Cigogne blanche (Ciconia ciconia)




Description de l’espèce

La Cigogne blanche (Ciconia ciconia) appartient à la famille des Ciconnidés. C’est un oiseau de grande taille possédant un grand cou et de longues pattes. Son plumage est blanc, excepté les primaires et les secondaires qui sont noires. Le bec et les pattes sont rouges. Chez le juvénile, l’extrémité du bec est noirâtre.

Taille : 95-110 cm
Envergure : 183-217 cm
Poids : 3 kg

Confusions possibles

En vol, la cigogne peut être confondue avec un Pélican blanc (Pelecanus onocrotalus). Toutefois son cou est tendu, les pattes dépassent de la queue et elle vole en cercle de manière désordonnée (alors que les pélicans volent de manière synchronisée).

Biologie

Ecologie


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Cigogne blanche en vol
On retrouve la Cigogne blanche au sein du climat méditerranéen et aux moyennes latitudes du climat continental. Elle fréquente les habitats caractérisés par une mosaïque de milieux : les zones humides, les steppes, les savanes aux arbres dispersées, les rizières irriguées, les prairies humides, les pâturages et les terres arables, qui lui permettent un facile accès aux ressources alimentaires. Elles préfèrent les eaux stagnantes dans les lagunes ou fossés, voire les ruisseaux à faible débit plutôt que les rivières grands lacs ou mers. Elle évite les secteurs frais et humide où les risques gels sont importants. Les sites de nidification jouxtent généralement les sites d’alimentation.

Comportement

Les cigognes sont des oiseaux migrateurs, excepté quelques populations qui vont passer l’hiver sur leur site de nidification dans le sud de leur aire de répartition (Espagne, Arménie). La plus grande majorité des individus vont passer l’hiver en Afrique tropicale, en Iran ou dans en Inde. Elle quitte son lieu de reproduction majoritairement au mois d’août, le pic ayant lieu entre mi août et début septembre. Les jeunes quittent généralement le site pour entrer en migration avant les parents. Deux couloirs migratoires sont principalement empruntés (le détroit de Gibraltar et les côtes du Levant) leur permettant de réduire le temps de vol sur la mer. Lors du retour, au printemps, les individus utilisent les mêmes voies de migration en sens inverse. Les retours s’échelonnent du mois de février au mois d’avril, suivant les sites. Il peut être retardé toutefois jusqu’en mai en fonction des conditions climatiques, affectant ainsi le succès de reproduction.

Reproduction

La Cigogne blanche utilise pour nicher les grandes arbres ensoleillés, vivants ou morts, ainsi que les installations humaines tels que les églises, les tours, les cheminées les toits les murs, les ruines, les piles de foins et de pailles,… L’espèce niche souvent en solitaire mais des colonies d’une trentaine d’oiseaux ont déjà été notées. Le nid consiste en un amas de branches (3 – 4 cm d’épaisseur) auquel elle rajoute de la terre, du fumier, du gazon, des brindilles, de l’herbe et parfois du papier et des chiffons. Le nid fini mesure entre 1 et 2 m de hauteur pour 80 à 150 cm de diamètre. Le nid est réutilisé chaque année, par conséquent ils peuvent atteindre des volumes énormes : jusqu’à 2 à 5 m de hauteur et plus de 2 m de diamètre.
La femelle pond de 3 à 5 œufs que les deux parents vont incuber 33 à 34 jours. La femelle incubant certainement la nuit. La ponte de remplacement n’a été que très rarement observé, toutefois la femelle peut exclure un œuf infertile et effectuer une nouvelle ponte. Les œufs sont pondus à un intervalle de 1 à 4 jours, en moyenne deux jours.
L’envol des jeunes a lieu après 58 à 64 jours. Ils sont nourris par les deux parents.

Régime alimentaire

La cigogne se nourrit d’une grande variété d’espèces en fonction de la disponibilité de la nourriture et de la localisation géographique. En période sèche, elle se nourrit principalement d’insectes et de souris, alors qu’en période humide sont régime est principalement basé sur les organismes aquatiques.
De manière globale, son régime alimentaire est composé de : coléoptères, orthoptères (sauterelles, grillons), amphibiens (grenouilles, têtards), petits mammifères (souris, musaraigne, campagnol, jeune rat, jeune hamaster), vers de terre. Plus rarement elle peut également prélever les jeunes ou les œufs d’oiseaux, des mollusques, des crustacés et des poissons.
La majorité des proies sont prélevées en marche avec la tête, avec quelques fois quelques battements d’ailes. Les petites proies sont avalées en entier alors que les plus grandes sont généralement tuées auparavant. L’alimentation se fait généralement en solitaire. Mais les couples, les familles ou encore des grands groupes peuvent être réunis si les ressources alimentaires sont concentrées et abondantes.

Répartition géographique - Evolution et état des populations

La Cigogne blanche se rencontre en Europe, en Asie et en Afrique. En Europe, on la rencontre majoritairement dans les pays orientaux, de la Baltique à la mer noire et aux Balkans. En Europe de l’Ouest, la majorité de la population est située en Espagne. En France, la cigogne niche traditionnellement dans les régions du nord est mais une étude réalisée en 1995 a permis de montrer qu’elle nichait en Alsace, Lorraine Champagne Ardenne, Bourgogne mais aussi en Normandie, Poitou-Charentes et Aquitaine.

La population européenne de l’espèce est estimée à environ 200 000 couples. Les principaux pays abritant l’espèce sont la Pologne (45 000 couples), l’Ukraine (26 000 à 32 000 couples), la Turquie (15 000 à 35 000 couples), l’Espagne (16 000 couples), la Lituanie (13 000 couples), le Belarus (10 000 à 13 000 couples), la Lettonie (10 000 couples). En France, la population est estimée de 646 à 655 couples.
Cette espèce a subi une importante régression entre 1970 et 1980, puis une augmentation de ses effectifs entre 1990 et 2000. Actuellement, les effectifs sont en augmentation ou stable dans de nombreux pays excepté en Turquie, en Grèce, en Bulgarie et en Macédoine où ils continuent à diminuer. L’espèce est menacée par l’altération de son habitat (drainage des zones humides, prévention des inondations par la création de barrages, digues, stations de pompages,…), le changement d’utilisation des aires d’alimentations, l’industrialisation et l’intensification de l’agriculture (mécanisation du labourage des pâtures…). Elle est également menacé par une pénurie de sites de nidification dans certains pays de son aire de répartition où les nouvelles constructions ne peuvent abriter de nids ou encore où les nids en construction sont détruit en cours de nidification. En période d’hivernage, des taux de mortalité élevés sont également constatés en raison de la sécheresse, de la désertification et des contrôlés de populations de criquets (source d’alimentation) par les pesticides diminuant les ressources alimentaires, de l’intoxication par l’ingestion d’appâts empoisonnés destinés aux prédateurs. Des cas de mortalités sont également dus aux collisions avec les lignes électriques, en particulier pendant la période de migration. Enfin, dans les zones d’hivernages, l’espèce est chassée pour l’alimentation et le sport.

Statut de l’espèce

Convention de Berne (Annexe 2)
Convention de Bonn (Annexe 2)
Convention de Bonn (Accord AEWA)
Directive Oiseaux (Annexe 1)
Oiseau protégé (Article 1)
Oiseau protégé (Article 5)

Bibliographie

MULLARNEY K., SVENSSON L., ZETTERSTROM D. & GRANT P.J. (2004).- Le guide ornitho. Delachaux et Niestlé. 399 p.

SNOW D.W. & PERRINS C.M. (1998).- The birds of the Western Paleartic. Concise Edition. Oxford University Press. 1832 p.


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