Phoque veau-marin (Phoca vitulina)




Description de l’espèce


© Gérald Berger
Phoque veau-marin
Le Phoque veau-marin (Phoca vitulina) est un mammifère marin de la famille des Phocidae. C’est un phoque de taille moyenne à l’allure générale très ronde. Ce phoque a un pelage de coloration très variable suivant les individus du gris clair au brun foncé ou au noir, plus ou moins tacheté de formes foncées et de répartitions irrégulières. La face ventrale est généralement plus claire. Ce phoque a une petite tête de forme arrondie, au museau court. Il y a un net décrochement entre le front et le museau. Les taches de la tête caractérisent chaque individu et peuvent permettre une reconnaissance individuelle.

Taille : 1,6 m (mâle), 1,3 m (femelle)
Poids : 110 kg (mâle), 90 kg (femelle)

Biologie

Ecologie

Le Phoque veau-marin fréquente les côtes sableuses mais il peut aussi utiliser les côtes rocheuses basses. Cette espèce est plutôt côtière, et affectionne les plages, les baies abritées et les larges estuaires offrant des bancs de sables se découvrant à marée basse. On peut le retrouver en eau douce lorsqu’il pèche, remontant les fleuves jusqu’à 200 km de la mer.

Comportement

L’espèce est grégaire en dehors de l’eau et peut se reposer en groupes de plusieurs centaines d’individus. Il semble qu’il n’y ait pas d’organisation sociale hiérarchisée.
Le Phoque veau-marin est un animal plutôt sédentaire, bien que d’importantes variations d’effectifs puissent être constatées lors des dénombrements sur les reposoirs. Après le sevrage, les jeunes peuvent se disperser sur de longues distances.

Reproduction

La saison de reproduction varie suivant les populations et suivant les régions, elle a lieu au mois de septembre après la mue pour les populations de l’est de l’Atlantique.
Les mâles sont polygames, c'est-à-dire qu’ils vont s’accoupler avec plusieurs femelles. La période de gestation dure environ 10 à 11 mois, avec une implantation différée de deux à trois mois après l’accouplement. Il n’y a la plupart du temps qu’un seul petit pesant entre 9 et 13 kg, mais exceptionnellement il peut y avoir deux jeunes. Les mises à bas ont généralement lieu entre mi-juin et mi-août, sur des bancs de sable découverts par les flots. L’allaitement dure de 4 à 6 semaines. La femelle s’occupe seule de l’élevage et des soins du petit jusqu’à la fin de l’allaitement où la femelle abandonne les jeunes.

Régime alimentaire

Ce phoque est principalement piscivore, il se nourrit d’une grande variété de poissons. Il consomme quotidiennement environ 2 kg de poisson (hareng, bar, anchois, merlan, morue de l'Atlantique, plie, sole, saumon, cabillaud). Aucune espèce ne semble particulièrement recherchée, le choix semblant surtout lié à l’abondance locale ou saisonnière des proies. Il peut consommer également des crustacés (crevettes…), des céphalopodes (calmars…) ou des mollusques (jusqu’à environ 4 kg/jour quand les proies sont abondantes, pour les gros individus). Les jeunes se nourrissent essentiellement de crevettes et de crabes, mais le régime alimentaire se diversifie rapidement.

Répartition géographique - Evolution et état des populations

Ce phoque est présent dans les eaux littorales, exclusivement froides et tempérées, des océans de l’hémisphère nord (Atlantique et Pacifique). L’espèce est souvent divisée en quatre sous-espèces principales davantage fondées sur une distinction géographique que morphologique. Phoca vitulina vitulina fréquente l’Atlantique Est, la mer du Nord et la Baltique, de l’Islande à la France en passant par les Pays-Bas, l’Allemagne, le Danemark, la Grande-Bretagne et la Scandinavie. La limite sud de l’aire de reproduction de l’espèce se situe sur les côtes françaises de la Manche (baie de Somme, baie des Veys et baie du Mont Saint-Michel), des individus erratiques pouvant être observés jusque sur les côtes portugaises.
Les autres sous-espèces se rencontrent dans l’Atlantique Ouest (Phoca vitulina concolor), dans le Pacifique Est (Phoca vitulina richardsi) et le Pacifique Ouest (Phoca vitulina stejnegeri).

Le Phoque veau-marin ne semble pas menacé au niveau mondial. La population mondiale de l’espèce est actuellement estimée à plus de 600 000 individus, la population du Pacifique oriental comptant à elle seule environ 400 000 individus. Avec 4 000 à 5 000 individus, la population du Pacifique Ouest est marginale et les populations ouest et est Atlantique comptent chacune environ 100 000 individus.
La colonie la plus importante en France se rencontre en baie de Somme. Cette colonie comptait plusieurs centaines d’individus qui se reproduisaient régulièrement sur les bancs de sable de la baie au début du 19ème siècle. La chasse intensive et la modification des chenaux au bord desquels les animaux avaient leurs reposoirs ont conduit à l’arrêt de toute reproduction à partir de 1930 et à la disparition des derniers animaux en 1960. À partir de 1992, une reprise d’une reproduction régulière a été constatée. Elle compte actuellement environ 50-60 individus sous l’effet d’apports d’individus provenant de la mer du Nord.
La reproduction de l’espèce a également été mise en évidence en baie des Veys en 1991 puis en baie du Mont Saint-Michel en 1997. Actuellement, la colonie de la baie des Veys est forte d’une trentaine d’individus et des naissances sont régulièrement constatées. Le groupe de la baie du Mont Saint-Michel compte près d’une quinzaine d’individus.

Les populations européennes tempérées de l’espèce ont été décimées en 1988 par une épizootie à Morbillivirus qui a causée une mortalité massive (un tiers de la population européenne) mais qui a été compensée en moins d’une dizaine d’années. Plusieurs menaces liées à la densité des populations humaines en Europe affectent également cette espèce. La pollution (hydrocarbures, PCB, métaux lourds) semble une menace plus sérieuse dans la Manche orientale. Des destructions volontaires sont encore à déplorer comme en baie de Somme en 1992 où, malgré la protection du site et de l’espèce, un Phoque veau-marin a été tué à coup de fusil. Enfin, le dérangement causé par le tourisme est une menace à prendre en compte.

Statut

Directive Habitats-Faune-Flore : Annexe II
Directive Habitats-Faune-Flore : Annexe V
Convention de Berne : Annexe III
Convention de Bonn : Annexe II
Vertébrés menacés d'extinction :
Mammifères marins protégés : Article 1

Bibliographie

MNHN ( ?). Cahier habitat Natura 2000. Espèces animales, Tome 7. 352 p

GB


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