Vautour percnoptère (Neophron percnopterus)




Description de l’espèce


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Vautour percnoptère mâle en
vol
Le Vautour percnoptère (Neophron percnopterus) appartient à la famille des Accipitridés. C’est un petit vautour noir et blanc à tête pointue (car le bec est long et mince). Comme les autres vautours, il est caractérisé par ses très longues et très larges ailes, presque rectangulaires, mais plus fines à l’extrémité. La queue est forme de losange et assez courte. La cire et la peau nue de la tête sont jaunes. La tête, le cou, le manteau et la poitrine sont plus ou moins nuancés de brun jaunâtre.
Les plumages juvéniles et adultes sont différents. Le juvénile a un plumage brin foncé avec de larges bouts chamois ocracés très apparents. En vol plané circulaire, le Vautour percnoptère tient souvent ses ailes faiblement incurvées ou horizontales. En vol plané rapide, la main peut être nettement rabattue vers le bas.Il n’y a pas de dimorphisme sexuel.

Taille : 63-75 cm
Envergure : 163-171 cm
Poids : 1,5 à 2 kg

Confusions possibles

Le Vautour percnoptère peut être confondu avec un Aigle botté en phase claire pour les personnes les moins expérimentées. En effet ce dernier présente une répartition des couleurs sur la face inférieure identique à celle du percnoptère, mais les différences de taille, de forme de la tête et de la queue excluent normalement toute erreur.

Biologie

Ecologie

Le Vautour percnoptère occupe essentiellement les paysages rocheux sans grande dénivellation comportant des versants dénudés et des vallées bien dégagées, où il peut repérer facilement ses proies. Il recherche sa nourriture dans les milieux ouverts tels que les steppes les guarigues, les plaines, les pâturages, les plages ou encore les ilots fluviaux. Il peut également fréquenter les dépôts d’ordures pour s’alimenter. C’est une espèce rupestre, qui niche par conséquent en falaises.

Comportement


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Vautour percnoptère en
vol
Le Vautour percnoptère est migrateur dans presque toute la région paléarctique (quelques individus restant en Espagne et dans les Balkans pendant l’hiver). Les individus européens passent l’hiver en Afrique au sud du Sahara. La migration d’automne commence dès que les jeunes sont capables de voler. La majorité des passages ont lieu dès mi juillet jusqu’à mi octobre au niveau du détroit de Gibraltar. Les dates de retour sont variables suivant les sites de nidification, ainsi les percnoptères nichant en Espagne reviennent sur leurs sites dès fin février, ceux nichant en France au début du mois de mars ou encore ceux des Balkans un peu plus tard.
Les immatures sont rarement observés sur les sites de nidifications en Europe restant généralement plus au sud et ne revenant sur les sites qu’à la maturité sexuelle vers l’âge de 4 ou 5 ans.

Reproduction

Le Vautour percnoptère niche dans des cavités, dans les anfractuosités des falaises ou des rochers escarpés protégés des précipitations. Il niche parfois dans des cavités à dimensions très réduites lui permettant de se protéger des prédateurs mais aussi des conditions climatiques. Il occupe généralement la même aire d’une année sur l’autre. Les deux partenaires vont prendre part à la construction du nid. Les nids sont généralement espacés de façon régulière, mais le percnoptère peut avoir un comportement grégaire en utilisant des dortoirs communs en période de reproduction. Toutefois un couple défend son territoire de nidification contre l’intrusion de congénères jusqu’à un kilomètre.
La maturité sexuelle est atteinte à l’âge de 5 ans. Les couples sont très liés, mais on a déjà remarqué des cas de polyandrie. Les parades aériennes débutent dès le retour des sites d’hivernages. La femelle pond deux à trois œufs (généralement 2) à la fin du mois de mars – début avril. L’incubation dure 42 jours et est assurée par les deux parents. Les jeunes restent au nid environ 9à à 95 jours. La productivité de l’espèce est généralement d’un jeune à l’envol par couple reproducteur.

Régime alimentaire


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Vautour percnoptère lors d'une
curée avec vautours fauve
et moine
Le Vautour percnoptère est un opportuniste qui recherche tout d’abord les petits cadavres (rats, écureuils, tortues, amphibiens, serpents). Il peut également s’alimenter des déchets ou des excréments (provenant d’animaux ou d’humains), et des insectes qui paraissent être les seuls animaux vivants chassés. Les gros cadavres jouent un rôle secondaires car le percnoptère a un bec assez fin qui lui permet seulement d’extraire les yeux, la langue et les restes d’une carcasse que les autres vautours ont laissé (Vautour fauve et moine). Il affectionne ainsi particulièrement les dépotoirs, les décharges ou les déchets d’abattoirs.
Il va explorer longuement son terrain de chasse, volant souvent à seulement 10 à 30 mètres de hauteur. Sa vue excellente (capable de voir un objet de 4 à 8 cm à un kilomètre de distance) lui permet de repérer ses proies à grande distance.

Répartition géographique - Evolution et état des populations

On retrouve le Vautour percnoptère dans le Paléarctique occidental (France, Espagne Portugal, Italie, Russie, Ukraine, Moldavie, Roumanie, Bulgarie, Grèce, Serbie Bosnie, Macédoine, Géorgie, Arménie Azerbaïdjan), mais aussi dans une grande partie de l’Afrique du nord, sur la péninsule Arabique et dans le sud et sud ouest de l’Asie.
Les effectifs du Paléarctique occidental s’élève entre 5000 et 12 000 couples dont 1300-1500 couples en Espagne qui abrite la première population européenne. La France abrite 82 couples de vautours percnoptères dont 64 couples dans les Pyrénées et 18 couples dans le sud de la France. On retrouve ainsi des percnoptères dans les départements suivants : Pyrénées-Atlantiques, Hautes –Pyrénées, Haute-Garonne, Ariège, Aude, Pyrénées-Orientales, Lozère, Hérault, Gard, Aveyron, Ardèche, Drôme, Isère, Bouches du Rhône, Vaucluse, Alpes de Haute-Provence.

Le Vautour percnoptère est en très forte régression au cours des dernières années. Il est considéré comme en danger d’extinction (EN) par l’IUCN. Ses conditions se sont fortement dégradées à cause de l’amélioration des conditions d’hygiènes, mais aussi à cause des empoisonnements (campagne d’empoisonnement des rongeurs et des carnassiers) et des persécutions dont il a été victime. Plus grave encore est le remplacement du pastoralisme extensif par un élevage intensif, conduisant à la raréfaction des carcasses d’animaux domestiques. Ceci l’a conduit au bord de l’extinction dans plusieurs pays. Enfin, en France, la contamination par les pesticides pourrait être à l’origine de la stérilité de certains couples.
En France, la population est très réduite, et toute perte d’individu peut avoir des conséquences graves pour la survie de l’espèce. Malgré qu’il soir protégé actuellement dans de nombreux pays européens, cela n’empêche pas sa destruction. Toutefois sa condition est entrain de s’améliorer dans certains pays (dont la France) où des programmes de conservation ont été mis en place. Notamment par une amélioration de l’accès aux ressources alimentaires via des placettes d’alimentations. De plus, en France, l’espèce est réapparu spontanément sur tous les sites où se déroulent des programmes de réintroduction des vautours fauves et moines (Grands causses, Baronnies, Verdon).


Statut de l’espèce

Convention de Berne (Annexe 2)
Convention de Bonn (Annexe 2)
Convention de Washington (Annexe 2)
Directive Oiseaux (Annexe 1)
Oiseau protégé (Article 1)
Oiseau protégé (Article 5)
Règlement communautaire CITES (Annexe A)

Bibliographie

GENSBOL B. (2005).- Guide des rapaces diurnes. Delachaux et Niestlé. 403 p.

MULLARNEY K., SVENSSON L., ZETTERSTROM D. & GRANT P.J. (2004).- Le guide ornitho. Delachaux et Niestlé. 399 p.

SNOW D.W. & PERRINS C.M. (1998).- The birds of the Western Paleartic. Concise Edition. Oxford University Press. 1832 p.

THIOLLAY J.M. & BRETAGNOLLE V. (2004).- Rapaces nicheurs de France. Distribution, effectifs et conservation. Delachaux et Niestlé. 403 p.


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