Milan noir (Milvus migrans)




Description de l’espèce

Le Milan noir (Milvus migrans) est un oiseau de la famille des Accipitridés. C’est un rapace de taille moyenne à queue échancrée. Le dessous est gris brunâtre avec l’extrémité des rémiges noires et une plage pâle au niveau de la main. Le dessus est brun foncé avec une zone pâle aux couvertures du bras. La tête est blanc brunâtre strié de brun. Sa queue est échancrée, elle apparaît plus fourchue en vol rectiligne et triangulaire lorsqu’elle est étalée. Les deux sexes sont indifférenciables, les juvéniles ont le corps plus pâle.

Taille : 55-60 cm
Envergure : 135-155 cm
Poids : 630-940 g

Confusions possibles

Il se différencie du Milan royal (Milvus milvus) par sa teinte presque noire, l’absence de carrés blancs dans les ailes et une queue moins fourchue.

Biologie

Ecologie

Le Milan noir fréquente les abords des zones humides en particulier les lagunes, les lacs, les étangs et les vallées fluviales ; du moment qu’il y trouve un arbre pour construire son aire. Il affectionne aussi les zones de prairies humides, certaines plaines agricoles et les abords des décharges. Pour nicher, il a besoin d’arbres qu’il trouve facilement en ripisylve et dans les zones plus sèches : il peut par exemple nicher dans les pentes boisées de chênes. Il peut également exploiter les pentes et falaises boisées, les pâturages et les bosquets aux abords des marais. Le Milan affectionne les prairies de fauche et les décharges d’ordures ménagères, même loin de l’eau.

Comportement


© Gérald Berger
Milan noir
L’espèce est grégaire la plupart du temps. En dehors de la saison de reproduction ou du site de nidification, l’espèce est très sociable. Elle cherche de la nourriture ou se nourrit en groupes. On peut la retrouver aussi en groupe en hiver sur les aires de repos. Elle niche toutefois en solitaire et bien séparée des autres couples dans l’ouest du Paléarctique. Mais dans chaque étape entre la dispersion juvénile et la nidification, l’espèce est en petits groupes jusqu’à 30 individus.
L’espèce est principalement migratrice dans l’ouest du Paléarctique, bien que certaines populations d’eurasie soient essentiellement résidentes. Les principaux quartiers d’hiver sont situées au sud du Sahara : de l’est du Sénégal à l’ouest du Soudan, jusqu’à l’Afrique du Sud. Les oiseaux européens montrent principalement des mouvements vers le sud-ouest à l’automne. Un des principaux points de passage se situe au niveau du détroit de Gibraltar. Le Milan noir revient sur ses sites de nidification au mois de mars.

Reproduction

La saison de reproduction commence dès le retour de la migration, soit mi-avril dans le centre et l’ouest de l’Europe et un peu plus tard en Europe de l’est.
Le nid est situé sur principalement une branche ou une fourche d’arbre, habituellement près du sommet de l’arbre. Il peut également être situé sur le rebord d’une falaise ou sur une construction, ou sur un buisson ou un petit arbre en croissance sur une falaise. Le nid est une structure compacte de brindilles et de petites branches, accompagnée de papiers, plastiques et autres déchets.
La femelle pond deux à trois œufs ovales de couleur blanc terne, avec des taches variables rouge - brun. L’incubation dure entre 26 à 38 jours, elle est assurée quasi essentiellement par la femelle mais le male peut l’aider ponctuellement. Les jeunes sont nidicoles et sont nourris par les deux parents. L’envol a lieu après environ 42 jours.

Régime alimentaire

Le Milan noir est un rapace à la fois prédateur et nécrophage. Son régime est basé sur une large gamme d’espèces. Il conjugue à la fois des vols à faible altitude et faible vitesse, et des mouvements très adroits pour rechercher sa nourriture. Il peut également poursuivre d’autres espèces d’oiseaux (comme les faucons).
Son alimentation est très variée et est composée notamment de :
  • Mammifères : spécialement des petits rongeurs comme les campagnols, les souris, les hamsters, les rats… ; mais aussi des jeunes lapins, des lièvres, des taupes, des hérissons…
  • Oiseaux : principalement de petites espèces d’oiseaux vivant sur le sol ou des poussins d’espèces de plus grande taille (alouettes, bruants, pipits, grives, étourneaux, foulques, canards, aigrettes, pigeons)
  • Reptiles : lézards, serpents
  • Amphibiens : grenouilles, crapauds
  • Poissons : gardons, tanches, carpes, brèmes, ablettes, perches, lottes, brochets, anguilles…
  • Insectes : sauterelles, criquets, coléoptères
Il s’alimente toutefois essentiellement de charognes (moutons, renards,…), d’abats, de rejets de bateaux de pêche.

Répartition géographique - Evolution et état des populations

Le Milan noir est présent dans toute l’Europe excepté dans les îles britanniques, au Danemark, en Norvège et dans les îles méditerranéennes. On le rencontre également en Afrique, en Inde, en Asie du sud-est, en Australie et en Russie. En effet, il hiverne essentiellement du Sénégal au Soudan jusqu’à l’Afrique du Sud. En France, il se reproduit partout à l’exception du quart nord-ouest et il est particulièrement abondant en Champagne, Lorraine, Franche-Comté et le long du Rhône.

Les effectifs européens de l’espèce sont estimés entre 64 000 et 100 000 couples. Les principaux effectifs sont retrouvés en France (22 000 à 26 000 couples), en Allemagne (2700 à 4000 couples), en Russie (30 000 à 50 000 couples), en Espagne (2500 à 10 000 couples), en Suisse (1200 à 1500 couples), en Turquie (1000 à 1500 couples) et en Ukraine (1500 à 1800 couples).

En Europe, l’espèce a subi un large déclin au cours du 20ème siècle du fait de la persécution et des empoisonnements. Aujourd’hui, la tendance serait à la stabilité ou à la recolonisation dans les pays d’Europe de l’Ouest, à l’exception du Portugal, et en déclin dans la majorité des pays de l’est. Les effectifs français et sa distribution sont en augmentation de 20 à 50% depuis les années 1970 et la population française constitue un des bastions de l’espèce en Europe avec 5 800 à 8 000 couples. La population hivernale est marginale.

La principale menace rencontrée par cette espèce est celle qui affecte tous les charognards, à savoir l’empoisonnement lors des campagnes de lutte contre les rongeurs, les grands prédateurs et autres espèces considérées comme nuisibles. L’espèce est également menacée par l’électrocution sur les lignes électriques ou encore la destruction de son habitat (dégradation des ripisylves (coupes, remontée de sel) et le développement de la culture maraîchère intensive dans la plaine agricole).

Statut de l’espèce

Convention de Berne (Annexe 2)
Convention de Bonn (Annexe 2)
Convention de Washington (Annexe 2)
Directive Oiseaux (Annexe 1)
Oiseau protégé (Article 1)
Oiseau protégé (Article 5)
Règlement communautaire CITES (Annexe A)

Bibliographie

MULLARNEY K., SVENSSON L., ZETTERSTROM D. & GRANT P.J. (2004).- Le guide ornitho. Delachaux et Niestlé. 399 p.

SNOW D.W. & PERRINS C.M. (1998).- The birds of the Western Paleartic. Concise Edition. Oxford University Press. 1832 p.


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