Grand Cormoran (Phalacrocorax carbo)




Description de l’espèce


© Gérald Berger
Grand Cormoran
Le Grand Cormoran (Phalacrocorax carbo) est un oiseau de la famille des Phalacrocoridae. C’est un cormoran de grande taille au long cou épais, à la tête allongée et anguleuse, et au bec puissant. Le plumage est noir avec des reflets métalliques bleutés et un peu verts. Il possède des taches blanches plus ou moins étendues sur les joues et au sommet de chaque cuisse en période de reproduction. Le bec de ce cormoran est de couleur blanc-crême ou gris clair ; il comporte une large tache jaune à la commissure des lèvres ce qui le distingue, outre sa plus grande corpulence, des autres espèces. Les yeux sont verts et les pattes palmées sont noires. Il n’y a pas de dimorphisme sexuel chez cette espèce.

Taille : 84 - 98 cm
Envergure : 130 - 160 cm
Poids : 2000 - 3700 g

Biologie

Ecologie

Le Grand Cormoran fréquente les eaux côtières et intérieures. En milieu marin, on le retrouve dans les zones côtières à l’abri, dans les estuaires, les salins, les lagunes côtières, les mangroves, les deltas et les baies côtières ; exigeant des côtes rocheuses, des falaises et des îlots pour la nidification. Il évite généralement les eaux profondes. Il fréquente également les eaux douces, saumâtres ou salées des zones humides intérieures comme les lacs, les réservoirs, les larges rivières, les eaux profondes des marais, les marécages, nécessitant des arbres, arbustes et roselières pour la nidification.

Comportement

Cette espèce peut être sédentaire, partiellement migratrice ou migratrice selon les populations considérées. Seules les populations les plus septentrionales migrent ; toutes les autres sont sédentaires ou se dispersent en dehors de la saison de reproduction. Les populations migratrices réalisent des mouvements migratoires variables : par exemple, les individus de la sous-espèce Phalacrocorax carbo sinensis vivant en Europe centrale migrent vers la Méditerranée jusqu'au Golfe Persique. Les Phalacrocorax carbo carbo européens ne font guère que se disperser en hiver, gagnant souvent la côte alors que les populations américaines de cette même sous-espèce (Canada, Groenland, Maine aux Etats-Unis) migrent vers le sud.

Reproduction

La saison de nidification varie selon la localisation géographique : elle peut avoir lieu à n'importe quel moment de l'année, ou coïncider avec la saison des pluies (régions tropicales), ou culminer lors du printemps/début de l'été (d'avril à juin dans l'hémisphère Nord).
Le nid est variable, d’une dépression au sol à une plateforme de branches, de roseaux et d’algues. L’espèce niche sur les îles côtières, les falaises, les rochers et parfois sur des structures artificielles. L’espèce niche généralement en colonies mixtes, et réutilise souvent les sites des années précédentes.
La femelle pond en moyenne 3 ou 4 œufs de couleur blanche, teintée de bleu-vert. L’incubation dure de 28 à 31 jours et est assurée par les deux parents. Il en est de même pour le nourrissage des jeunes. Les jeunes quittent le nid 48 à 52 jours après l’éclosion mais restent dépendant des parents encore pendant plusieurs semaines.

Régime alimentaire

Le régime alimentaire est composé principalement de poissons, mais aussi de crustacés, amphibiens, mollusques et de nichées d’oiseaux. En mer, l’espèce se nourrit principalement de poissons benthiques.

Répartition géographique - Evolution et état des populations

L'espèce a une aire de distribution très large. On la retrouve en Europe, Asie, Océanie, Afrique, et une frange est de l'Amérique du Nord. L'aire de nidification concerne maintenant 27 pays au lieu d'une vingtaine dans les années 1970, et le nombre de couples reproducteurs y a partout augmenté, sauf en Hongrie.
La population mondiale de l’espèce est estimée entre 1,4 et 2,9 millions d’individus. La population nicheuse européenne est comprise entre 310 000 et 370 000 couples. Les principaux effectifs sont présents au Danemark (36 000 à 41 000 couples), en Estonie (9000 à 10 000 couples), en France (3350 couples), en Allemagne (16800 couples), en Grèce (4300 couples), en Irlande (4550 couples), aux Pays-Bas (18 400 à 19 500 couples), en Norvège (20 000 à 25 000 couples), en Pologne (12 500 couples), en Roumanie (18 000 à 20 000 couples), en Russie (35 000 à 60 000 couples), en Suède (25 000 à 26 000 couples), en Turquie (3000 à 4500 couples), en Ukraine (65 000 à 75 000 couples) et au Royaume-Uni (9100 couples).

L’espèce est souvent percutée par l’industrie aquacole et peut être fusillée, noyée ou empoisonnée pour contrôler les effectifs. Elle souffre également des parcs éoliens et de maladies telles que la grippe aviaire.

Statut

Convention de Bonn : Accord AEWA [1999]
Convention de Berne : Annexe III
Oiseaux protégés : Article 2
Oiseaux protégés : Article 5
Oiseaux protégés : Article 1

Bibliographie

BirdLife International (2009) Species factsheet: Phalacrocorax carbo. Downloaded from http://www.birdlife.org on 2/8/2009

MULLARNEY K., SVENSSON L., ZETTERSTROM D. & GRANT P.J. (2004).- Le guide ornitho. Delachaux et Niestlé. 399 p.

SNOW D.W. & PERRINS C.M. (1998).- The birds of the Western Paleartic. Concise Edition. Oxford University Press. 1832 p.


GB


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