Crave à bec rouge (Pyrrhocorax pyrrhocorax)




Description de l’espèce

Le Crave à bec rouge (Pyrrhocorax pyrrhocorax) appartient à la famille des Corvidés. Il possède un plumage noir à reflets métalliques. Ses ailes sont assez longues et de largeur informe jusqu’au corps le bout des ailes est obtus et profondément digité. La queue est assez courte, à bout droit. Les pattes sont rouges. Le bec est rouge et arqué. Il n’y a pas de dimorphisme sexuel. Le juvénile a le bec jaune orangé terne, un peu plus court que l’adulte. Le plumage est noir, plus terne. Et les pattes souvent rouges plus ternes.

Taille : 37-41 cm
Envergure : 68-80 cm
Poids : 280-360 g

Confusions possibles

Le jeune crave à bec rouge peut être confondu avec le chocard à bec jaune adulte. Il en diffère par une queue plus courte à bout droit (arrondi chez le chocard).

Biologie

Ecologie


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Crave à bec rouge
On retrouve les craves du niveau de la mer jusqu’à 2000 m d’altitude sur les sites rocheux riches en anfractuosités inaccessibles indispensables pour la nidification et le repos diurne. Il peut être retrouvé jusqu’à 2500 m d’altitude dans le Haut-Atlas marocain ou encore jusqu’à 3600 m dans le sud de l’ex union soviétique. Il fréquente ainsi les falaises de montagne ou du littoral, les avens des plateaux karstiques, les bâtiments en ruines. Les sites de nidification doivent être situés à proximité des sites d’alimentation. Ces derniers sont généralement des milieux herbacés d’une hauteur inférieur à 4 cm, des pelouses et landes rases côtières ou d’altitudes, des chaumes, des luzernes, des prairies et cultures en début de végétation ou encore des milieux à couvert végétal peu dense (steppes, pelouses sèches, vires et affleurements rocheux).

Comportement

Le Crave à bec rouge est une espèce grégaire. Ils se regroupent la nuit pour former des colonies dortoirs. Le comportement grégaire est aussi présent en période de recherche de nourriture. Des rassemblements de plusieurs dizaines à plusieurs centaines d’individus sont observés en hiver dans les vallées et bassins périphériques aux massifs montagneux, ainsi que dans les collines et montagnes du littoral provençal, où l’espèce hiverne de façon très régulière.

Reproduction

Le début de la saison de reproduction du crave est variable suivant la localisation géographique. Ainsi elle commence au début du mois d’avril en Grande-Bretagne et Irlande, dans les Alpes elle débute du début à la mi-avril à 1400 m, de la mi-avril à la mi-mai à 2300 m, et enfin dans le sud de la France au début du moi mai. Le nid est construit dans une crevasse dans la falaise, dans un puits, ou parfois dans un bâtiment. Le nid consiste en une structure volumineuse et désordonnée de brindilles sèches, de racines, de mousse, et de tiges de plantes. La base est souvent composée uniquement de tiges de bruyère, parfois lié avec de la boue, et bordées avec de la laine épaisse et parfois d'autres poils d'animaux.
La femelle pond de 3 à 5 œufs (extrêmes de 1 à 6 œufs) elliptiques, lisses et brillants, teintés verts, crèmes ou chamois pâle, marqués de petites taches. L’incubation dure de 17 à 18 jours. Les jeunes s’envolent après 31 à 41 jours. La productivité moyenne constatée se situe entre 1,82 et 2,7 jeunes par couple suivant lres localisations géographiques.

Régime alimentaire

Le Crave à bec rouge s’alimente d’insectes et autres invertébrés, de graines et baies en hiver. Les proies sont souvent concentrées entre la végétation et les affleurements rocheux, entre les pierres et la terre, à la base des arbustes et des touffes d’herbes. Il peut renverser les pierres pour chercher des proies. Le crave recherche également des bouches séchées de vaches ou de bris pour trouver des invertébrés et des fragments de grains à proximité. Dans l’Ouest du Paléarctique les proies suivantes ont été notées : sauterelles, perce-oreilles, hémiptères, adultes et larves de lépidoptères, adultes et larves de diptères, adultes et larves d’hyménoptères, adultes et des larves de coléoptères, des araignées, des opiliones, des scorpions, des cloportes, des mille-pattes, des centipèdes, de petits mollusques, des vers de terre, des lézards, des musaraignes et des souris. Et comme charognes des chamois, des lapins et des moutons. Le matériel végétal est composé principalement de fruits et semences, de Juniperus, Sorbus, Pyrus, diverses espèces de Prunus, Crataegus, Rosa, Ilex, Ficus, Olea, Hippophae, Vitis, Citrus, Vaccinium et de graminées, y compris des céréales.

Répartition géographique - Evolution et état des populations

Le Crave à bec rouge présente une distribution très discontinue de l’Europe occidentale à l’Asie centrale, à laquelle s’ajoutent quelques populations aux Canaries, au Maroc et en Ethiopie. Il est réparti sur la moitié sud occidentale et méditerranéenne de l’Europe, de l’Irlande à la Turquie. La Turquie, l’Espagne, la Grèce et la France abritent les trois quarts de l’effectif européen En France, hormis le reliquat d’une petite population en Bretagne, le reste des effectifs nichent dans les massifs montagneux du sud du pays (Pyrénées, Massif Central et Alpes).

La population européenne de l’espèce est estimée entre 43 000 et 110 000 couples. Les principaux pays abritant l’espèce sont la Turquie (10 000 à 30 000 couples), la Russie (15 000 à 25 000 couples), l’Espagne (10 000 à 20 000 couples), l’Azerbaïdjan (2000 à 20 000 couples), la Grèce (1100 à 1800 couples), la France (1000 à 2000 couples), l’Italie (1500 à 2000 couples) et l’Arménie (1000 à 1500 couples).
La population européenne de l’espèce est relativement petite et a subi un large déclin au cours des années 1970 – 1980. Bien qu’une partie de la population (est de l’Europe) soit stable depuis, la population continue de baisser en Espagne, au Portugal, en France et en Turquie (pays abritant le plus gros des effectifs). La réduction des effectifs et de la distribution du crave dans de nombreux pays européens résulteraient de la réduction voire de la disparition des types de végétation que recherche le crave pour s’alimenter. Les causes sont variables : intensification de la valorisation des sols, fertilisation, irrigation, reboisement, modification des alpages, steppes, pelouses et parcours liés au déclin des modes d’élevages traditionnels. Enfin l’impact des activités de pleine nature (escalade, visiteurs) et du dérangement qui y est associé est également à considérer (création d’infrastructures, érosions, aménagement divers). Ces activités peuvent menacer certains noyaux de population sur les sites de reproduction parfois très localisés et de superficie limitée.

Statut de l’espèce

Convention de Berne (Annexe 2)
Directive Oiseaux (Annexe 1)
Oiseau protégé (Article 1)
Oiseau protégé (Article 5)

Bibliographie

MULLARNEY K., SVENSSON L., ZETTERSTROM D. & GRANT P.J. (2004).- Le guide ornitho. Delachaux et Niestlé. 399 p.

SNOW D.W. & PERRINS C.M. (1998).- The birds of the Western Paleartic. Concise Edition. Oxford University Press. 1832 p.


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