Grèbe huppé (Podiceps cristatus)




Description de l’espèce


© Gérald Berger
Grèbe huppé
Le Grèbe huppé (Podiceps cristatus) est un oiseau aquatique de la famille des Podicipédidés. C’est le plus grand et le plus répandu des grèbes en Europe. Il possède un corps allongé et un long cou mince qu’il tient soit dressé soit abaissé, la tête reposant sur le milieu du dos. Le dos est sombre et les flancs présentent des reflets roux. La poitrine, la gorge, la face et le ventre sont blancs en toute saison, ce qui le distingue du Grèbe jougris. Au printemps, lors de la saison de nidification, les oiseaux des deux sexes sont ornés de touffes de plumes roux orangé à pointes noires sur le côté de la tête, et la calotte de plumes noires s'est développée en une double huppe.Le bec est long et mince, de couleur chair. Les pattes sont de couleurs noires. Il n'y a pas de dimorphisme sexuel chez cette espèce.

Taille : 46 - 56 cm
Envergure : 75 - 90 cm
Poids : 700 - 1200 g

Biologie

Ecologie

L’espèce se reproduit dans les milieux d’eau douce ou saumâtre bordé d’une végétation abondante. Elle montre une préférence pour les milieux trophiques d’eau douce avec des eaux stagnantes et un fond boueux ou sableux, généralement d’une profondeur de 0,5 à 5 m avec de grandes zones d’eau libre. Le Grèbe huppé fréquente ainsi les lacs, les étangs, les marais, les réservoirs artificiels et plus rarement les rivières. L'espèce hiverne sur les grandes zones d’eau telles que les lacs, les zones côtières, les estuaires, les deltas, les marais….

Comportement

La plupart des effectifs de cette espèce sont migrateurs, bien que certaines populations ne se déplacent que localement. Les populations du nord ou à l'est de son aire de répartition, où le gel fige les plans d'eau, sont migratrices. Elles vont passer l'hiver plus au sud ou à l'ouest, dans des régions plus proches de l'océan Atlantique ou de la mer Méditerranée. Le vol se fait de nuit. Les départs d'automne se font à date variable, selon le climat de la région et les conditions météorologiques ; les retours de printemps ont lieu vers mars ou avril. Lors de la phase de dispersion l’espèce peut se regrouper par centaines voire milliers d’individus (parfois plus de 10 000 individus).

Reproduction

La nidification peut commencer dès le mois de janvier si les conditions météorologiques ne sont pas trop rudes, mais elle a généralement lieu entre avril et juillet.
Le nid est généralement une plate-forme de plantes aquatiques flottantes et ancrée à la végétation émergente (algues, roseaux). Les nid est assez peu profond.
La femelle pond généralement 3 à 5 œufs de couleur blanche. L’incubation est assurée par les deux parents et dure 27 à 29 jours. Les poussins sont nidifuges et sont nourris par les deux parents. Ils deviennent indépendant à l’âge de 71 à 79 jours.

Régime alimentaire

Le régime alimentaire du Grèbe huppé se compose essentiellement de poissons de grande taille, ainsi que d’insectes, de crustacés (écrevisses, crevettes…), de mollusques et parfois des larves et adultes d’amphibiens. La consommation d’invertébrés est plus importante pendant la saison de reproduction.

Répartition géographique - Evolution et état des populations

En Europe, le Grèbe huppé est présent partout sauf dans le nord de la Scandinavie. Il vit aussi en Australie, en Nouvelle-Zélande, et en Afrique équatoriale, de l'est et du sud. Il se reproduit également en Turquie et hiverne sur place, dans l'est de la Méditerranée et en Egypte sur les lacs du delta du Nil et sur le Lac Karoun.

La population mondiale de l’espèce est estimée entre 900 000 et 1,4 millions de couples. La population nicheuse européenne est estimée entre 300 000 et 450 000 couples. Les principales populations de l’espèce sont retrouvées en Finlande (25 000 à 35 000 couples), en France (6000 à 10 000 couples), en Allemagne (16 000 à 26 000 couples), en Lituanie (15 000 à 20 000 couples), aux Pays-Bas (13 000 à 16 000 couples), en Pologne (15 000 à 25 000 couples), en Roumanie (20 000 à 30 000 couples), en Russie (90 000 à 150 000 couples), en Suède (15 000 à 25 000 couples) et en Ukraine (14500 à 16700 couples).

L’espèce a subi de fortes baisses de ses effectifs suite à la chasse pour ses plumes (utilisés comme ornement de chapeau) et pour l’alimentation en Nouvelle-Zélande. Cette dernière menace bien que diminuée continue de limiter la population en sus de menaces comme la faible disponibilité en nourriture, la modification des lacs pour les activités de loisirs, le développement des activités hydroélectriques et les espèces exotiques (belettes, chats, rats). L’espèce est également noyée accidentellement dans les filets de pêche. A l’avenir, l’espèce peut également être menacée par la pollution ou par des maladies telle que la grippe aviaire.

Statut de l’espèce

Convention de Berne : Annexe III
Convention de Bonn : Accord AEWA [1999]
Oiseaux protégés : Article 1
Oiseaux protégés : Article 5

Bibliographie

Anderson, D. 1993. Sula dactylatra - Masked Booby. The Birds of North America, No. 73, 1993: 1-16.

SNOW D.W. & PERRINS C.M. (1998).- The birds of the Western Paleartic. Concise Edition. Oxford University Press. 1832 p.

GB


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