Chevèche d'Athena (Athene noctua)




Description de l’espèce


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Chevêche d'Athéna
La Chevêche d’Athéna (Athene noctua) fait partie de la famille des Strigidés. Sa petite taille, son plumage tacheté et ses yeux dorés brillants lui donnent l'apparence d'un petit hibou et permettent une identification assez facile. Le plumage est variable, du gris au brun en passant par l’ocre ou le chamois. Il présente des taches blanches très vives sur les parties supérieures, les ailes et la partie inférieure et de fines stries blanches sur la calotte. La face est pâle, avec un masque typique et des yeux dorés, fixes. Les pattes sont longues et recouvertes de plumes. La queue est brune, barrée de fines lignes constituées de taches blanches. Les deux sexes sont semblables, avec la femelle légèrement plus grande que le mâle. Les juvéniles sont nettement plus pales (gris) et beaucoup plus homogènes que les adultes. Son vol est ondulé, découvrant la tête large, le corps trapu et les ailes arrondies.

Taille : 21-23 cm
Envergure : 54-58 cm
Poids : 140-200 g

Confusions possibles

Il existe peu de confusions possibles avec d’autres espèces. Il montre quelques ressemblances dans les caractères et l’apparence avec les plus petites chevêchettes (genre Glaucidium), les petits –ducs (genre otus) et les grosses Chouette de Tengmalm (Aegolius funereus).

Biologie

Ecologie

Le Chevêche d’Athéna est répandue dans toute l'Europe, à l'exception de l'Irlande et de la Scandinavie. On la trouve dans les zones cultivées ou les prairies entrecoupées de haies ; elle n'aime pas les boisements denses et préfère nicher dans de vieux arbres creux, dans les clapas (ce sont des tas de pierres fait par les agriculteurs), mais aussi dans les bosquets, les trous de murs, les nichoirs à condition qu'ils soient dans l'obscurité. Cette espèce est moins arboricole et plus terrestre que la plupart des autres hiboux.
Elle reste fidèle au même logement d'année en année et peut même nicher dans des terriers de lapin. L’habitat incluse des zones ouvertes de chasse, comportant des petites proies, des perchoirs de chasse, des reposoirs, des trous servant de nid, des changements de climat peu important et une stratégie d’utilisation des terres qui ne comportent pas de changements radicaux à long terme.

Comportement

L’espèce est solitaire ou en couple, mais est territoriale. Certains oiseaux s’éloignent du territoire de nidification en hiver, mais beaucoup ne le font pas et restent en couple. Lors de la première année, les jeunes se dispersent au hasard mais restent généralement une vingtaine de kilomètres autour de leur territoire de naissance. La chasse est principalement nocturne : la chevêche chasse principalement de la tombée de la nuit à minuit, puis fait une pause avant de reprendre la chasse à l’aube. Elle ne chasse peu ou pas du tout la journée, même lorsque les jeunes sont au nid. La plupart du temps elle observe ses proies à partir d’un perchoir qui peut être un poteau, une branche d’arbre,… avant de faire un vol rapide et de tomber sur sa proie.

Reproduction

La chevêche ne construit pas de nid. Elle va occuper soit un terrier dans le sol, un trou dans un arbre, dans la roche ou dans un immeuble. Elle peut parfois nicher dans des terriers de lapins. La cavité possède en général deux sorties. Le même site est utilisé année après année. La période de nidification commence au mois d’avril pour se finir en juillet. La femelle pond généralement 3 à 5 œufs, lisse et blanc, qu’elle va incuber seule durant 27 à 28 jours (exceptionnellement moins, de l’ordre de 23 à 25 jours). L’envol a lieu environ un mois plus tard, mais les jeunes peuvent quitter le nid avant et se cachent alors dans les branches ou la végétation aux alentours. Ils sont pris en charge par la femelle tandis que le mâle leur apporte la nourriture (la femelle leur apporte également de la nourriture en fin de période d’élevage). L’émancipation a lieu un mois plus tard. La maturité sexuelle chez la Chevêche d’Athéna est à l’âge d’un an.
Le succès de reproduction constaté en Grande-Bretagne pour cette espèce est de : 56,4% pour le taux d’éclosion et 49 % pour le succès d’envol. La moitié des échecs de reproduction étaient du à l’homme à cause de la collecte des œufs ou a capture des jeunes, et seulement un dixième du à la prédation.

Régime alimentaire

Elle consomme en grande partie des petits mammifères (hérissons, musaraignes, taupes, chauves-souris, lapins, souris, rats, gerboises, campagnols…) et des oiseaux (pies, gallinules, vanneaux,…) ; mais également des reptiles (tortues, lézards, serpents,…), des amphibiens (salamandres, grenouilles, crapauds, tritons,…), des poissons (carpe), des coléoptères, des grillons, des perce-oreilles et des vers de terre.
Du matériel végétal peut également être ingéré délibérément, avec principalement de l’herbe et d’autres feuilles mais comprend aussi des petits fruits et baies.

Répartition géographique - Evolution et état des populations

Espèce typiquement méditerranéenne, mais introduit au XIXe siècle par des aristocrates anglais, la chouette chevêche s'est répandue dans presque toute l'Europe (sauf dans le Nord). Elle a réussi à s'acclimater même dans des régions de moyenne altitude où règnent des hivers rigoureux. Cependant la raréfaction des arbres creux et crevassés explique en partie la régression actuelle de l'espèce dans de nombreux pays (Grande-Bretagne, France, Allemagne, Danemark, République tchèque, Slovaquie, Hongrie, Autriche, Suisse, Espagne, Slovénie). Cette fluctuation de la population concerne principalement le nord de son aire de répartition qui a été touché par plusieurs hivers rigoureux au cours des dernières années. Toutefois le déclin général de l’espèce au cours des 30 – 40 dernières années est aussi du à la baisse de la quantité de nourriture (pesticides, insecticides), à la perte des habitats et à la mortalité sur les routes.

On la retrouve ainsi en Grande-Bretagne (6000 – 12 000 couples), en France ( 10 000 – 50 000 couples), en Belgique (4500 – 6600 couples), aux Pays-Bas (9000 – 12000 couples), au Luxembourg (80 – 150 couples), en Allemagne (6000 couples), au Danemark (150 – 200 couples), en Lettonie (10 – 30 couples), en Lituanie (quelques couples), en Pologne (1000 – 2000 couples), en République tchèque (700 – 1000 couples), en Slovaquie (800 – 1000 couples), en Hongrie (1500 – 2000 couples), en Autriche (moins de 60 couples), en Suisse (30 - 40 couples), en Espagne (50 000 – 60 000 couples), au Portugal (10 000 – 100 000 couples), en Italie (10 000 – 30 000 couples), en Grèce (5000 – 10 000 couples), en Albanie (5000 – 10 000 couples), en Yougoslavie, en Croatie (6000 – 8000 couples), en Slovénie (500 – 800 couples), en Bulgarie (4000 – 10 000 couples), en Roumanie (20 000 – 40 000 couples), en Russie (10 000 – 100 000 couples), au Belarus (2000 – 4000 couples), en Ukraine (11 000 – 12 000 couples), en Moldavie (5000 – 7000 couples), en Turquie (5000 – 50 000 couples), à Chypre (2000 – 4000 couples), en Syrie (3000 – 5000 couples), en Israël (plusieurs milliers de couples), en Jordanie (peu commun), en Iraq (rare), en Egypte (peu commun), en Lybie (commun), en Tunisie (commun) et au Maroc (commun).

Statut de l’espèce

Convention de Berne (Annexe 2)
Convention de Washington (Annexe 2)
Oiseau protégé (Article 1)
Oiseau protégé (Article 5)
Règlement communautaire CITES (Annexe A)

Bibliographie

SNOW D.W. & PERRINS C.M. (1998).- The birds of the Western Paleartic. Concise Edition. Oxford University Press. 1832 p.


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