Tadorne casarca (Tadorna ferruginea)




Description de l’espèce

Le Tadorne casarca (Tadorna ferruginea) est un oiseau de la famille des Anatidés. Le corps est de couleur brun orangé avec la tête plus claire de couleur cannelle claire ou blanc beigeâtre. Le croupion et les rémiges sont noirs avec partiellement des reflets de vert. Le mâle a un anneau noir au niveau du cou qu’il perd en plumage internuptial. De plus, la couleur brun orangé est plus foncée au niveau du manteau et de la poitrine. La femelle ne possède pas d’anneau au cou, et la masque est généralement plus nettement blanc.

Taille : 61-67 cm
Envergure : 121-145 cm
Poids : 1,2 à 1,5 kg

Biologie

Ecologie

En période de reproduction, le Tadorne casarca fréquente les rives des rivières et des lacs d’eau douce, salée ou saumâtre, les plateaux des hautes terres et les régions montagneuses (atteignant jusqu’à 5000m dans l’Himalaya). Il est toutefois moins dépendant de ces grandes masses d’eau pour les zones de repos et d’alimentation que les autres anatidés.
En période internuptiale, l’espèce préfère les ruisseaux, les rivières lentes, les étendues d’eau douce, les prairies inondées, les marais et les lacs salés ou saumâtres ou encore sur les réservoirs artificiels à proximité des terres agricoles.
Il évite les eaux côtières, la végétation dense ou émergente, les plantes aquatiques flottantes.

Comportement


© Gérald Berger
Tadorne casarca posé sur un
rocher
Le Tadorne casarca est grégaire, excepté lors de la nidification. En dehors de la saison de reproduction, on les retrouve en famille ou en groupes, parfois de plusieurs milliers d’individus. Lorsque les trois de nidification sont proches les uns des autres, l’espèce est légèrement grégaire. Dans tous les cas, l’espèce est fortement territoriale, mais elle défend uniquement son site.
C'est un oiseau migrateur qui passera les périodes hivernales dans les pays plus chauds - au nord de l'Afrique par exemple - mais s'il trouve suffisamment d'endroits où se réfugier en cas de baisse importante de la température, il pourra tout aussi bien rester sur son lieu de prédilection. Les populations asiatiques sont essentiellement migratrices, ils se déplacent vers le sud sur un large front afin de passer l’hiver vers des latitudes et altitudes plus faibles, en Inde et sur le sud-est de l’Asie. D’autres populations sont essentiellement sédentaires, des mouvements locaux sont toutefois présents liés notamment à la disponibilité en eau (abandon des zones touchées par la sécheresse ou des zones humides temporaires).

Reproduction

La saison de reproduction commence à partir de la mi-mars en Afrique du Nord, fin avril en Irak.
Le site de reproduction est un trou dans le sable ou l’argile qu’il soit naturel ou creusé par un autre animal, dans un batiment abandonné ou un hangar d’une ferme, dans un arbre creux jusqu’à 10 m au dessus du sol, dans les fissures des rochers ou d’une falaise. Le nid est une simple dépression qui peut être bordée parfois d’herbes. Le nid est construit par la femelle.
La femelle pond huit à neuf œufs (pouvant allant de six à douze œufs) ovales de couleur blanche. La femelle doit pouvoir effectuer une ponte de remplacement mais aucune donné ne le confirme actuellement. L’incubation dure 28 à 29 jours et est assuré uniquement par la femelle. Les jeunes, nidifuges, sont nourris par les deux parents. L’envol a lieu après 55 jours.
L’âge de la première reproduction est de deux ans.

Régime alimentaire

Le Tadorne casarca est omnivore mais le matériel végétal est probablement dominant. Les proportions varient en fonction de la localité et de la saison. Le matériel végétal est notamment des pouces vertes, des graines de végétation terrestre, des graines de céréales telles que le millet le blé. Le tadorne consomme également des crevettes, des insectes aquatiques et terrestres (tels que les criquets), des mollusques aquatiques, des petits poissons, des amphibiens (comme les grenouilles) et des vers.

Répartition géographique - Evolution et état des populations

L’aire de répartition principale est située en Asie, on trouve aussi des effectifs sur les hauts plateaux éthiopiens et en Afrique du Nord. En Europe, la limite naturelle de l’aire de répartition va de la Turquie à l’Ukraine; en Europe, la Grèce marque le point le plus occidental des sites de nidification.

Les effectifs européens de l’espèce sont estimés entre 19000 et 33000 couples dont 8500 à 16000 couples en Russie et 10000 à 15000 couples en Turquie. Au niveau mondial, les effectifs sont estimés entre 170 000 et 220 000 individus.
La population européenne de l’espèce est relativement petite (moins de 33 000 couples) et a subi un large déclin au cours des dernières années. Elle a subi un large déclin (plus de 30 %) en Turquie. Ceci a conduit Birdlife International a évalué cette espèce comme vulnérable.

La chasse représente une menace pour l’espèce, surtout dans le sud-est de l’Europe, bien que l’espèce soit protégée dans certains pays comme dans une grande partie de l’Asie centrale. Les populations occidentales sont également menacés par la perte et la dégradation des zones humides par le biais de l’irrigation des zones humides (conduit à une diminution de l’approvisionnement en eau pour les zones humides saisonnières), le drainage des marais et des lacs, l’extraction du sel. Elle est également menacée par le développement urbain, la pollution, l’introduction de poissons exotiques.

Statut de l’espèce

Convention de Berne (Annexe 2)
Convention de Bonn (Accord AEWA)
Convention de Bonn (Annexe 2)
Directive Oiseaux (Annexe 1)
Oiseau protégé (Article 4)
Oiseau protégé (Article 5)

Bibliographie

MULLARNEY K., SVENSSON L., ZETTERSTROM D. & GRANT P.J. (2004).- Le guide ornitho. Delachaux et Niestlé. 399 p.

SNOW D.W. & PERRINS C.M. (1998).- The birds of the Western Paleartic. Concise Edition. Oxford University Press. 1832 p.


GB


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