Magot (Macaca sylvanus)




Description de l’espèce

Le Magot (Macaca sylvanus) appartient à la famille des Cercopithecidae. C’est est le seul macaque vivant sur le continent africain, à l'état sauvage dans les forêts relictuelles du Maroc et de l'Algérie ainsi que de manière artificielle sur le rocher de Gibraltar.
Le pelage est de couleur ocre-fauve à presque noir, selon la saison et les individus. De manière générale la face ventrale est beaucoup plus claire que la face dorsale et l'extrémité des membres plus foncés. Le faciès est glabre et peut présenter une grande variété de taches et de pigmentation selon les individus.
Comme chez tous les macaques, les mâles sont plus lourds et plus puissants que les femelles, présentent un dimorphisme sexuel quant à la longueur des canines et ne restent pas toute leur vie dans le groupe social où ils sont nés.

Biologie

Ecologie

La macaque berbère est cantonné aux régions montagneuses d'Afrique du nord (de 800 à 2200 m) à végétation forestière. Le domaine vital moyen pour un groupe est de l'ordre de 1 à 1,5 km², mais cette valeur est sujette à forte variation en fonction de la qualité de l'habitat, de son fractionnement et de la densité de population. Des domaines vitaux allant jusqu'à 9 km² ont été décrits dans certains environnements peu favorables. Son aire de répartition est aujourd'hui très fractionnées et son habitat souvent dégradé notamment en raison de la concurrence avec l'agriculture et l'élevage.
La qualité de l'habitat, sa fragmentation et l'intensité de l'activité humaine déterminent les caractéristiques démographiques, sociales et le budget temps des individus du groupe. Plusieurs études montrent que dans les forêts dégradées les groupes sont moins nombreux et de plus petite taille, ce qui conduit à une plus faible densité de population. Paradoxalement, dans les forêts dégradées, les animaux allouent moins de temps à la recherche alimentaire (ressources plus concentrées, groupes plus petits) et à la vigilance (individus plus habitués à la présence humaine). Ils passent plus de temps à se reposer et sont plus fréquement impliqués dans les activités de toilettage.

Comportement

À l'état sauvage, les groupes comportent de 12 à 59 individus avec une valeur médiane de 24. Chaque membre du groupe tient une position hiérarchique particulière dans l'échelle de dominance sociale du groupe. Bien que les femelles magots étudiées en semi-liberté soit capable de dominer les femelles plus âgées de lignées maternelles de rang moins élevé (système matrilinéaire classique d'acquisition du rang de dominance), elles ne le font pas systématiquement, voire rarement, par rapport à leurs propres sœurs plus âgées comme c'est la cas chez les femelles macaque rhésus Macaca mulatta ou macaque japonais Macaca fuscata élevées dans des conditions similaires. Ceci est dû à une différence de soutien reçu lors des conflits pouvant opposer les jeunes sœurs à leurs aînées. En effets, les jeunes femelles macaque berbère, si elles reçoivent autant de soutien de la part des individus apparentés, en reçoivent beaucoup moins de la part des membres non apparentés dans de tels conflits que chez les macaques rhésus ou japonais. Il en résulte que chez le macaque berbère au sein d'une lignée maternelle, les femelles le plus âgées sont les plus dominantes alors que c'est le contraire chez les deux autres espèces de macaque mentionnées.

La migration des mâles a été bien documentée pour cette espèce. La plupart des migrations depuis le groupe natal vers un autre groupe ont lieu entre 5 et 8 ans, autour du moment de la puberté, mais, dans les groupes étudiés, seulement un tiers de l'ensemble des mâles effectuent cette migration. Le transfert a lieu principalement lors de la saison de reprodution d'octobre à décembre où ils cherchent d'emblée à interagir avec des femelles en œstrus. Une seconde migration dans la vie d'un individu est possible mais rare. Tous les mâles migrants rejoignent un autre groupe social et ne transitent pas par un groupe de mâles ou ne demeurent solitaire comme c'est parfois le cas chez d'autres macaques. Les taux de migration sont plus hauts lorsque le ratio des individus adultes par rapport à l'ensemble du groupe est élevé. Les immigrants ont une forte préférence pour les groupes sociaux où le nombre de mâles de leur âge est moins élevé que dans leur groupe natal voire nul. Les études montrent que c'est plus l'évitement de la consanguinité plutôt que la compétition entre mâles qui est le moteur de ces migrations, car ce ne sont généralement pas des mâles dominés qui migrent, par contre, les migrants ont souvent beaucoup de sœurs ou de femelles apparentées dans le groupe d'origine. Les mâles sans femelles apparentées n'émigrent quasiment jamais et aucun indice ne prouve que les mâles migrants sont écartés du groupe par les autres membres. Le taux de mortalité n'est pas plus important pour les migrants que pour les autres mâles. Le succès reproductif des migrants et similaire à celui des mâles natifs. La fission du groupe est une autre alternative pour éviter la consanguinité, les mâles choisissant plus volontiers le sous groupe comportant le moins de femelles apparentées.

Reproduction

En raison des contraintes imposées par le climat, et donc par la disponibilité alimentaire, la reproduction est fortement saisonnière chez cette espèce. La saison des accouplements ou rut a lieu principalement en novembre (avec un léger débord sur octobre et décembre) ce qui induit, après 6 mois de gestation, une saison des naissances centrée sur mai (avril à juin). Cette forte saisonnalité des périodes d'accouplement est rare chez les macaques bien qu'il y ait pratiquement toujours des périodes où plus de femelles sont en œstrus au cours de l'année. Ceci n'est pas sans conséquence car quand les périodes de reproduction sont espacées sur toute l'année, un seul mâle peut quasiment monopoliser toutes les femelles à fertiliser tandis que, comme c'est le cas pour le macaque berbère, quand toutes les femelles sont fertiles en même temps de nombreux mâles peuvent prétendre à l'accouplement.

Régime alimentaire

Le magot se nourrit de glands, d'écorces, de cônes, d'aiguilles de cèdre, de champignons, de bulbes et de proies animales incluants surtout des insectes, d'autres invertébrés (scorpions) et des amphibiens. Le régime alimentaire évolue tout au long de l'année en fonction de la disponibilité alimentaire. Aux abords des zones agricoles, il peut également consommer des fruits, des légumes, des céréales ainsi que d'autres plantes ne figurant pas normalement dans son régime alimentaire, ce qui témoigne de sa grande faculté d'adaptation dans ce domaine.

Répartition géographique

Le macaque berbère était autrefois répandu sur toute l'Afrique du nord et probablement une partie de l'Europe méridionale mais voit sa population aujourd'hui réduite sur quelques zones montagneuses isolées du Maghreb. Une population est maintenue artificiellement sur le rocher de Gibraltar.

Statut de l’espèce

Espèce non protégée

Bibliographie

S. Aulagnier, P.Haffner, T.Mitchell-Jones & F.Moutou (2008). Guide des mammifères d'Europe, d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Editions Delachaux et Niestlé. 271 p.



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