Phyllodactyle d'Europe (Phyllodactylus europaeus)




Description de l’espèce


© Gérald Berger
Phyllodactyle d'Europe
Le Phyllodactyle d’Europe (Euleptes europaea) est un reptile de la famille des geckonidae. C’est un lézard trapu à corps aplati et à peau lisse, pouvant changer de couleur (clair la nuit, sombre le jour), et aux paupières toujours fermées et transparentes.
Le dos est gris-brun, bleuâtre marbré de taches claires et sombres, couvert de petits granules lisses, sans tubercules agrandis ; face ventrale blanchâtre. On retrouve une barre noire sur les côtés de la tête, traversant l’oeil à pupille verticale. Les doigts sont munis de lamelles adhésives dont seule l’extrémité est élargie, comme en forme de feuille. Tous les doigts sont pourvus d’une griffe. La queue est courte, épaisse, préhensile.
Les femelles sont généralement de plus grande taille, la queue de forme plus évasée.

Taille : maximum 8 cm.
Poids : 1,5 g pour les mâles adultes, 2 g pour une femelle.

Biologie

Ecologie

On retrouve cette espèce principalement à proximité du littoral. On la retrouve ainsi dans les milieux ouverts et rocheux, exposés au soleil et à l’abri du vent.
On le trouve également au niveau des murs de pierre, sous les pierres et beaucoup plus rarement sous l’écorce des arbres morts et sous des souches dans les zones de broussailles dégradées. Il occupe parfois également les habitations humaines peu fréquentées.
Comportement

C’est un animal grégaire, il existe des rassemblements de 30 à 40 individus par mètre carré.
L’hibernation de l’espèce varie selon les conditions climatiques, elle s’étale de début novembre à début mars.
L’activité est en partie conditionnée par les variations de température du milieu, mais grâce à sa petite taille, à ses adaptations pigmentaires et au substrat rocheux qu’il affectionne, le Phyllodactyle d’Europe régule sa température interne en la maintenant à un niveau relativement constant. L’activité est donc strictement nocturne et les premières sorties ont lieu plus de deux heures après le coucher du soleil.

Reproduction

Le Phyllodactyle est un lézard ovipare.
La maturité sexuelle est atteinte à deux ou trois ans.
La reproduction a lieu au printemps, de mi-mars à mi-mai.
La femelle effectue deux à trois pontes par an, qu’elle placera dans les fissures, les pierriers ou sous les souches. Une ponte est composée de deux œufs, soit maximum six œufs par an. Les œufs d’un diamètre voisin de 1 cm sont globuleux, à coquille calcaire mince et fragile.
L’incubation semble durer de 65 à 85 jours à température ambiante, cette durée pouvant dépasser les 110 jours à basse température. À l’éclosion (fin juillet-début octobre), qui peut durer plusieurs heures, le jeune mesure environ 3 cm.

Régime alimentaire

Le régime alimentaire de l’espèce est très varié. Il se compose notamment de petits invertébrés nocturnes comme de petits insectes (mouches, papillons nocturnes, coléoptères), de collemboles, d’araignées et de jeunes scorpions.
L’activité alimentaire s’étendant la nuit dans un rayon de quelques mètres autour de l’abri.

Répartition géographique

L’espèce est principalement présente sur les îles et îlots de la Méditerranée occidentale (Provence, Ligurie, Toscane, Corse, Sardaigne, Tunisie). Elle peuple aussi quelques régions continentales côtières : le littoral toscan sur une centaine de kilomètres et les isolats relictuels de Ligurie (hauteurs de Gênes) et des Alpes-Maritimes.
En France, l’espèce est fortement présente sur les îles du Golfe de Marseille, de La Ciotat-Bandol (Bouches-du-Rhône et Var) ; les îles d’Hyères orientales : Port-Cros et îlots, île du Levant (Var) ; sa présence est à confirmer sur l’île d’Or (côte du massif de l’Esterel, Alpes-Maritimes). En Corse, c’est une espèce commune peuplant toutes les régions rocheuses littorales, la quasi totalité des îlots satellites (près de 70 recensés) et de nombreuses régions de l’intérieur (y compris en moyenne montagne).

Menaces

En Corse, Euleptes europaea est localement menacé par l’urbanisation et les feux de maquis. Les incendies répétés et intenses affectent les populations, moins pour la mortalité directe qu’ils entraînent, que par l’action de la chaleur sur certains microhabitats rocheux (éclatement des croûtes de granite) qui stérilise le milieu pour de longues périodes.
À Port-Cros, l’abandon des cultures en restanques et l’installation progressive d’un couvert forestier dense risquent de provoquer une régression de l’habitat. L’impact des exploitations de roches (passé et actuel) n’est pas connu.

Statut de l’espèce

Directive Habitats-Faune-Flore : Annexe II
Directive Habitats-Faune-Flore : Annexe IV
Convention de Berne : Annexe II
Amphibiens et Reptiles protégés : Article 2

Bibliographie

Cahier habitat Natura 2000

S. Danflous, P. Geniez, N. Arnold & D. Ovenden (2004).Le guide herpéto : 199 amphibiens et reptiles d'Europe. Editions Delachaux et Niestlé. 288 p.


GB


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