Circaète Jean-le-Blanc (Circaetus gallicus)




Description de l’espèce

Le Circaète Jean-le-blanc (Circaetus gallicus) est un oiseau de la famille des Accipitridés. C’est un grand rapace aux ailes longues et larges. Les parties supérieures sont brun uniforme. Les parties inférieures sont blanches avec des points sur le ventre et les couvertures alaires, et des barres espacées sur les rémiges. La tête et une partie de la poitrine apparaissent gris foncé bien délimité. La queue apparait avec trois barres sombres également réparties. La femelle est un peu plus grande que le mâle. Les pattes sont de couleur gris pâle.

Taille : 62-69 cm
Envergure : 162-178 cm
Poids : 1200-2300 g

Biologie

Ecologie

L’espèce fréquente les milieux chauds comportant de vastes étendues ouvertes de friches, de landes, de pâturages extensifs et les zones de rocailles (permettant la recherche de proies) et comportant des boisements propices à la nidification. Les territoires de prédilection sont situés en moyenne montagne, mais l’espèce est également présente en plaine en densité très faible. Le nid est construit dans un arbre (chêne vert, pin d’Alep) dans des endroits peu dérangés.

Comportement


© Gérald Berger
Circaète Jean-le-blanc en vol
Le Circaète Jean-le-blanc n’est pas spécialement grégaire, on le retrouve surtout de manière solitaire ou en couples.
L’espèce est migratrice. On la retrouve quasiment exclusivement en été dans l’ouest du Paléarctique, les observations hivernales n’étant qu’exceptionnelles. Les populations de l’est hivernent principalement dans le sous-continent Indien, et occasionnellement dans le sud-est de l’Asie. Les populations occidentales hivernent dans le nord de l’Afrique équatoriale au Togo, Ghana, Nigeria, Tchad, Soudan et Ethiopie.
La migration est précédée par la dispersion post-reproduction qui commence généralement dès le mois d’août. Les départs vers le sud de l'Europe commencent fin août ou début septembre. Les quartiers d’hiver africains sont occupés de septembre – octobre à fin février – mars. Le retour vers l’Europe a lieu entre la mi-mars et la mi-avril, parfois plus tôt dans le sud et généralement plus tard dans le nord.
L’espèce migre généralement seule ou en couples, elle s’associe parfois à d’autres migrants mais principalement dans les zones d’ascensions limitées par la topographie locale.

Reproduction

La saison de reproduction commence dès le retour de migration, soit à partir de la mi-avril mais généralement plutôt début mai. Le site de reproduction est situé au sommet d’un petit arbre, généralement entre 3 et 7 m de hauteur (mais pouvant aller de 2 à 25 m de haut). Le nid peut occasionnellement être emprunté à une autre espèce d’oiseau. Il est toujours bien dissimulé. Les nids sont souvent réutilisés d’une année sur l’autre. Le nid est généralement de petite taille comparé à la taille de l’oiseau (de 50 à 100 cm de diamètre). Il est constitué de branches de 5 à 10 cm de long, bordée de verdures et d’épines de pins. La construction du nid se fait par les deux sexes : le mâle apporte généralement les matériaux et la femelle s’occupe de la construction du nid.
La femelle pond un seul œuf ovale arrondi, lisse et de couleur blanche. L’incubation dure 45 à 47 jours et est assurée essentiellement par la femelle bien que le mâle participe également un peu. Les jeunes, nidicoles, sont nourris par les deux parents. Le mâle apporte la nourriture au nid, et la femelle s’occupe de nourrir les jeunes. Ces derniers prendront leur envol après 70 à 75 jours (ils quittent le nid pour rejoindre les branches aux alentours dès 60 jours).

Régime alimentaire

Le régime alimentaire du Circaète est composé principalement de reptiles, spécialement de serpents et dans une moindre mesure de lézards. Les grandes couleuvres (couleuvres à collier, verte-et-jaune, de Montpellier, d'Esculape) sont ses proies préférées. Il recherche ses proies en vol stationnaire souvent à une hauteur comprise entre 15 et 30 m mais peut s’élever à des hauteurs jusqu’à 450 m. Il utilise également des perchoirs pour repérer ses proies. Une fois la proie localisée, il pique vers le sol pour l’attraper.

Répartition géographique - Evolution et état des populations

La répartition du Circaète Jean-le-blanc s’étend depuis la péninsule ibérique et l’Afrique du nord jusqu’en Asie centrale. En Europe l’aire de distribution s’étend sur 22 pays (Joubert 2001) entre le Golfe de Finlande au nord de l’Estonie, le détroit de Gibraltar et le nord de la Caspienne, l’essentiel des populations étant établi dans les pays méditerranéens et en Russie du sud. En France, cette espèce se reproduit au sud d’une ligne reliant la Vendée au Loiret et au Doubs mais elle est abondante dans le sud des Alpes et le Massif Central, en Provence, en Languedoc-Roussillon et en Pyrénées

L’effectif européen, en dehors de la Russie et de la Turquie hébergeant chacun quelques milliers de couples, est compris entre 6 900 et 10 500 couples. La France abrite entre 2400 et 2900 couples de circaètes, soit 40 % de l’effectif européen.

L’espèce est considérée comme en léger déclin en Europe, et stable en France. Les principales menaces de l’espèce sont la raréfaction des milieux favorables aux serpents par intensification des pratiques agricoles, la fermeture des milieux suite à la déprise agricole, le dérangement sur les sites de nidification par les travaux sylvicoles ou par les activités de loisirs, et enfin les électrocutions sur les lignes éclectiques.

Statut de l’espèce

Convention de Berne (Annexe 2)
Convention de Bonn (Annexe 2)
Convention de Washington (Annexe 2)
Directive Oiseaux (Annexe 1)
Oiseau protégé (Article 1)
Oiseau protégé (Article 5)
Règlement communautaire CITES (Annexe A)

Bibliographie

MULLARNEY K., SVENSSON L., ZETTERSTROM D. & GRANT P.J. (2004).- Le guide ornitho. Delachaux et Niestlé. 399 p.

SNOW D.W. & PERRINS C.M. (1998).- The birds of the Western Paleartic. Concise Edition. Oxford University Press. 1832 p.


GB


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