Oie cendrée (Anser anser)




Description de l’espèce


© Gérald Berger
Oie cendrée
L’Oie cendrée (Anser anser) est un oiseau de la famille des Anatidae. C’est une oie de grande taille au plumage gris-brun assez uni sans net contraste. Elle est tachetée de brun sur le dessous. La tête et le cou sont typiquement assez pâles. Le croupion est blanc, tout comme l'arrière du ventre et les sous-caudales. Le bec est de couleur orange et les pattes palmées sont roses chair.

Taille : 75 -90 cm
Envergure : 147 - 182 cm
Poids : 2300 - 3500 g

Biologie

Ecologie

L’espèce fréquente au cours de la saison de reproduction les zones humides entourées de végétation dans les prairies, les landes de bruyère ou de carex, la toundra arctique, les steppes semi-désertiques… du niveau de la mer jusqu’à 2300 m. Il niche près des ruisseaux, des marais salants, des plaines inondées, les marais de roseaux, les tourbières en herbe, les prairies humides, les lacs et les estuaires. L’espèce exige des petites îles isolées dans les lacs ou le long des côtes hors de portée des prédateurs terrestres pour la nidification. Au cours de l’automne, l’espèce fréquente aussi les terres agricoles.

Comportement

Cette espèce est migratrice totale bien que certaines populations des régions tempérées sont sédentaires ou ne se dispersent que localement suite à des hivers très glacés. L’espèce est très grégaire en dehors de la période de reproduction, avec de grandes concentrations au cours de la période post-reproduction avant la migration automnale (groupes pouvant aller jusqu’à 25 000 individus).

Reproduction

La saison de reproduction débute à des dates variables selon les régions : début mai en Islande, fin avril en Écosse, fin mars dans de nombreuses régions.
Le nid est une construction de grande taille formée de matériel végétal placé entre les roseaux, sur le sol ou au pied des arbres, sous un buisson ou à l’abri d’une dépression sur une île isolée d’un lac ou le long des côtes. Le nid est construit par la femelle alors que le mâle se charge de surveiller le territoire. Bien que l’espèce soit semi-coloniale, les nids peuvent parfois être concentrés dans un espace restreint.
La femelle pond de 4 à 6 œufs blanc crème. La femelle les incube seule pendant 27 à 29 jours. Les jeunes sont nidifuges, et seront capables de se nourrir seuls sous la surveillance de leurs parents dès deux jours. Ils sont capables de voler après environ 8 semaines mais restent aux côtés de leurs parents jusqu’à la saison de reproduction suivante.

Régime alimentaire

L’Oie cendrée est herbivore, son régime alimentaire est composé d’herbes, de racines, de tiges, de feuilles, de fruits, de plantes aquatiques, mais aussi de céréales et légumes provenant de l’agriculture.

Répartition géographique - Evolution et état des populations

L'Oie cendrée niche principalement dans le Nord et l'Est de l'Europe (Islande, Écosse, Scandinavie, Allemagne, Pologne), en Turquie sur les bords de la mer Noire, en Russie (Sibérie de l'Ouest) et jusqu'en Chine. En France, on retrouve quelques individus nicheurs, notamment en Alsace, en Baie de Somme, en Brière et au Parc ornithologique du Teich. Ces populations résultent d'introductions. Ce qui est également le cas dans le sud de l'Amérique du Sud et dans les îles Falkland.

La population mondiale de l’espèce est estimée à environ 1 million d’individus. La population européenne nicheuse est estimée entre 120 000 et 190 000 couples. Les principales populations en Europe sont présentes en Belgique (1200 à 1300 couples), au Danemark (6000 à 10 000 couples), en Estonie (1000 à 1200 couples), en Finlande (2500 à 3500 couples), en Allemagne (10 000 à 18 000 couples), en Hongrie (1100 à 1400 couples), en Islande (20 000 à 30 000 couples), aux Pays-Bas (8000 à 9000 couples), en Norvège (10 000 à 12 000 couples), en Pologne (3200 à 3600 couples), en Roumanie (1000 à 1300 couples), en Russie (20 000 à 45 000 couples), en Suède (15 000 à 20 000 couples), en Ukraine (5000 à 7000 couples) et au Royaume-Uni (15700 couples).

L’espèce est menacée par une très forte pression de chasse et est susceptible d’être empoisonnée par l’ingestion de grenaille de plomb. Elle est également persécutée par les fermiers à cause des dommages provoqués aux cultures. La destruction et la dégradation de ses habitats représente également une menace, cela résulte notamment du drainage des zones humides, des changements des pratiques agricoles, des pollutions aux hydrocarbures… L’espèce est susceptible également d’être affectée par des maladies telles que la grippe aviaire.

Statut

Directive Oiseaux : Annexe I
Convention de Berne : Annexe II
Convention de Bonn : Annexe II
Convention de Bonn : Accord AEWA [1999]
Oiseaux protégés : Article 1

Bibliographie

BirdLife International (2009) Species factsheet: Cygnus cygnus. Downloaded from http://www.birdlife.org on 1/8/2009

MULLARNEY K., SVENSSON L., ZETTERSTROM D. & GRANT P.J. (2004).- Le guide ornitho. Delachaux et Niestlé. 399 p.

SNOW D.W. & PERRINS C.M. (1998).- The birds of the Western Paleartic. Concise Edition. Oxford University Press. 1832 p.


GB


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