Hippopotame amphibie (Hippopotamus amphibius)




Description de l’espèce


© Jérôme Legrand
Hippopotame amphibie
L’Hippopotame amphibie (Hippopotamus amphibious) est un mammifère de la famille des Hippopotamidae. Cet hippopotame possède un corps puissant et massif, presque nu, prolongé par 4 pattes de petites tailles. La peau de l’hippopotame est de couleur brune ou grise, et est quasiment dépourvue de poils excepté chez les jeunes. La queue de l'hippopotame est courte et musclée, avec des bords écrasés. La tête de l'hippopotame est très grande, large et aplatie. Ses oreilles, ses yeux et ses naseaux se détachent en relief sur le profil de sa tête et affleurent seuls quand l'animal nage sous l'eau ou s'y repose pour respirer. Longueur : 3,7 – 4,6 m
Hauteur : 1,5 m
Poids : 1,5 – 3,2 tonnes

Biologie

Ecologie

L'hippopotame a besoin à la fois d'eau assez profonde et d’un lieu de pâturage assez proche pour faire l'aller retour dans la nuit. Il évite les eaux à débit rapide, préférant les pentes douces avec un sol ferme, où les troupeaux peuvent rester à moitié submergés et les mères venant d’accoucher peuvent allaiter sans nager. La présence d’eau en permanence n’est pas indispensable, les animaux pouvant se rouler dans la boue. Toutefois ils sont obligés de retourner dans l’eau lors de la saison sèche. Le facteur essentiel est que la peau doit rester humide pour éviter des fissures si elle reste exposée à l’air pendant de trop longues périodes.

Comportement

L’hippopotame est une espèce grégaire lorsque les individus sont dans l’eau. Ils acceptent ainsi le contact avec les autres individus, il n’est pas rare de voir des groupes de plusieurs dizaines d’individus au même endroit. Mais les groupes se séparent au crépuscule de manière à s’alimenter seul. Leur corpulence les rend peu vulnérables aux prédateurs.
Les hippopotames se partagent des territoires bien délimités, aussi bien à terre que dans l'eau. Les limites de ces territoires sont marquées par les mâles dominants: ils répandent leurs excréments sur les lieux choisis, et les éparpillent dans toutes les directions, à l'aide de leur queue animée de mouvements rapides.

Reproduction

Les accouplements ont lieu essentiellement à la saison sèche lorsque la concentration des individus est plus importante. Mais ils peuvent également avoir lieu le reste de l’année. La période de gestation dure environ 8 mois, si bien que l’unique jeune naitra pendant la saison humide. Son poids à la naissance est d’environ 45 kgs. Il va téter la femelle lorsqu’elle est dans l’eau (il sera ainsi obligé de remonter régulièrement à la surface pour respirer). Il est sevré après 6 à 8 mois et pourra donc s’alimenter normalement par la suite. Une femelle met au monde un seul petit tous les deux ans, et ceci à partir de l’âge de 7 à 9 ans

Régime alimentaire

L’espèce est herbivore. Il peut soit brouter les plantes aquatiques ou celles qui poussent sur la berge soit se rendre à la terre (la majorité de son alimentaire) la nuit pour l’herbe dans les prairies ou parfois dans les plantations. L’espèce consomme jusqu’à 50 kg de végétation par jour.

Répartition géographique - Evolution et état des populations

L’espèce est présente en Afrique centrale, en Angola, au Bénin (300 – 500 individus), dans le nord du Botswana (2000 - 4000 individus), Burkina Faso (500 – 1000 individus), Burundi (200 – 300 individus), Cameroun (500 – 1500 individus), République centrafricaine (850 individus), au sud du Tchad, de la Côte d'Ivoire (300 – 400 individus), République du Congo, dans le nord de l'Érythrée, l'Éthiopie (5000 individus), la Guinée équatoriale (100 individus), Gabon (250 individus), Gambie (40 individus), Ghana (400 – 600 individus), Guinée (1000 – 2000 individus), Guinée Bissau (500 – 1000 individus), Kenya (5000 individus), Libéria, Rwanda (200 – 400 individus), Sénégal (500 individus), Sierra Leone (100 individus), Somalie (moins de 50 individus), Soudan (3000 – 6000 individus), Malawi (10 000 individus), Mali (500 – 1000 individus), Mozambique (18 000 individus), Namibie, Niger (100 individus), Nigeria (300 individus), République du Congo, Sierra Leone, Afrique du Sud (aujourd'hui seulement dans le nord et l'est de la Province du Limpopo, dans l'est de la province de Mpumalanga, et le nord du KwaZulu-Natal ; 3000 – 5000 individus), Tanzanie (20 000 – 30 000 individus), Togo (300 – 350 individus), Ouganda (7000 individus), Zambie (40 000 individus) et Zimbabwe (7000 individus).

La population mondiale de l’espèce est estimée entre 125 000 et 150 000 individus.

Les principales menaces pour les populations d'hippopotames semblent être la chasse illégale pour le commerce de la viande et de l'ivoire, ainsi que la perte d'habitat. La chasse illégale pour le commerce de l'ivoire a été considérée comme une menace particulièrement élevée dans les zones de troubles civils. Ainsi, par exemple, les populations de la république démocratique du Congo ont diminué de 95 % en raison d'une forte pression de chasse en 8 ans. La généralisation du braconnage pour la viande a également été rapportée dans des pays comme le Burundi ou la Côte d'Ivoire.
La perte d'habitat est liée au développement des activités agricoles (dérivation de l'eau) et de la pression croissantce sur les ressources en eau douce.

Statut

Convention de Washington : Annexe II
Réglementation européenne : Annexe B

Bibliographie

Lewison, R. & Oliver, W. 2008. Hippopotamus amphibius. In: IUCN 2009. IUCN Red List of Threatened Species. Version 2009.1. . Downloaded on 12 July 2009.

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