Héron garde-boeufs (Bubulcus ibis)




Description de l’espèce


© Gérald Berger
Héron garde-bœufs
Le Héron garde-bœufs (Bubulcus ibis) est un oiseau de la famille des Ardéidés. Cet échassier a deux plumages : un plumage d’hiver et un plumage nuptial. En plumage nuptial, il arbore des plumes orangées sur la tête, le dos et la poitrine. Son bec est jaune et ses pattes rougeâtres. En plumage d'hiver, son plumage est entièrement blanc. Son bec est orange, ses pattes verdâtres et sombres. Ce petit héron a l'air bossu lorsqu'il est perché, car il tient généralement son cou rentré dans les épaules. Il n’y a pas de dimorphisme sexuel. Il diffère des autres hérons par sa silhouette trapue, son plumage blanc et son bec plus court.

Taille : 48 - 53 cm
Envergure : 90 - 96 cm
Poids : 300 - 400 g

Biologie

Ecologie

Le Héron garde-boeufs est le héron qui est le moins associé aux zones humides. Il vit dans les zones herbeuses comme les prairies, les pâturages, les steppes semi-arides, les terres arables, les prairies artificielles (pelouses, parcs, bords de routes, terrains de sports), les plaines inondées, les marais, les rizières, les mangroves et les prairies irriguées (avec étangs, petites retenues, puits, canaux, petites rivières, ruisseaux…).

Comportement

La plupart des populations de cette espèce sont partiellement migratrices. Ils peuvent se disperser sur de longues distances en fonction des ressources alimentaires et de la saison des pluies. D’autres populations (nord-est de l’Asie et Amérique du nord) sont entièrement migratrices. Certains individus vivant en France se déplacent vers le sud-ouest, dans la péninsule Ibérique.
En dehors de la saison de reproduction, l’espèce est grégaire. On peut retrouver des groupes de plusieurs dizaines, voire centaines ou milliers d’individus si la nourriture est abondante.

Reproduction

Le nid est construit de brindilles et est situé dans les roselières, les marais, les mangroves, les buissons ou les arbres. L’espèce niche dans des colonies de taille variable (de quelques dizaines à plusieurs milliers de nids), soit seule soit dans des colonies mixtes. Le nid est construit par la femelle mais le mâle l’assiste.
La femelle pond 4 à 5 œufs de couleur bleu verdâtre. Ces derniers sont couvés alternativement par le mâle et la femelle pendant 23 à 26 jours. Les jeunes sont nidicoles et s’envolent après 30 jours.

Régime alimentaire

Le régime alimentaire du Héron garde-bœufs est composé surtout d’insectes (criquets, sauterelles, coléoptères, adultes et larves de lépidoptères, hémiptères, libellules, centripèdes) mais aussi d’araignées, de crustacés, de grenouilles, de têtards, de grenouilles, de mollusques, de poissons, de lézards, de petits oiseaux, de rongeurs et de matières végétales.
Il capture ses proies en marchant à côté des troupeaux afin de prélever les bêtes qui sont à proximité.

Répartition géographique - Evolution et état des populations

L’Héron garde-bœufs a colonisé l'Amérique au cours du 20ème siècle, on le rencontre donc maintenant sur tous les continents, excepté en Antarctique. Il est présent dans la péninsule Ibérique et dans le sud de la France, mais peut se rencontrer occasionnellement dans toute l'Europe.

La population mondiale de l’espèce est estimée entre 3,8 et 7,6 millions d’individus. La population européenne nicheuse est estimée entre 54 000 et 150 000 individus. Douze pays européens abritent ces effectifs : Arménie (25 à 30 couples), Azerbaïdjan (3500 à 7000 couples), France (4500 à 5500 couples), Géorgie (indéterminé), Grèce (1 couple), Italie (720 à 760 couples), Pays Bas (0 à 3 couples), Portugal (25 000 à 35 000 couples), Roumanie (8 à 20 couples), Russie (30 à 50 couples), Espagne (20 000 à 100 000 couples) et Turquie (150 à 200 couples).

D’importantes colonies de nidification dans les zones urbaines sont perçues comme une nuisance publique et sont donc persécutées. Dans son aire de reproduction, l’espèce est menacée par la dégradation et la destruction des zones humides comme le drainage des étangs ou la production d’énergie hydroélectrique. Dans certaines parties de son aire de répartition, il est susceptible d’être empoisonné par les pesticides.

Statut de l’espèce

Règlement communautaire CITES : Annexe A
Convention de Berne : Annexe II
Convention de Bonn : Accord AEWA [1999]
Oiseaux protégés : Article 1

Bibliographie

SNOW D.W. & PERRINS C.M. (1998).- The birds of the Western Paleartic. Concise Edition. Oxford University Press. 1832 p.

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