Héron cendré (Ardea cinerea)




Description de l’espèce


© Gérald Berger
Héron cendré
Le Héron cendré (Ardea cinerea) est un oiseau de la famille des Ardéidés. C’est un héron de grande taille au plumage à dominance grise et blanc grisâtre. Son cou est blanc, et la poitrine tachetée de noir. La tête est blanche avec des lignes noires s’étirant de l’œil à l’arrière du cou. Il possède un fort bec jaune grisâtre virant jaune orangé en période de reproduction. Les pattes sont également jaunes. En vol, le Héron cendré se reconnaît à son allure lente, à son cou replié et à ses pattes tendues. Les sexes sont semblables, les juvéniles et les immatures sont plus ternes avec un bec et des pattes grisâtres, le front et la calotte sont gris alors qu'ils sont blancs chez les adultes

Taille : 84 - 102 cm
Envergure : 155 - 175 cm
Poids : 600 - 1200 g

Biologie

Ecologie

Le Héron cendré fréquente tous les milieux humides et peu profonds. On le retrouve préférentiellement dans les marais côtiers ou intérieurs, les rivières à débit lent, les deltas, les étangs et les rizières. Il évite ainsi les cours d’eau rapide. Il peut également nicher dans les grandes étendues urbaines s’ils ne sont pas dérangés.

Comportement

L’espèce est migratrice partielle, c'est-à-dire que certains individus sont sédentaires et ne quittent pas leur site de reproduction, alors que d’autres les quittent pour les régions du sud de l’Europe ou pour l’Afrique au-delà du Sahara.

Oiseau solitaire, on peut cependant observer des rassemblements lorsque la nourriture abonde.

Reproduction

La saison de reproduction de l’espèce s’étale de février à juillet.
L’espèce nichent généralement en colonies, appelées héronnières, au sommet des arbres, aux bords des lacs et des rivières. Les hérons y construisent un nid plat, en forme de plate-forme.

La femelle pond 3 à 6 œufs clairs. L’incubation est assurée par les deux parents et dure entre 25 et 28 jours. Les jeunes prennent leur envol vers 50 jours et quittent le territoire des parents au bout de 8 à 9 semaines. En attendant leur envol, ils seront nourris par les deux parents.

Régime alimentaire

Le héron cendré se nourrit de poissons, de batraciens, de reptiles, de crustacés, de petits mammifères (musaraignes d'eau, campagnols, mulots, rats), d'oiseaux et même de végétaux (bourgeons). Le héron cendré ne néglige pas non plus les insectes et les mollusques terrestres et aquatiques.

Répartition géographique - Evolution et état des populations

Le Héron cendré se reproduit dans toute l’Europe (excepté à l’extrême nord du continent), dans une grande partie de l(Asie centrale et méridionale et dans de nombreuses régions d’Afrique.

La population mondiale de l’espèce est estimée entre 790 000 et 3 700 000 individus. En Europe, entre 210 000 et 290 000 couples nicheurs sont présents. Les principales populations européennes sont situées au Belarus (4500 à 5500 couples), Belgique (3200 à 3600 couples), Danemark (6000 à 7000 couples), France (28 000 à 32 000 couples), Allemagne (24 000 à 27 000 couples), Irlande (2500 à 10 000 couples), Italie (10 000 à 11 000 couples), Lituanie (3000 à 6000 couples), Pays-Bas (10 000 à 13 000 couples), Norvège (5000 à 10 000 couples), Pologne (9000 à 10 000 couples), Roumanie (3500 à 4500 couples) et Russie (35 000 à 60 000 couples).

L’espèce a été persécutée en Europe au cours du 19ème siècle à cause de sa consommation de poisson qui a abouti à une concurrence avec les pêcheurs et les pisciculteurs. Ainsi des milliers de hérons ont été tués par des coups de feu, noyés ou empoisonnés par ces derniers. L'espèce est vulnérable à Madagascar à cause de son aire de répartition restreinte, en raison du niveau extrêmement élevé de l'altération de l'habitat (suite à l'envasement et au besoin de terres agricoles pour le riz et le pâturage), de la chasse et de la prédation des colonies de nidification. La récolte du bois est une menace dans une grande partie de l’aire de répartition de l’espèce par l'élimination des arbres utilisés par les colonies de nidification et / ou le dérangement occasionné sur les colonies voisines. Enfin, l'espèce est également sensible à la grippe aviaire.

Statut de l’espèce

Convention de Berne : Annexe III
Convention de Bonn : Accord AEWA [1999]
Oiseaux protégés : Article 1
Oiseaux protégés : Article 5

Bibliographie

MULLARNEY K., SVENSSON L., ZETTERSTROM D. & GRANT P.J. (2004).-Le guide ornitho. Delachaux et Niestlé. 399 p.

SNOW D.W. & PERRINS C.M. (1998).- The birds of the WesternPaleartic. Concise Edition. Oxford University Press. 1832 p.

GB


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