WesternPaleartic. Concise Edition. Oxford University Press. 1832 p.

GB


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