Sarcelle d'hiver (Anas crecca)




Description de l’espèce


© Nathalie Bigeard
Mâle de Sarcelle d’hiver
La Sarcelle d’hiver (Anas crecca) est un oiseau de la famille des Anatidés. C’est est le plus petit canard d’eau douce d’Europe. Le mâle en plumage nuptial a la tête brun rouge avec les côtés verts, la zone verte est bordée de jaune email. La poitrine est crème tachetée de noirâtre, prolongée par un ventre blanc et un dessous de la queue jaune bordé de noir. Le dessus du corps et les flancs adoptent une coloration grise. Les ailes sont marquées par une fine bande blanche sur leur avant et par un miroir noir et vert sur la partie centrale. De la fin de l’été à l’automne, les mâles ont un plumage d’éclipse très semblable à celui de la femelle, rendant les sexes difficilement distinguables.
La femelle, d'un marron pommelé assez terne. Elle porte sur le bord de la queue une courte ligne blanche. Le bec est gris foncé et le dessus de la tête est parfois plus sombre. L'œil est souvent barré d'une ligne sombre.

Taille : 30-33 cm
Envergure : 54-59 cm
Poids : 250-400 g

Biologie

Ecologie

La sarcelle d’hiver utilise en hiver et en migration tous les types de zones humides, des mares temporaires aux grands lacs, rivières et marais doux à saumâtres. Par rapport à d’autres espèces de canards de surface, la sarcelle utilise moins les zones intertidales, bien qu’elle puisse y être rencontrée occasionnellement. La sarcelle d’hiver a régulièrement besoin d’un accès à l’eau douce. Pendant la saison de reproduction, les couples sont dispersés sur des plans d’eau de petite taille (mares, lagunes, bras de rivières…), à végétation rivulaire bien développée et souvent eutrophes.

Comportement


© Nathalie Bigeard
Couple de Sarcelle d’hiver
L’espèce est grégaire en dehors de la période de nidification. On la retrouve en petits groupes de 30 à 40 individus, mais aussi parfois dans des groupes de 100 individus ou plus. Les couples sont formés principalement pendant l’hiver.
Bien qu’à la fois diurne et nocturne, une partie importante de son activité est concentrée au crépuscule et pendant la nuit pour la recherche de nourriture.
La Sarcelle d’hiver est essentiellement migratrice mais un petit nombre d’individus sont résidents. Les sarcelles hivernant en France peuvent nicher jusqu’en Sibérie. La migration de printemps a principalement lieu en Mars-Avril (elle débute début Février), la migration d’automne de fin août à Novembre. Dans les deux cas il semble que les déplacements aient lieu la nuit.
Outre ces épisodes de migration proprement dits, il est notable qu’un renouvellement important des effectifs a lieu au sein des quartiers d’hivernage : en Camargue, les sarcelles d’hiver ne restent que quelques dizaines de jours à certaines périodes de l’hiver. Il reste à démontrer que ce phénomène se retrouve sur la façade Atlantique et dans le Nord du pays, et comment les différents quartiers d’hivernage sont interconnectés.

Reproduction

La saison de reproduction commence à partir de la mi-mars.
Le nid est situé sur le sol dans la végétation touffue près de l’eau. L’espèce n’est pas coloniale mais les nids peuvent être situés proches les uns des autres (parfois 1 m). Le nid est une légère dépression garnie de feuilles, d’herbes. Le nid est construit par la femelle, qui est également la seule à s’occuper des jeunes. Le rôle du mâle se limite à la défense du territoire.
La femelle pond 8 à 11 œufs lisses de couleur blanc jaunâtre. Il y a une possibilité de ponte de remplacement en cas de perte des œufs. Les œufs sont incubés pendant 21 à 23 jours par la femelle uniquement. Les jeunes sont nidifuges et s’auto-alimentent. L’envol a lieu après 25 à 30 jours.

Régime alimentaire

La sarcelle d’hiver est omnivore. Elle est granivore en hiver, consommant principalement des graines de Chara spp, Scirpus spp, Suaeda spp, Carex spp, Eleocharis spp et dans certaines zones des graines de plantes cultivées telles que de riz. Pendant l’été, le régime est principalement constitué d’invertébrés (larves de chironomes an particulier). Cependant, elle se nourrit également de micro-organismes, de larves d’insectes, de crustacés et de mollusques qu’elle pêche dans les eaux saumâtres et peu profondes des vasières en filtrant l’eau avec son bec.

Répartition géographique - Evolution et état des populations


© Nathalie Bigeard
Groupe de Sarcelle d’hiver
La sarcelle d’hiver est présente pendant la saison de reproduction dans l’ensemble de l’Europe du Nord et de l’Asie. Migratrice, l’espèce hiverne de l’Europe de l’Ouest au Japon, au Sud jusqu’au Kenya et en Inde.

L’espèce est essentiellement présente en hiver, les zones d’hivernage principales étant traditionnellement la Camargue (13), l’Estuaire de la Loire (44), la Réserve Naturelle de Moëze (17), les étangs d’Orx (40), les étangs d’Aquitaine (33), les étangs de Brenne (36), la Baie des Veys (50), le Lac de Grandlieu (44), la Presqu’île de Guérande (44), le cours du Rhin (67/68), la Réserve Naturelle de St Denis du Payré (85) et la Baie du Mont Saint Michel (35) ... Outre ces grandes zones traditionnelles, la sarcelle d’hiver est présente pendant l’hivernage (Septembre-Mars) en petits groupes dans presque toutes les zones humides (plusieurs centaines de sites en France).

Les sarcelles hivernant en Camargue proviennent de cette population estimée entre 750 000 et 1 375 000 individus, dont les effectifs ne montrent pas de tendance particulière. La population nicheuse de sarcelles d’hiver en France est estimée entre 500 et 1000 couples, sans tendance particulière d’évolution des effectifs ou de changement dans l’aire de répartition. Le nombre de sarcelles d’hiver hivernant en France est de l’ordre de 80 000 individus depuis une dizaine d’années, en augmentation sur la façade Atlantique. Cette période d’augmentation correspond à la période de mise en place de nombreuses aires protégées.

Les principales menacent affectant l’espèce sont la perte d’habitats, la chasse et le saturnisme. Les zones humides ont fortement régressé au cours des dernières décennies pouvant entraîner de profondes redistributions d’effectifs. Ainsi les effectifs ont fortement chuté dans plusieurs zones françaises suite au drainage des zones humides.
La sarcelle d’hiver est une espèce chassée dans la plupart des pays d’Europe. En France, le nombre de sarcelles prélevées pendant la saison de chasse 1998/99 a été estimé à plus de 330 000 individus. Localement, la chasse et le dérangement qu’elle occasionne ont été invoqués pour expliquer les variations d’effectifs de canards de surface.
Le saturnisme est une maladie liée chez les oiseaux à l’ingestion de plomb, qui peut constituer un facteur de mortalité supplémentaire pour la sarcelle d’hiver.

Statut de l’espèce

Convention de Berne (Annexe 3)
Convention de Bonn (Accord AEWA)
Convention de Bonn (Annexe 2)
Directive Oiseaux (Annexe 2/1)
Directive Oiseaux (Annexe 3/2)
Oiseau protégé (Article 5)
Règlement communautaire CITES (Annexe C)

Bibliographie

MULLARNEY K., SVENSSON L., ZETTERSTROM D. & GRANT P.J. (2004).- Le guide ornitho. Delachaux et Niestlé. 399 p.

ONCFS (2009). Fiche Sarcelle d’hiver. http://www.oncfs.gouv.fr/events/point_faune/oiseaux/2005/sarcelle/histoire.php SNOW D.W. & PERRINS C.M. (1998).- The birds of the Western Paleartic. Concise Edition. Oxford University Press. 1832 p.


GB


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