Canard colvert (Anas platyrhynchos)




Description de l’espèce


© Gérald Berger
Canard colvert
Le Canard colvert (Anas platyrhynchos) est un oiseau de la famille des anatidés. C’est un grand canard robuste avec une grosse tête et un gros bec, mais une queue courte. Le mâle en plumage nuptial a la tête vert bouteille, un étroit collier blanc, la poitrine lilas brun et le reste du corps principalement gris clair. Le mâle en éclipse est comme la femelle mais a le bec uniformément jaune mat, la poitrine rouille et des taches moins nettes. La femelle est brunâtre, la calotte et le trait sourcilier plus foncé de sorte que le liseré oculaire apparait plus clair. Son bec est orangé avec le culmen noir.

Taille : 51 - 62 cm
Envergure : 81 - 98 cm
Poids : 850 - 1400 g

Biologie

Ecologie

L’espèce fréquente presque toutes les zones humides mais elle évite généralement les zones d’eau oligotrophes et avec un débit trop rapide, un sol rocailleux, les dunes de sables et le revêtement artificiel. Il a besoin d’eau avec moins d’un mètre de profondeur et de végétation flottante et émergente pour lui procurer sa nourriture, les invertébrés aquatiques et les graines de ces plantes. L’espèce montre une préférence pour l’eau douce mais on peut également les retrouver dans les eaux saumâtres.

Comportement

Dans les régions tempérées, les populations nicheuses sont sédentaires avec parfois des mouvements locaux au sein des zones humides. D’autres populations sont pleinement migratrices, les femelles et les jeunes quittent leur zone de nidification en septembre et revienne au mois de février. Les mâles quittent la zone de nidification par petits groupes alors que la femelle est en phase d’incubation.

En dehors de la saison de reproduction, l’espèce peut être retrouvée dans de petits à grands groupes de plusieurs centaines à plusieurs milliers d’individus.

Reproduction

La saison de reproduction de l’espèce s’étale de février à juillet en fonction de la latitude.
Le nid est une dépression qui peut être située soit dans la végétation sur un sol nu, soit dans une cavité d’un arbre jusqu’à 10 m de hauteur, soit sous un bois mort, sous les buissons et parfois l’espèce utilise le nid abandonné d’une autre espèce comme les hérons ou les corbeaux. Les nids sont généralement placés à proximité de l’eau.
La femelle pond à 5 à 15 œufs de couleur vert pale, qu’elle va incuber seule pendant 28 jours. Les jeunes sont nidifuges et quittent le nid dès que leurs plumes duveteuses sont sèches. Ils s’alimentent seuls.

Régime alimentaire

L’espèce est omnivore et opportuniste, elle s’alimente en barbotant dans l’eau et en pâturant sur les terres. Son régime alimentaire se compose de graines et de parties végétatives de plantes aquatiques et terrestres (par exemple, les cultures), d’invertébrés aquatiques et terrestres comme les insectes, les mollusques, les crustacés et les vers. Il peut s’alimenter parfois d’amphibiens et de poissons.

Répartition géographique - Evolution et état des populations

L’espèce est présente dans toutes les régions tempérées et subtropicales d'Amérique du Nord, d'Europe, d'Asie, de la Nouvelle-Zélande, et d'Australie, du niveau de la mer jusqu'à 2000 mètres d'altitude. En France, les zones les plus fréquentées sont la Camargue, les marais de la Dombe, le cours du Rhin, les étangs de Moselle, les étangs de la Brenne et les zones humides du littoral Atlantique.

La population mondiale de l’espèce est estimée à 19 millions de couples. La population nicheuse européenne est estimée entre 3,3 et 5,1 millions de couples. Les principales populations sont présentes au Belarus (60 000 à 100 000 couples), en Finlande (150 000 à 250 000 couples), France (30 000 à 60 000 couples), en Allemagne (210 000 à 470 000 couples), en Hongrie (100 000 à 150 000 couples), Lituanie (70 000 à 100 000 couples), Pays-Bas (350 000 à 500 000 couples), Norvège (40 000 à 70 000 couples), Pologne (200 000 à 400 000 couples), Roumanie (120 000 à 200 000 couples), Russie (1,3 à 1,7 millions de couples), Serbie (75 000 à 95 000 couples), Espagne (65 000 à 100 000 couples), Suède (175 000 couples à 250 000 couples), Ukraine (72 000 à 112 000 couples) et Ukraine (63 000 à 159 000 couples).
On estime la population de canards colverts hivernant en France entre 180 000 et 200 000 oiseaux.

L’espèce est menacée par la dégradation de son habitat (à savoir les terres humides), par la pollution, par le drainage des zones humides, l’extraction de la tourbe, l’évolution des pratiques de gestion des zones humides ainsi que la combustion et le fauchage des roselières. L’espèce souffre également par l’ingestion des grenailles de plomb (chasse, pêche) et l’ingestion de phosphore blanc en Alaska. L’espèce est également sensible à des maladies telles que la grippe aviaire ou à la prédation d’animaux introduits comme le vison d’Amérique (Neovison vison).

Statut de l’espèce

Directive Oiseaux : Annexe III/2
Directive Oiseaux : Annexe II/1
Convention de Bonn : Annexe II
Convention de Bonn : Accord AEWA [1999]
Convention de Berne : Annexe III

Bibliographie

MULLARNEY K., SVENSSON L., ZETTERSTROM D. & GRANT P.J. (2004).-Le guide ornitho. Delachaux et Niestlé. 399 p.

SNOW D.W. & PERRINS C.M. (1998).- The birds of the WesternPaleartic. Concise Edition. Oxford University Press. 1832 p.

GB


Haut de page