Vautour moine (Aegypius monachus)




Description de l’espèce


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Jeune Vautour moine en vol
Le Vautour moine (Aegypius monachus) appartient à la famille des Accipitridés c’est le plus grand rapace diurne d’Europe. Il possède des ailes très longues et très larges fortement digitées. Dans tous les plumages, le Vautour moine a une coloration très sombre, paraissant à distance brun foncé chez l’adulte et noir chez les juvéniles. La tête est petite avec un gros bec brun-noir. La queue est courte, environ la moitié de la largeur de l’aile, souvent cunéiforme. Les couvertures sous-alaires sont non uniformément sombres, avec certaines couvertures petites et moyennes brun gris plus clair. La collerette et la tête sont bruns clair chez l’adulte et noirâtres chez les jeunes. Le Vautour moine pratique souvent le vol plané circulaire. En vol plané direct, les ailes sont fortement rabattues et les mains plus ou moins inclinées vers le bas. En vol battu, les mouvements d’ailes sont amples et lents. Il n’y a pas de dimorphisme sexuel évident le mâle étant très légèrement plus petit que la femelle.

Taille : 100-115 cm
Envergure : 250-295 cm
Poids : 7 à 12 kg

Confusions possibles

Le Vautour moine est en moyenne un peu plus grand que le Vautour fauve (Gyps fulvus). En vol, sa silhouette est plus semblable à celle d’un aigle du fait des ailes uniformément larges, de la tête plus visible et du plumage tout foncé. Toutefois la confusion avec les aigles est impossible car il possède une petite tête par rapport aux ailes, le bout des ailes est plus profondément digité et les deux premières rémiges primaires sont plus incurvées vers le haut. Le Vautour moine plane avec les ailes à plat et les mains assez tombantes, contrairement au Vautour fauve. Ses battements d’ailes sont également plus lourds, plus amples que ceux du Vautour fauve. La forme des ailes diffère également : nettement rectangulaire chez le Vautour moine, les bords antérieurs sont nettement courbés chez le Vautour fauve.

Biologie

Ecologie

Le Vautour moine est présent dans les zones de collines et de moyennes montagnes semi-boisées, où les ressources alimentaires sont abondantes (troupeaux d’ongulés sauvages ou domestiques). Il niche de préfère dans les arbres dominants situés dans des forêts de pentes où les arrivées et les départs ne présentent pas de difficultés et où se forment des courants d’air ascendants. A partir de la colonie le domaine vital s’étend dans un rayon de plusieurs dizaines de kilomètres. Il doit comprendre de vastes zones consacrées à l’élevage extensif

Comportement

Le Vautour moine est généralement sédentaire, bien que des populations de l’Est sont en partie migratrices. Les adultes restent toute l’année sur le site de nidification ou à proximité. Les juvéniles peuvent faire de l’erratisme lors de la première année, mais la plupart du temps à faible distance.
Contrairement au Vautour fauve qui est colonial, le Vautour moine est solitaire. On le rencontre parfois en petites colonies lâches. Toutefois il est régulièrement observé en dortoirs de plusieurs individus qui peuvent être composés également de vautours fauves.

Reproduction


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Jeune Vautour moine
Le Vautour moine niche au sommet d’un arbre isolé croissant, souvent un Pin sylvestre (Pinus sylvestris) en France, à une hauteur comprise entre 3 et 20 m. Le nid est construit généralement par le mâle et la femelle dès le mois d’octobre, souvent à partir de grosses branches. Les adules sont territoriaux en période de reproduction et défendent un territoire d’au moins 100 m autour du nid, contre toute intrusion d’autres vautours.
Les couples se forment dès l’âge de deux ans pouvant commencer à occuper un territoire et construire un nid. Toutefois, la reproduction commence généralement à l’âge de 4 ou 5 ans (des tentatives de reproduction ont toutefois été observées dès l’âge de trois ans). Le couple est fidèle à vie. La saison de reproduction débute par des parades aériennes, où l’oiseau situé au dessus va toucher le dos de l’autre avec ses pattes pendantes, avant que ce dernier se retourne et agrippe son partenaire. Les deux oiseaux se laissent ensuite tomber, avant de se séparer.
La femelle pond un seul œuf (à noter la présence exceptionnellement de deux œufs), entre début février et début mars que les deux parents vont couver entre 54 jours. Le jeune va rester au nid entre 100 et 120 jours soit jusqu’à fin aout – début septembre.

Régime alimentaire

Le Vautour moine est un rapace nécrophage. L’espèce se nourrit de cadavres d’ongulés sauvages et domestiques, mais affectionne tout particulièrement les cadavres de petits gibiers. Il affectionne les parties coriaces (peau, tendons, cartilages). Il repère les carcasses en survolant son domaine vital parfois à très faible hauteur.

Répartition géographique - Evolution et état des populations

Le Vautour moine est une espèce extrêmement vulnérable considéré comme quasi menacé par l’IUCN (NT).
La population du Paléarctique occidental compte environ 1850 couples, dont 1511 couples en Espagne qui abrite la principale population européenne de l’espèce. Le Caucase et le sud de la Russie environ 100 couples. La France abrite uniquement 20 couples.

Autrefois l’espèce avait une distribution beaucoup plus vaste qu’aujourd’hui, nichant occupant tous les milieux favorables depuis la péninsule ibérique jusqu’à la Mongolie et la Chine en passant par les pays du nord de la Méditerranée. Mais l’agriculture moderne les déboisements, les progrès de l’hygiène et le déclin de l’élevage ont fortement impacté l’espèce. Il faut ajouter à cela les destructions (par le tir) et l’empoisonnement par l’intermédiaire des charognes traitées à la strychnine à destination des prédateurs (renards…). Certains chasseurs n’hésitant pas à utiliser encore aujourd’hui des appâts empoisonnés à destination des rapaces, jugeant trop voraces sur « leurs » gibiers.
Des programmes de soutien ou de réintroduction de l’espèce ont été menés un peu partout permettant ainsi de consolider les effectifs de l’espèce. Les grecs ont ainsi lancé un programme de sauvegarde de l’espèce dans le nord du pays, près de la Bulgarie. Un projet visant à améliorer les conditions de vie des quatre espèces de vautours a été lancé en 2002 dans les Balkans. En France, l’espèce a été réintroduction dès 1992 dans les Grands causses. Elle est actuellement en cours de réintroduction dans les Baronnies et le Verdon. Ainsi la population espagnole est passée de 200 couples en 1984 à 1511 couples en 2004, témoignant de l’efficacité des mesures de conservation sur cette espèce.

Statut de l’espèce

Convention de Berne (Annexe 2)
Convention de Bonn (Annexe 2)
Convention de Washington (Annexe 2)
Directive Oiseaux (Annexe 1)
Oiseau protégé (Article 1)
Oiseau protégé (Article 5)
Règlement communautaire CITES (Annexe A)
Vertébré menacé d'extinction

Bibliographie

GENSBOL B. (2005).- Guide des rapaces diurnes. Delachaux et Niestlé. 403 p.

MULLARNEY K., SVENSSON L., ZETTERSTROM D. & GRANT P.J. (2004).- Le guide ornitho. Delachaux et Niestlé. 399 p.

SNOW D.W. & PERRINS C.M. (1998).- The birds of the Western Paleartic. Concise Edition. Oxford University Press. 1832 p.

THIOLLAY J.M. & BRETAGNOLLE V. (2004).- Rapaces nicheurs de France. Distribution, effectifs et conservation. Delachaux et Niestlé. 403 p.


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