Fuligule milouin (Aythya ferina)




Description de l’espèce


© Nathalie Bigeard
Mâle de Fuligule milouin
Le Fuligule milouin (Aythya ferina) est un oiseau de la famille des Anatidés. C’est un canard de taille moyenne avec une courte queue et un long cou. En plumage nuptial, le mâle a le dos gris très clair finement vermiculé, encadré de noir à la poitrine et à l'arrière. Le cou et la tète sont d'un brun rouge éclatant, terminés par un bec noir barré de bleu. Les yeux sont rouge orangé et les pattes grisâtres. En plumage internuptial, l'essentiel du corps vire au gris sale tandis que les couleurs de la tête, de la poitrine et l'arrière sont plus ternes. Les femelles sont grises brunâtres avec la poitrine, la calotte et le cou brunâtres, plus foncés. Le dos, les flancs, les scapulaires et les couvertures alaires présentent des marbrures grises et brunes, plus sombres à l'arrière du corps. Elle possède des motifs diffus, clairs et foncés, sur les côtés de la tête. L’œil est brun rouge.

Taille : 42-49 cm
Envergure : 70-80 cm
Poids : 700-1100 g

Biologie

Ecologie

En période de nidification, il fréquente les lacs et étangs d’eau douce ou saumâtre, les marais aux eaux ouvertes de profondeur moyenne (moins d’un mètre) et les plans d’eau artificiels (réservoirs agricoles, étangs de pisciculture, sablières, gravières, lacs de barrage…) riches en benthos et en végétation immergée.

Comportement


© Nathalie Bigeard
Groupe mixte de Fuligule milouin
et Fuligule morillon
C'est un oiseau grégaire, qui forme de larges bandes en hiver (jusqu’à 500 oiseaux). Il s'associe volontiers à d'autres espèces de canards, surtout les fuligules morillons ou milouinans mais reste néanmoins groupé avec ses congénères au sein de ces troupes mixtes.

Le Fuligule milouin est essentiellement migratrice mais des populations de l’Ouest de l’Europe sont résidentes ou partiellement migratrices. Les populations de Scandinavie, du Danemark, de l’Allemagne du Nord, de Pologne et des pays Baltes migrent à l’ouest et au sud-ouest pour hiverner en Allemagne, en Suisse, aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne, en Irlande, en France et au nord-ouest de l’Afrique.
Le Fuligule milouin hiverne un peu partout en France. Les plus grandes concentrations d’oiseaux se rencontrent en Dombes (01), en Camargue (13), sur le lac de Grandlieu (44), en Champagne/Lorraine (51,54), sur le cours du Rhin (67), dans le Golfe du Morbihan (56) et en Corse du Sud (étang de Biguglia).

Reproduction

La saison de reproduction commence à partir de la mi-avril dans le nord et l’ouest de l’Europe.
Le nid est situé sur le sol à proximité immédiate de l’eau (moins de 10 m généralement) dans les peuplements denses de roseaux ou de joncs. Le nid est une dépression bordé de roseaux, de joncs, d’herbes et de feuilles, et garni du duvet de la femelle.
La femelle pond 8 à 10 œufs ovales de couleur gris-vert. L’incubation dure entre 24 et 28 jours et est assurée par la femelle uniquement. Les jeunes sont nidifuges et se nourrissent seul. La femelle s’occupe d’eux jusqu’à leur envol après 50 à 55 jours.

Régime alimentaire

Le Fuligule milouin s’alimente à la fois de plantes et d’animaux. La proportion varie en fonction des saisons et de la localité géographique. Néanmoins, il se nourrit surtout de graines, de racines, de feuilles et de bourgeons de plantes aquatiques telles que les lentilles d'eau et les potamots. Il capture également des mollusques, des crustacés, des vers et des larves d’insectes. Le milouin s'alimente principalement le matin et le soir.

Répartition géographique - Evolution et état des populations

Son aire de reproduction est continue du Lac Baïkal à la Pologne puis fragmentée plus à l’Ouest et au Sud jusqu'en Irlande, en Italie, en Espagne, au Portugal, en Afrique du Nord et en Turquie. La Dombes, le Forez, la Sologne et la Brenne sont les principaux sites de reproduction en France, mais l’espèce niche ça et là dans les deux tiers Nord du pays.

Les effectifs européens de l’espèce sont estimés entre 210 000 et 440 000 couples. La Russie héberge à seule quasi la moitié des effectifs européens avec 95 000 à 265 000 couples. Les autres pays hébergeant des populations significatives sont le Belarus (6000 à 8000 couples), la République Tchèque (9000 à 17 000 couples), la Finlande (15 000 à 20 000 couples), la Hongrie (5000 à 10 000 couples), la Pologne (20 000 à 30 000 couples), la Roumanie (15 000 à 25 000 couples) et l’Ukraine (17 000 à 26 000 couples). La France abrite entre 2000 et 3500 couples.

La population européenne de l’espèce connait actuellement un déclin de ses effectifs nicheurs dans plusieurs pays abritant des effectifs importants de l’espèce. C’est le cas notamment en Russie (20 à 30 % de baisse), en Pologne, en République tchèque, en Scandinavie et dans les pays Baltes.

L’espèce est menacée notamment par les dérangements liés à la chasse, aux loisirs aquatiques et par le bruit des machines en milieu urbain. Elle est également menacée par la destruction de ses habitats sur les sites d’hivernages en raison de l’eutrophisation (apports d’éléments nutritifs par ruissellement des terres agricoles). Elle souffre également de la prédation de ses nids par le Vison d’Amérique (Mustela vison) en Pologne. Enfin la destruction et la mortalité des individus soit par ingestion de plomb, la capture accidentelle dans les filets de pèche d’eau douce ou encore par la chasse dans de nombreux pays affectent également l’espèce.

Statut de l’espèce

Convention de Berne (Annexe 3)
Convention de Bonn (Accord AEWA)
Convention de Bonn (Annexe 2)
Directive Oiseaux (Annexe 2/1)
Directive Oiseaux (Annexe 3/2)
Oiseau protégé (Article 5)

Bibliographie

MULLARNEY K., SVENSSON L., ZETTERSTROM D. & GRANT P.J. (2004).- Le guide ornitho. Delachaux et Niestlé. 399 p.

SNOW D.W. & PERRINS C.M. (1998).- The birds of the Western Paleartic. Concise Edition. Oxford University Press. 1832 p.


GB


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